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Discours de Jean-Marie Le Pen prononcé le 3 juin 2007

Mesdames et Messieurs, Chers Camarades, Chers Amis.

Une nouvelle fois, c'est ici même, dans le cadre chaleureux et presque familial du Château de Villepreux, au rendez-vous annuel du Cercle National des Combattants, que nous avons le plaisir de nous retrouver.

J'évoque une atmosphère familiale et fraternelle, car elle est toujours présente lors des retrouvailles entre les soldats, qu'il s'agisse d'ailleurs de frères d'armes ou, parfois, d'anciens ennemis.

Nos anciens ont souvent raconté leur émotion lors des commémorations des conflits qui ont opposé la France à l'Allemagne, à l'occasion desquelles se retrouvaient, dans une immense émotion, des combattants venus des deux côtés du Rhin.

Qui ne le comprend ?

Ceux qui se sont hier affrontés dans des combats épiques partagent deux pages d'histoire : une page de l'histoire de leur pays, et aussi, une page de leur histoire personnelle.

Ceux-là éprouvent naturellement considération, estime et respect pour leurs anciens adversaires, lorsque la bataille n'a pas porté atteinte aux règles de la morale commune ou au droit de la guerre.

Bien évidemment, ce sentiment de communion et d'émotion est également présent lorsque se retrouvent, comme c'est le cas aujourd'hui, des soldats Français de toutes les guerres.

Peut-être le savez-vous déjà, mais nous fêtons cette année le 22ème anniversaire de la création du CNC (1986), et sa 21ème fête annuelle.

Cette magnifique œuvre de création et d'animation du CNC, c'est à toi que nous la devons, Roger.

Toi, Roger, qui est non seulement médaillé militaire, ancien d'Indochine et d'Algérie, mais aussi écrivain, grand reporter, co-fondateur et vice-Président du Front et ancien député de Seine Saint Denis, en même temps que vice-Président, fondateur Front National et depuis aujourd'hui, flamme d'or du FN.

Ta vie était déjà bien remplie.

Mais tu as voulu faire plus encore, et notamment contribuer à restaurer dans l'esprit de nos compatriotes, en particulier chez les jeunes générations, les valeurs patriotiques, religieuses, philosophiques et humaines qui ont fait la grandeur de notre peuple.

On te trouve toujours, sur le front de l'honneur français, pour lutter contre les campagnes de désinformation, les calomnies et les atteintes à l'honneur de l'Armée française propagées par la plupart des grands médias, et en particulier pour rétablir la vérité sur les campagnes d'Indochine et d'Algérie, par le témoignage de ceux qui ont lutté pour une juste cause.

Oui, mesdames et messieurs,

Roger et le CNC se battent pour des valeurs simples, pour l'honnêteté, la confiance, le don de soi, l'envie de servir et d'être un exemple dans l'honneur et la fidélité.

Il se bat pour ces valeurs dont parlait si bien le Père Delarue, aumônier des paras et légionnaires en Indochine.

Nous luttons tous pour réveiller nos compatriotes abrutis par le matérialisme, la société de consommation et toutes les idéologies chimériques de notre époque.

Nous nous battons pour leur faire comprendre qu'il n'y a pas de liberté nationale sans indépendance militaire.
(La situation catastrophique de notre armée)

Notre système de défense, principal gage de notre sécurité, n'existe plus.

Jacques Chirac l'a tué, depuis 1995.

Le motif invoqué, à l'époque, était la fin de la guerre Froide. On nous disait alors que l'armée pouvait être " un peu " - j'insiste sur le " un peu "- réduite, puisque la menace avait disparu.

Les motifs réels de l'abandon de notre outil militaire étaient en réalité tout autre.

C'était les restrictions budgétaires imposées par l'Europe de Bruxelles, le désir de construire une défense européenne et non plus française, et l'acceptation de l'inféodation de la France à l'OTAN.

Chirac a engagé un soi-disant processus de professionnalisation des armées, qui, avec la suppression de la conscription, la suspension de essais nucléaires et la réduction des moyens humains et matériels de l'armée, nous ravale au rang de pays de seconde zone, sans défense et sans poids international.

Le véritable problème, celui qui a conduit à considérer la défense comme une dépense secondaire, voire inutile, c'est que nos gouvernants ont cessé de penser la France comme un Etat indépendant et souverain, ayant des intérêts nationaux à préserver avec des moyens propres.

Pas une seule des cinq lois de programmation militaire adoptées depuis quinze ans n'a été respectée.

La Loi de programmation 1997-2001 a mis en oeuvre une diminution de 10% des crédits militaires, la réduction de 30% des effectifs de l'armée de terre et de 20% du nombre d'avions et de bateaux de guerre. En dix ans, les crédits d'équipement ont chuté de 40%.

La loi de programmation militaire 2003-2008 continue le travail de destruction commencé en 1997.


Nous sommes en posture de dissuasion minimale, au point que la crédibilité même de cette dissuasion peut être mise en cause.

Peut-être croyez-vous que la France est encore une grande puissance : sachez alors simplement que notre pays compte moitié moins de chars que la Syrie…

Au cœur même de notre survie, que reste-t-il de notre défense et d'abord de notre dissuasion nucléaire, après la fermeture du plateau d'Albion et la déclaration hâtive de la fin de nos expérimentations ?

En matière d'aviation de combat, que reste-t-il de l'époque où la France vendait ses appareils à plus de 20 pays étrangers, à l'heure où notre armée ne compte plus que quelques dizaines de Rafale, d'ores et déjà dépassés ?

Que reste-t-il des synergies de l'industrie civile et de l'industrie militaire, qui permirent notamment, grâce à la maîtrise du vol supersonique par les Mirage, de dessiner et construire le Concorde ?

Que reste-t-il aujourd'hui des plus belles années de la puissance navale française qui virent par exemple la construction des portes-avions Foch et Clémenceau, du Paquebot France, à l'heure de la fermeture de la plupart des chantiers de construction navale ?

Que reste-t-il de notre indépendance militaire à l'heure de la disparition de l'industrie française d'armement : celle-ci, devenue internationale, siège aux Pays - Bas, et un office des brevets ainsi qu'un centre commun de gestion et d'achat d'armement ont été crées en Allemagne.

Il est temps en effet que quelqu'un parle.

Que l'on ose avouer enfin la grande misère de nos armées, la situation alarmante des hommes et des matériels et le délitement de la sécurité de notre territoire.

L'armée connait de surcroît 3 gouffres financiers dont le bien-fondé stratégique reste à démontrer : le porte-avions Charles-de-Gaulle, l'avion Rafale et le char Leclerc.

Le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle est entré en fonction avec quatre ans de retard. 

Sa fabrication a coûté plus de 3 milliards d'euros, et son entretien annuel représente 100 millions d'euros par an.

Ce bâtiment est très peu opérationnel. En 2003, il a été immobilisé durant six mois. Motif : diverses opérations d'entretien et le rallongement de son pont d'envol trop court !

Depuis 2006, il est resté à quai.

La cause en est son système de propulsion nucléaire.

Il faut en effet 18 mois de temps nécessaire et incompressible pour réviser ses chaudières nucléaires.

Pour parler clairement, jusqu'en 2008, la France sera dans l'incapacité de déployer un groupe aéronaval.

Le RAFALE, quant à lui, est entré en fonction avec 10 ans de retard.

Son coût unitaire était estimé à 60 millions d'euros lors de sa mise en œuvre, au cours des années 80.

Il est de 150 millions d'euros en 2007 et il pourrait atteindre 300 millions l'unité à la fin de la décennie…. Sans compter, bien sûr, son armement.

Le Rafale absorbe à lui seul, sans son armement, près du tiers du budget d'équipement de l'armée de l'air !

On comprend pourquoi seuls quelques exemplaires ont été effectivement perçus à ce jour

Conçu dans les années 1980, il est frappé de deux tares majeures : l'absence de furtivité, qui le rend détectable par les radars, et un rayon d'action insuffisant.

Manque de pot, les commandes ont été passées, M. Chirac, alors Premier ministre, a fait travailler les usines de M. Dassault, avionneur, et advienne que pourra !

On ne connait pas encore la doctrine d'action en la matière de monsieur Morin, nouveau Ministre de la Défense, à propos de cet avion, mais on sait que, centriste, il est un européiste acharné.

Troisième problème, le char LECLERC.

Commencé en 1981, son programme initial prévoyait 1 400 chars à 4 millions d'euros l'unité. La série a été ramenée à 650, puis à 406 unités.

Il faut dire que le coût unitaire du Leclerc est passé à 15,9 millions d'euros !

A l'heure où je vous parle, sept séries équipées de matériels différents ont été livrées, de telle sorte que l'entretien et la commande des pièces de rechange relèvent de la haute voltige et que, in fine, la première cinquantaine de chars livrés ont dû être déclassés.

De surcroît, son opérabilité est faible, car il y en a trop peu, et que l'on ne compte plus les maladies de jeunesse de cet appareil.

Autre tare de notre système de défense, la défense du territoire est négligée, pour ne plus considérer que les actions extérieures.

Et même là, nos forces armées ne peuvent plus agir seules mais seulement comme forces supplétives des américains.

Sans capacité autonome d'intervention extérieure, la France ne peut avoir de politique étrangère indépendante.

Des matériels vétustes, utilisés au delà du raisonnable, une disponibilité opérationnelle ridiculement faible due aux pannes, une cannibalisation forcée des matériels restant sur le territoire pour permettre l'équipement des troupes partant en opération extérieure, le chômage technique pour ceux qui restent, les effets désastreux sur le moral des engagés, sans même parler des conséquences de cette évolution sur l'attirance des jeunes pour le métier des armes…

A ce propos, une anecdote : Face aux difficultés de recrutement, que proposent les pouvoirs publics ?

Rien ! Ou plutôt si.

Une pure aberration de l'esprit résumée par cette formule : " La reconversion, clé du recrutement " !

Ecoutez ceci : " Le recrutement, lit-on sous la plume du député Teissier, rapporteur du Budget de la Défense, ne s'avèrera satisfaisant que dans la mesure où l'armée se montrera capable d'offrir à ses personnels des perspectives de reconversion sérieuses. "

Il ne s'agit pas de rendre l'armée attractive, en lui redonnant son lustre, en redonnant aux jeunes Français la fierté de servir leur pays et de porter l'uniforme, en leur inculquant " l'amour sacré de la patrie ", mais en leur assurant qu'une fois passé ce mauvais moment : leurs années au service de la France, l'armée s'arrangera pour les recaser dans la vie civile, sans doute sans trop faire état de leur engagement passé.

Sait-on jamais, cela pourrait leur nuire !


L'armée est donc à la limite de ses possibilités, et ce qui reste de sa capacité opérationnelle ne tient plus pour l'instant qu'au dévouement et à la qualité de ses hommes.

Pourtant, dans l'histoire de l'humanité, une règle d'or, toujours vraie, apparait comme le nez au milieu de la figure : pour empêcher la guerre, toujours possible, il faut la préparer.

Et pour bien la préparer, nous devons identifier clairement les menaces et les adversaires potentiels.

Or, cette menace n'a pas disparu avec le naufrage de l'URSS.

Elle est devenue au contraire multiple, protéiforme et géographiquement diversifiée.

La menace peut par exemple émaner de groupes à revendications religieuses ou politiques, voire d'organisations maffieuses disposant d'équipements acquis sur le marché noir international de l'armement.

Elle peut viser notre territoire, de manière conventionnelle ou terroriste, allant de l'attentat sanglant à la destruction d'un site sensible, comme une centrale nucléaire ou une usine chimique, en passant par l'empoisonnement du réseau d'eau potable d'une grande ville.

Elle peut viser nos intérêts économiques, comme le montre l'éventualité d'une guerre américaine contre l'Iran, qui entrainerait le blocage du détroit d'Ormuz, et, probablement, une crise économique sans précédent.

Elle peut viser nos ressortissants, comme ce fut le cas, il y a peu, en Côte d'Ivoire.

Elle peut venir de l'extérieur, mais aussi de l'intérieur.

Je note l'extrême sensibilité de certaines populations étrangères ou d'origine étrangères aux événements du Moyen-Orient,

Je note l'extrême vulnérabilité de certains à la propagande religieuse et haineuse des imams intégristes, qu'on laisse, contre toute raison, prêcher en toute impunité, mais il est vrai que les gens en place vont jusqu'à encourager ce mouvement, y compris monsieur Sarkozy, qui a organisé le financement de l'Islam sur notre sol !

La présence en France de ceux qui ont fait des stages au Pakistan ou en Afghanistan, voire leurs premières armes en Bosnie ou au Kosovo, est un risque majeur qu'il faut prendre en compte.

Comme il faut prendre aussi en compte les facteurs futurs de déstabilisation de régions entières de la planète.

Le siècle naissant verra indubitablement des conflits de toutes intensités autour de l'eau potable, nouvel enjeu de survie et de puissance…

Pour redresser les choses, mesdames et messieurs, il nous faut reconstruire un outil militaire indépendant, adapté à la menace, à nos besoins et à nos intérêts, à la défense prioritaire de la France et des Français, où qu'ils se trouvent dans le monde.

Cette politique nationale et autonome nécessite des moyens financiers importants, mais aussi et surtout une pensée militaire à la mesure des risques de demain et un sentiment, un esprit national et une volonté de liberté et d'indépendance.

Elle n'exclut évidemment aucune coopération, aucune alliance, à partir du moment où elle est conforme et utile à nos intérêts.

Il s'agit là d'un préalable indispensable, ne serait-ce que parce qu'elle nous permettra de peser dans les orientations diplomatiques et tactiques d'une telle alliance.

Il s'agit du rang de la France, de sa liberté de manœuvre stratégique et militaire, donc politique. Il s'agit, je le répète, de sa capacité à assurer elle-même sa propre survie.

J'ai donc proposé, pendant la campagne présidentielle,  d'infléchir les grands axes de notre politique de défense :

-
En portant le budget de la Défense Nationale à 3% du PIB,

- En remettant sur pied une véritable défense opérationnelle du territoire, ce qui suppose la création de corps de garde frontières, d'une garde nationale et le développement de réserves significatives, par un service militaire volontaire de 6 mois, assorti d'avantages de carrière.

- En donnant aux forces d'intervention la capacité d'agir de manière autonome, ce qui suppose, entre autres, le renforcement de la marine, par la création de deux groupes de porte-avions, et de l'aviation, par le lancement d'un programme de construction d'avions gros porteurs.

- En renforçant les plans de nos arsenaux, objectif économique et social autant que militaire, c'est-à-dire en cessant d'étaler les programmes d'armement.

Bien sûr, il ne s'agit que là des mesures d'urgence, c'est-à-dire indispensable à notre survie.

Pour assurer l'avenir des jeunes générations, il faut bien autre chose.

(L'armée et la Nation)

Il faut une véritable révolution intellectuelle et morale, pour rétablir le lien intellectuel et charnel entre l'armée et la nation.

L'armée est en effet consubstantielle à la nation. Sans nation, plus d'armée, et sans armée, plus de nation.

Notre combat vise donc à contribuer à restaurer dans l'esprit de nos compatriotes, en particulier chez les jeunes générations, les valeurs patriotiques et humaines qui ont fait la grandeur de notre peuple.

Ce combat, c'est aussi la lutte contre les campagnes de désinformation, les calomnies et les atteintes à l'honneur de l'Armée française propagées par la plupart des grands médias, et en particulier, rétablir la vérité sur les campagnes d'Indochine et d'Algérie, par le témoignage de ceux qui ont lutté pour une juste cause.

Comment ne pas nous mobiliser, mes chers camarades, pour la défense matérielle et morale de tous ceux, Français, soldats de l'Empire, harkis, supplétifs, qui ont participé à des opérations militaires sur le territoire national ou en tout autre lieu du monde, et qui veulent continuer le combat sous d'autres formes que dans les rizières ou les djebels ?

Oui, nous voulons et nous devons participer avec fierté, derrière nos drapeaux, aux manifestations destinées à commémorer les hauts faits de notre histoire militaire.

L'honneur d'un soldat est comparable à l'âme d'un peuple.

C'est pour cela qu'il impérativement associer les jeunes générations aux combats du passé.

C'est pour cela qu'il faut susciter des manifestations destinées à commémorer les hauts faits de notre histoire militaire, et honorer la mémoire des héros qui ont donné leur vie et honorer aussi ceux qui l'on risqué pour la France.

Les Anciens combattants ont inscrits sur nos drapeaux et dans l'histoire les plus belles pages de notre Histoire.

Mais la guerre ne se limite pas à faucher les vies des combattants tombés. Elle frappe cruellement les familles dans leurs affections, leur situation matérielles qu'elle ruine souvent.

Mères, épouses qui restaient seules devant la tâche écrasante d'élever les orphelins, fiancés dont l'avenir heureux s'est soudain brisé.

Elle frappe aussi la Patrie dans ses forces vives. La France, mais aussi d'autres pays d'Europe ne se sont pas remis de ces formidables effusions de sang. Ils semblent atteints dans leur vitalité et leur capacité à se projeter dans l'avenir. La faible natalité qui caractérise les Nations d'Europe est un drame pour aujourd'hui mais surtout pour demain.

La Nation à certes le devoir d'honorer ses morts, mais elle ne doit pas oublier les vivants, leurs proches et les aider à retrouver dans la vie sociale, la place que mérite, justement, le sacrifice des leurs.

N'oublions jamais les blessures souvent affreuses du corps et de l'âme de ces rescapés de l'enfer de Verdun, de Buchenwald, de Dien Bien Phu, les souffrances, les privations et les chagrins de ceux qui restaient : parents, orphelins, fiancées.

Vous, anciens combattants, vous êtes les gardiens de la flamme sacrée du patriotisme, les gardiens de la dalle sacrée sur laquelle ont été immolés tous les soldats inconnus morts pour la France.

Vous,  rarissimes survivants de la grande guerre et de ses terrifiants épisodes,

Vous, de moins en moins nombreux, qui avez participé à la dernière guerre mondiale contre les totalitarismes conquérants,

Vous, combattants des guerres coloniales, envoyés du bout des lèvres par les politiciens vous battre pour des causes trahies en métropole, vous du Maroc et d'Indochine, d'Algérie et du Proche Orient,

Vous les paras et légionnaires, les soldats rappelés, les marins et aviateurs, continuez à suivre l'exemple magnifique donné par le CNC et son Président Roger Holeindre !
Vive nos anciens !
Vive le Front National !
Vive la France !