mugabehttp://www.bafweb.com édition du 16 octobre 2007

Le 6 octobre, dix fermiers blancs du Zimbabwe sont passés devant le tribunal, accusés d’avoir cultivé leurs terres, dans un pays où des millions de gens devront bénéficier de l’aide alimentaire.

Les 10 fermiers sont accusés d’avoir violé la loi, qui stipule que les blancs devaient quitter leurs terres au plus tard le 30 septembre 2007. Ces fermiers avaient déjà donné les deux tiers de leur surface cultivable au gouvernement. Le ministre de l’agriculture a décrété que les quelques centaines de fermiers blancs restants seraient chassés d’une manière ou d’une autre : Pénurie de nourriture ou pas, nous expulserons les blancs de ces terres. Trop de noirs en demandent, et nous leurs ré-attribuerons ces parcelles."

La réalité est que beaucoup de ces fermes ont été données à des membres du gouvernement ou à leurs affidés (lexique), et un ministre a admis que les nouveaux exploitants avaient échoué dans la mise en œuvre de cultures.

A l’extérieur du tribunal, les magasins d’alimentation sont vides. Des vendeurs de rue proposent de petites oranges âcres. Elles proviennent d’une région autrefois prolifique, aujourd’hui dévastée après avoir été confisquée par un membre du gouvernement.

Depuis 2000, date où le gouvernement a entrepris de confisquer les terres des fermiers blancs, le secteur agricole s’est effondré et l’économie est en chute libre : l’inflation est de 6600%, la plus haute du monde. Le Programme Alimentaire Mondial estime qu’il devra subvenir cette année aux besoins de 4 millions d’habitants du pays, un tiers de la population.