Hellfest_2010Nations Presse Info

Article de Loïc Baudoin publié le 7 avril 2010

Nations Presse Info relaie, par ailleurs, une campagne de mobilisation contre le Festival Hellfest de Clisson. C’est son rôle de le faire et il est juste qu’il le fasse. Il est cependant aussi de son rôle de révéler quelle hypocrisie et quelles manœuvres très politiciennes se cachent derrière cette action.

Pour être clair, disons que sous le couvert de catholiques sincères se dissimulent des activistes du Centre national des indépendants (CNI) dont le plus connu, et le plus engagé, est le vendéen Gonzague de Chanterac.

Dans sa biographie, qu’il diffuse complaisamment sur internet, le jeune Gonzague précise qu’il est « Adhérent à l’UMP depuis 2005, Conseiller national jeune de l’UMP depuis 2006, adhérent au Centre national des indépendants depuis 2006, responsable des Jeunes indépendants pour la région Grand Ouest depuis 2007, membre du Bureau politique des Jeunes indépendants depuis 2007, secrétaire général des Jeunes Indépendants depuis 2007 (…) adhérent de l’UNI depuis 2003 et délégué départemental de l’UNI Vendée depuis 2008 ». Ce brillant jeune homme, bien propre sur lui, omet soigneusement de préciser qu’il a eu, sans doute pour lui dans une autre vie, des engagements plus respectables mais plus compromettants… Certains Nantais ont cependant de la mémoire et ils se souviennent de la période où, alors qu’il était élève du Lycée Saint Stanislas, ce jeune homme BCBG ne cachait pas sa proximité avec le groupe ultra La Garde franque et fréquentait le Front national de la jeunesse…

Quel est le but que poursuit en manipulant la mobilisation contre le Hellfest celui que ses amis des beaux quartiers de Nantes surnomment Zag ? Non pas défendre la religion catholique, mais plus prosaïquement contribuer à créer un rapport de force à la droite de l’UMP et y développer un mouvement sarko-compatible afin de rabattre d’éventuels électeurs nationaux vers l’Union des maquereaux et des pourris. Dans cette optique, le Hellfest est un choix judicieux car, de par sa situation géographique, il est subventionné par un Conseil régional et un Conseil général socialistes contre lesquels il est opportun de mener une guérilla par tous les moyens. Aurait-il été organisé dans une commune située à quelques kilomètres plus à l’Ouest, il est certain qu’aucune mobilisation n’aurait été organisée. Pour quelle raison ? Parce qu’il aurait été alors dans le ressort du Conseil général de Vendée aux mains du vicomte de Villiers.

Que ceux qui ne me croient pas s’intéressent donc au festival Jongl’hop qui se déroulera le 8 mai prochain dans la commune vendéenne de Boufféré . Il s’agit d’un festival de « rap, de hip hop, de slam et de culture urbaine ». La référence satanique n’en est pas absente puisque la structure organisatrice se nomme Art Devil. Quant à la violence des propos que peuvent y tenir les groupes invités, on la devine à leurs noms : Assassin, Unité Maü Maü, Sexion d’assaut, etc. De plus, quand les participants n’écoutent pas de la musique il est prévu qu’ils suivent des cours de graff, c’est-à-dire qu’ils apprennent à saloper de tags les murs de nos villes…

Or ce festival, dont on subodore que les participants sont moins « de souche » que ceux qui fréquentent le Hellfest, est subventionné par le Conseil général de Vendée que préside le très catholique et très droitier Philippe de Villiers. De plus, il est organisé dans le fief de son bras droit Antoine Chéreau, le maire de Montaigu qui fut la tête de liste départementale de l’UMP aux dernières régionales et qui avait comme colistier … un certain Gonzague de Chanterac. On comprend donc que ce dernier ne juge  guère opportun de mobiliser contre le Jongl’hop*.

Il est une autre mobilisation dont Gonzague de Chanterac, ainsi que ses amis villiéristes et CNI, ont été absents, celle menée contre le mariage gay de Haute-Goulaine.

Rappelons les faits : en juin 2009 le maire UMP de Haute-Goulaine, Jean-Claude Daubisse, élu sarkozyste de premier plan en Loire-Atlantique, avait organisé dans la salle des mariages de sa commune une cérémonie pour célébrer discrètement l’union de deux femmes déjà pacsées. Quand l’affaire éclata au grand jour, seul le Front national dénonça cette parodie et cette atteinte aux valeurs familiales traditionnelles. Gonzague de Chanterac, ainsi que ses amis villiéristes et CNI, restèrent alors cois. Leur volonté de ne pas s’aliéner un cadre de l’UMP était alors sans doute plus forte que leur volonté de défendre la famille traditionnelle et les valeurs catholiques.

voir Nations Presse Magazine n°1