jeudi 31 mars 2011

Ignatieff et les valeurs québécoises

Ignatieff

Mathieu Bock-Côté

Article de Mathieu Bock-Côté publié le 30 mars 2011

Un parti fédéral peut difficilement former un gouvernement majoritaire sans une base électorale au Québec, qui a 75 sièges aux Communes. Et puisque le Québec n’est pas une province comme les autres, il doit formuler un discours répondant à ses aspirations spécifiques.

C’est à cet exercice que s’est livré Michael Ignatieff ( photo ) dimanche dernier, à Montréal. Son discours confirme une transformation étonnante de la manière dont se pose la question du Québec au Canada.

Autrefois, lorsqu’un politicien fédéral voulait s’adresser aux Québécois, il misait sur leur désir de liberté collective en leur promettant de nouveaux pouvoirs et un pacte constitutionnel reconnaissant leur réalité historique, celle d’un peuple fondateur qui n’est pas qu’une province sur dix. Il n’y avait rien de tout cela dans le discours d’Ignatieff. Tout au contraire, ce dernier a misé sur une autre perspective : celle des « valeurs québécoises ». Et quelles sont ces valeurs québécoises ? Je cite Ignatieff : « la justice sociale, l’égalité, l’environnement et l’accès aux soins de santé ».

En quoi ces valeurs « tarte aux pommes » sont-elles spécifiquement québécoises ? En quoi sont-elles différentes des valeurs canadiennes telles que se les imaginent le PLC et le NPD. En quoi diffèrent-elles de celles du progressiste ontarien moyen ?

Pour les politiciens fédéraux, parler des valeurs québécoises relève d’une stratégie privilégiée pour donner l’impression de parler aux Québécois, tout en contournant la question pourtant fondamentale de leur statut politique problématique dans le Canada.

Pire encore, ce sera au nom de ces « valeurs québécoises » qu’on justifiera l’intervention du gouvernement fédéral dans les champs de compétence provinciale, comme l’éducation ou la culture. Les « valeurs québécoises » ainsi définies justifieront demain la centralisation fédérale.

Le Bloc Québécois n’est pas étranger à cette mutation. Depuis 15 ans, il a laissé entendre que le Québec revendiquait moins un agrandissement de son autonomie par une décentralisation maximale qu’une contribution toujours plus considérable du Canada anglais au financement du modèle québécois.

Chose certaine, Ignatieff vient de couler le test des intérêts fondamentaux du Québec. Le peuple québécois ne souhaite pas qu’on respecte ses « valeurs » (d’ailleurs, les Québécois ont-ils tous les mêmes valeurs ?) mais qu’on reconnaisse son autonomie politique, à l’intérieur ou à l’extérieur du Canada.

La seule promesse qui devrait nous venir d’Ottawa pourrait se formuler ainsi : « nous ne traiterons plus le Québec comme une province parmi d’autres mais comme une nation fondatrice ». Et surtout : « nous ne nous ingérerons plus systématiquement dans les affaires québécoises ».

Note YR : Michael Ignatieff, un Ontarien d'origine russe, est le Chef - comme l'on dit de l'autre côté de l'Atlantique - du Parti Libéral du Québec.

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Marine Le Pen sur Europe 1 le 30 mars 2011


Laïcité : Marine Le Pen contre le débat par Europe1fr

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Immigration : quand la droite était (très) à droite

Affiche_RPR_Chirac

Valeurs Actuelles

Article de Arnaud Folch publié le 31 mars 2011

Valeurs actuelles” a retrouvé les propositions chocs des états généraux de l’opposition RPR-UDF sur l’immigration. Pour la plupart “oubliées”.

La France ne peut plus être un pays d’immigration, elle « n’est pas en mesure d’accueillir de nouveaux immigrants »… Voilà, entre autres, ce à quoi s’engageaient la droite et le centre, en cas de retour au pouvoir, à l’occasion de ses “états généraux de l’opposition” (RPR et UDF, transformés en UMP) consacrés à l’immigration, des 31 mars et 1er avril 1990 à Villepinte.

Parmi les participants : Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Alain Juppé, Gérard Longuet, mais aussi… François Bayrou. Co­responsable, au nom du RPR, de cette convention, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a cosigné (avec Alain Ma­delin) la préface du compte rendu de 39 pages publié à cette occasion.

Affirmant que « la France ne doit pas être considérée comme un simple espace géographique sur lequel plusieurs civilisations pourraient coexister » et dénonçant le « faux antiracisme militant », ce qui est depuis devenu l’UMP en appelait alors clairement à « la fermeture des frontières » et à la « suspension de l’immigration ». Loin, très loin, du “contrôle régulé” et de “l’immigration choisie” aujourd’hui défendus…

Pas question non plus de « régularisation au cas par cas » pour les « clandestins » (on ne parlait pas alors de “sans-papiers”). Seule solution envisagée : une politique assumée d’expulsions : « On ne peut tolérer que des clandestins puissent rester en France. […] Il faut tout mettre en œuvre pour que les décisions de reconduite à la frontière soient effectives. » Vingt ans après, en 2010, Éric Besson, alors ministre de l’Immigration, reconnaissait pourtant que près de 80 % d’entre elles n’étaient pas exécutés…

Expulsables, aussi, pour la droite des années 1990, les “faux réfugiés” : « La très grande majorité des dossiers déposés à l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides, NDLR] s’avère injustifiée (de l’ordre de 90 %), ces demandes n’étant qu’un prétexte pour bénéficier des avantages sociaux français. » Même les étudiants étrangers ne sont pas épargnés : « Il faut conditionner le séjour des étudiants étrangers en France à un déroulement normal du cursus universitaire : le titre de séjour doit être renouvelé annuellement en tenant compte des résultats obtenus » – une proposition jamais mise en pra­tique.

Également dans le collimateur : « Le regroupement familial, [qui] pose par son ampleur des problèmes très réels de logement, de scolarisation  et d’encadrement so­cial. » Proposition alors « lar­gement ap­prouvée » par l’ensemble de la droite et du centre : « Corriger l’automaticité du regroupement familial et la réserver aux immigrés titulaires d’une carte de long sé­jour (10 ans) » – ce qui, là encore, n’est toujours pas le cas.

Afin de ne plus attirer de nouveaux immigrés, la droite n’hésitait pas non plus à briser le “tabou” de « notre système de protection sociale », dont il faut « éliminer les points faibles qui créent une incitation artificielle à l’immigration ». C’est ainsi, notamment, que doivent être « vigoureusement combattus […] l’accès aux soins médicaux et hospitaliers par des étrangers en situation irrégulière » – qui envisage aujourd’hui la suppression de la CMU ? Quant à « l’immigré chô­meur, [il] percevrait alors non des allo­cations chômage mais une allocation pour le retour sous forme de capital ou de rente ».

Flirtant avec la “préférence nationale” prônée par le FN, la droite allait jusqu’à s’interroger « s’il ne convient pas de réserver certaines prestations sociales aux nationaux » : « Dans ce domaine, rap­pelle-t-elle, le législateur a admis dans le passé le bénéfice des prestations aux seuls nationaux […] : être étranger en France, ce n’est pas avoir automatiquement et intégralement tous les droits liés à la citoyenneté française. »

Ce n’est pas aux pouvoirs publics d’organiser l’islam

N’hésitant pas à pointer « la fécondité des étrangères très supérieure à celle des Françaises (3,2 enfants contre 1,84) et spécialement celle des Maghrébines (entre 4 et 5 enfants) », la droite d’il y a vingt et un ans estimait que « l’automatisme actuel d’acquisition de la natio-nalité pour les jeunes nés en France de parents étrangers n’est pas bon » : « la nationalité doit être demandée par le jeune étranger : elle n’est plus accordée automatiquement » – en 2011, la nationalité française (et l’impossibilité d’être expulsé) est pourtant toujours attribuée d’office entre 16 et 18 ans à tout enfant d’étrangers né sur le sol français.

Particulièrement sévère dans le ta­bleau qu’il dresse des banlieues, où « la lutte des races [sic] remplacerait maintenant bien souvent la lutte des classes », le document de ces états généraux pro­pose de lutter contre la « concentration des populations immigrées » par la mise en place de quotas – mais sans utiliser le mot : « Les élus peuvent intervenir efficacement [et] les collectivités locales […] doivent avoir leur mot à dire quant au nombre d’immigrés qu’elles accueillent sur leur territoire », afin de « tenir compte du seuil de tolérance qui existe dans chaque immeuble ». On imagine les réactions, y compris en son sein, si la droite évoquait aujourd’hui ces mêmes “seuils de tolérance”

Tout aussi décomplexée promettait d’être la droite concernant l’école, où « l’importance numérique des enfants d’immigrés est trop forte dans certains secteurs géographiques » : « L’école, avançait-elle, n’est pas un lieu d’expression multiculturelle. » Alors que Jean-François Copé proposait, à la fin 2010, des « cours d’ara­be », et Fabienne Keller l’introduction de « cours sur l’histoire de l’Afrique », la droite d’alors était sur une ligne 100 % in­verse : « Les cours de “langues et cultures des pays d’origine” doivent être facultatifs et déplacés en dehors des horaires scolaires. »

Concernant l’islam, nul besoin à l’époque de “débat”, comme l’UMP va en organiser le 5 avril (contre l’avis des centristes), pour assumer que « l’islam n’apparaît pas conforme à nos fondements sociaux et semble incompatible avec le droit français » : « Il y a bien incompatibilité entre l’islam et nos lois. » Les choses, il y a vingt ans, étaient on ne peut plus claires : « C’est à l’islam et à lui seul de [s’adapter] afin d’être compatible avec nos règles. »

Aux antipodes de la voie suivie en 2007 avec la création du Conseil français du culte musulman (CFCM), la droite affirmait en 1990 que « ce n’est pas aux pouvoirs publics d’organiser l’islam ». « On n’intègre pas des communautés mais des individus », estimait-elle : « Il convient de s’opposer […] à toute tentative communautaire qui viserait à instaurer sur le sol français des statuts personnels propres à certaines communautés. »

Pas question, non plus, d’associations musulmanes – permettant aujourd’hui de financer les mosquées : « Les activités cultuelles doivent être exclues de la compétence des associations relevant de la loi de 1901. » Et d’ajouter que « la mainmise de l’étranger sur certaines de ces associations est tout à fait inacceptable », au point de proposer d’« abroger les dispositions socialistes de 1982 supprimant l’autorisation préalable pour les associations étrangères » – qui ne l’ont jamais été. Enfin, « la création de lieux de culte doit se faire dans le respect […] du patrimoine architectural de la France » – ce qui exclut les minarets !

Nicolas Sarkozy l’écrivait dans sa pré­face : cette « véritable politique alternative de l’immigration […] répond aux préoccupations des Français et pourra soustraire enfin ce dossier aux extrêmes qui se le sont accaparé ». Vingt et un ans plus tard, après seize ans de présidence de droite, le discours n’a pas changé. Mais les problèmes – et le FN – demeurent.

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La laïcité dans l’éducation recouvre aussi la neutralité politique de son personnel

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Front National

Communiqué de Louis Aliot du 31 mars 2011

Les principales fédérations de l’éducation viennent de lancer un appel anathème contre les « thèses de l’extrême droite » car elles estiment que celles-ci n’ont « pas leur place à l’Ecole ».

Le Front National récuse toute appartenance à l’extrême droite et a toujours montré son attachement aux règles démocratiques et aux valeurs de la république française.

Les enseignants proches de nos idées de plus en plus nombreux et les enfants de nos électeurs ont-ils encore le droit d’exister et de bénéficier du service public d’éducation ?

Ces organisations syndicales, qui représentent aujourd’hui une minorité de salariés tentent par un amalgame scandaleux de faire peur aux fonctionnaires de l’éducation et aux parents d’élèves qui subissent de plein fouet la crise économique, la baisse de leur pouvoir d’achat, la violence en milieu scolaire et le communautarisme contraire à la laïcité.

Contrairement à leur devoir, le service public laïc d’éducation a été victime de l’aveuglement idéologique de ces organisations syndicales qui ont accompagné les reculs de la laïcité, des valeurs de la république et du patriotisme tels que fixés et défendus par les hussards noirs de la troisième république.

Le Front National est un parti constitutionnellement reconnu, démocratique et républicain qui n’a pas à recevoir de leçons d’organisations discréditées, peu représentatives qui cogèrent l’éducation de nos enfants avec les résultats que l’on sait !

Enfin, le FN s’inquiétant de plus en plus de ces prises de position discriminatoires qui visent à exclure aujourd’hui plus de 20 % de français et très certainement demain beaucoup plus, a demandé à ses avocats d’étudier toutes les voies juridiques possibles pour que les valeurs de la république soient respectées.

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Marine Le Pen sur l'islam et le RPR dans les années 90

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Abidjan : chasse aux blancs ?


Abidjan serait encerclé par les pro-Ouattara par BFMTV

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Mayotte, un nouveau Lampedusa ?

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Front National

Communiqué de Marine Le Pen du 31 mars 2011

L’accession de Mayotte au statut de département décidée en catimini et sans débat préalable, va créer un nouvel appel d’air à l’immigration clandestine qui constitue une menace pour la stabilité de l’île.

L’exécutif guidé par des raisons électoralistes a préféré ignorer les avertissements de la mission d’information parlementaire qui s’alarmait des « proportions inquiétantes prises par l’immigration clandestine à Mayotte et de son impact : maternités débordées, écoles surchargées, travail clandestin banalisé, délinquance accrue ».

Dans une île où l’on estime à plus de 60.000 le nombre de clandestins principalement comoriens sur une population totale de 190.000 habitants, le passage de Mayotte au statut de département, collectivité qui gère les aides sociales, est une pure folie qui va accélérer la submersion migratoire et peser de manière insupportable sur les finances publiques alors que les transferts nets de l’Etat sont déjà passés de 133 millions d’euros en 1995 à 400 millions en 2006.

Marine Le Pen, Présidente du Front National, dénonce l’irresponsabilité des pouvoirs publics qui en agissant dans la précipitation vont accroître les tensions, l’instabilité et les difficultés que rencontre la population mahoraise.

Elle rappelle que le passage à la départementalisation de Mayotte ne peut se faire sans l’adoption au préalable de mesures seules à même de couper les pompes aspirantes de l’immigration, que sont l’abandon du droit du sol souhaité en 2005 par François Baroin alors ministre des DOM-TOM et l’application de la préférence nationale dans l’octroi des aides sociales.

Toute autre politique conduirait à faire de Mayotte un nouveau Lampedusa.

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De la « protection des civils » au « soutien aux insurgés » : les dérives d’une intervention militaire

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Bloc Identitaire

Communiqué du Bloc Identitaire du 28 mars 2011

En ordonnant, au prétexte de protéger la population civile,  des frappes aériennes contre celui qu’il recevait autrefois royalement jusque dans les jardins de l'Elysée, Nicolas Sarkozy a, une fois encore, clairement inscrit la France dans le camp occidentaliste cornaqué par les Etats-Unis, au détriment de toute vélléité de politique européenne unie et indépendante.

La division du Conseil de sécurité de l'ONU à l’occasion du vote de la résolution autorisant les frappes fut à ce titre particulièrement frappante :
• d’un côté les USA, la Grande Bretagne, vassal traditionnel de l’Oncle Sam et la France, valet désormais également affairé,
• de l’autre, les deux grandes puissances européennes et continentales : l’Allemagne et la Russie qui se sont abstenues (à l'instar des « puissances émergentes » comme l'Inde ou le Brésil) de voter la résolution de l'ONU autorisant une intervention militaire dont elles ne cessent depuis lors de critiquer à juste titre le manque de fondements, le flou des objectifs ainsi que les possibles conséquences désastreuses.

Ainsi, la Russie dénonce-t-elle aujourd’hui, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov,  une « ingérence » dans les affaires intérieures de la Libye.

Cette prise de position fait suite aux dernières frappes aériennes dirigées contre des colonnes militaires de Kadhafi et opérées avec le soutien direct des insurgés armés.

« Nous considérons que l'ingérence de la coalition dans une guerre civile n'est, en tout état de cause, pas autorisée par la résolution de l'ONU prévoyant le recours à la force pour protéger les civils contre la répression du régime du colonel Mouammar Kadhafi » a notamment déclaré le ministre russe.

A mille lieux de cette conception du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes »  et afin sans doute de redorer un blason passablement défraîchi en jouant la carte de l’ « activisme à l'international », Nicolas Sarkozy accomplit donc un nouvel acte d'allégeance à l'atlantisme le plus servile et lance le pays dans une nouvelle opération militaire aventureuse à la légitimité plus que douteuse.

Le Bloc Identitaire condamne sans réserve cette nouvelle pseudo « croisade du Bien » et réaffirme avec force :

Irak, Afghanistan, Libye... Assez ! Plus de guerre pour l'Oncle Sam !

Note YR : photo du lieutenant-général Charles Bouchard, un officier général des Forces aériennes canadiennes originaire du Québec, qui dirige les opérations de l'OTAN en Libye.

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Mayotte : un département plombé par la crise

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Le Figaro

Article de Marie Visot publié le 31 mars 2011

Au début de l'année, le chef de l'État se rendait à Mayotte en prévision de la création du 101e département français. Pour les 186.000 habitants de l'île, la promesse devient réalité ce jeudi 31 mars, malgré que l'éléction du président de son conseil général a due être reportée, faute d'un quorum suffisant pour l'élire. Un nouveau rebondissement dans un processus qui en promet encore d'autres.

Si 2010 a préparé le processus de départementalisation, Mayotte a encore du chemin à parcourir: les défis économiques et sociaux sont énormes. Économiques d'abord, parce que l'île est dans une situation difficile. Selon la note de conjoncture de l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (Iedom, le relais outre-mer de la Banque de France) publiée récemment, l'année dernière a été particulièrement atone dans tous les secteurs (notamment l'agriculture, le BTP, le commerce). Le marché de l'emploi a continué de se détériorer, la consommation a reculé, les importations aussi. Bref, Mayotte a connu une année 2010 «morose» et, en dehors de perspectives un peu moins mauvaises dans le tourisme, «l'année 2011 ne laisse pas entrevoir de franche amélioration», a indiqué le nouveau directeur de l'Iedom, Nicolas de Sèze.

Fonds de développement 

Défis sociaux ensuite, car l'île doit faire face à des flux migratoires importants. La part des étrangers, originaires surtout des autres îles des Comores - qui viennent pour trouver un travail, rejoindre des proches, pour bénéficier de la scolarisation de leurs enfants ou pour se faire soigner - est passée de 15 % au début des années 1990 à près de 41 % en 2007, relevait l'Institut d'émission dans une précédente étude. La grande majorité serait en situation irrégulière.

Le coût de l'immigration clandestine a été estimé dans un rapport sénatorial de 2008 à 32,4 millions d'euros pour l'Éducation nationale et 30 millions pour les services de santé - plus de 3,3 millions consacrés à la lutte contre cette immigration (police, gendarmerie…). Sans compter le coût du travail au noir.

Nouveau département français, Mayotte «va bénéficier de fonds de développement relativement importants», rappelle-t-on à l'Iedom. Un autre enjeu va alors surgir: «La capacité à savoir les utiliser. Le vrai problème est là. Il faut une vraie maîtrise d'ouvrage pour les projets, cela va prendre du temps.» Il faudra ensuite que le secteur privé prenne le relais de l'investissement public.

Pas une mince affaire dans un territoire où, aujourd'hui, «produire revient plus cher qu'importer»…

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Libye : le GIGN parachuté à la mer pour assurer la protection de l'"ambassadeur" français

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Secret Défense

Article de Jean-Dominique Merchet publié le 31 mars 2011

Selon nos informations, une équipe du GIGN a été parachutée à la mer samedi soir avant de rejoindre Benghazi. Cet élément précurseur impliquant moins d'une dizaine de gendarmes devait reconnaitre le terrain avant l'arrivée dans la "capitale" des insurgés libyens du "responsable diplomatique", Antoine Sivan, dépêché par le Quai d'Orsay auprès du conseil national de transition.

L'opération a été décidée par l'Elysée. Les gendarmes du GIGN - de la Force sécurité- protection (ex-EPIGN) - ont été largués à la mer par un avion de l'armée de l'air à proximité de la frégate Aconit qui croisait au large des côtes de Cyrénaïque. Ils ont été ensuite transférés vers Benghazi grâce à des moyens spéciaux mis en place par la France.

Le GIGN est l'unité compétente pour la protection des diplomates dans les situations de crise, même si le Service Action de la DGSE peut également y participer.

D'autres gendarmes sont arrivés mardi avec le diplomate et ont retrouvés leurs camarades, ainsi que leur armement. Il y a quelques semaines, des gendarmes du GIGN qui devaient participer à la sécurisation d'une antenne chirurgicale française au Caire avaient été refoulés à l'aéroport par les Egyptiens, qui ne souhaitaient pas les laisser entrer sur leur territoire avec leurs armes. Cette fois-ci, la France a pris les grands moyens, en organisant une opération "tarpon" (saut à la mer puis récupération par un bateau en vue d'une mission).

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