Les Le Pen relèvent le Front
TF1 actualités
Article de David Straus publié le 15 mars 2010
"Les Français sont de retour", claironnait Marine Le Pen
au soir du premier tour des élections régionales dimanche. Les
Français, rien n'est moins certains vu le fort taux d'abstention, le Front national,
cela ne fait plus de doute. Le FN, dont l'objectif était d'atteindre au
moins les 10% avec un maintien dans dix à douze régions, se retrouve en
quatrième position, à moins d'un point de Europe Ecologie (12,32%).
Le Front national sera présent dans 12
régions sur 22: Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Nord-Pas-de-Calais - il y
cède moins d'un point à l'UMP-, et Picardie sans surprise, mais aussi
Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Rhône-Alpes,
Languedoc-Roussillon, Haute-Normandie, Bourgogne ou, plus surprenant,
Centre. Il frôle même le maintien en Ile-de-France (9,29%) et
Midi-Pyrénées (9,44%). Cette présence nuira aux espoirs de reconquête
de ces régions par la droite et lui compliquera les choses en Alsace,
une des deux seules présidences conservées par l'UMP il y a six ans.
Marine Le Pen a affirmé lundi que le FN se maintiendrait dans "les douze régions". "Il y aura des triangulaires partout où le Front national est présenté. Nous ne nous vendrons à personne, nous sommes là pour nous opposer au pacte UMP-PS", a-t-elle déclaré sur France-Info. Pour elle, "pas question" de dialoguer avec des listes UMP. Car "l'UMP s'est associée au PS depuis 6 ans dans les régions. Ils sont complices et coupables de la politique menée dans les régions". L'élue frontiste n'a pas précisé quelles consignes donnerait son parti dans les régions où le FN ne peut pas se maintenir au second tour.
Ce score, certes inférieur aux 14,70% des régionales de 2004, n'en exprime pas moins une remontée du parti d'extrême-droite, après sa déroute aux législatives de 2007 (4,29%) suivie d'un petit 6,8% aux européennes de 2009. Il fait mentir Nicolas Sarkozy qui s'était promis, lors de la campagne présidentielle en 2007, de vider l'électorat du FN.
Le FN "était annoncé comme vaincu, mort, enterré par le président de la République. Il a démontré qu'il était une force nationale, et probablement de plus en plus grande", s'est réjoui Jean-Marie Le Pen sur TF1, tout en arborant devant les caméras un panneau proclamant "Non à l'islamisme" avec en dessous la mention "Censuré", en référence à l'interdiction d'une de ses affiches de campagne. "Si personne n'est propriétaire de ses électeurs, c'était une erreur de penser qu'ils resteraient fidèles au président de la République qui, lui, n'a pas été fidèle aux promesses qu'il leur avait faites", a-t-il déclaré depuis Nice. "Il a beaucoup promis, il a peu tenu", a ajouté le vieux leader frontiste qui, à 81 ans, mène sans doute sa dernière campagne.
Tête de liste en PACA, Jean-Marie Le Pen
s'offre un score personnel de 20,29%, auquel il ajoute le petit plaisir
de talonner l'UMP Thierry Mariani sur Marseille et faire mieux que sa
propre fille, qui engrange 18,31% dans le Nord-Pas-de-Calais où elle
était tête de liste. Dans son fief d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais)
dont elle est conseillère municipale, Marine Le Pen
frôle les 40% et arrive en tête de toutes les listes. Elle prend ainsi
une sérieuse option à la succession de son père à la tête du parti, à
l'automne 2010 ou au printemps 2011 ou ...
Son autre challenger déclaré, Bruno Gollnisch,
tête de liste en Rhône-Alpes, réalise un score de 14,01%. Les petites
listes d'extrême droite, initiées par des anciens du FN, n'ont pas
fait trébucher le parti lepéniste. Sauf en Basse-Normandie, où
l'eurodéputé Fernand Le Rachinel, vieux compagnon de route de Jean-Marie Le Pen aujourd'hui en conflit financier avec lui, fait souffrir, avec ses 3,71%, la liste FN de Valérie Dupont (8,70%).
