vendredi 16 décembre 2011

L’ordre règne à Berne

Parlement_BerneCommentaires.com

Par Pascal Decaillet le 14/12/2011

Ce commentaire va peut-être un peu détonner dans le concert de louanges face à l’élection de ce matin, et d’avance je prie les âmes sensibles de bien vouloir me le pardonner.

Depuis plus de vingt ans, déjà lorsque j’étais correspondant parlementaire à Berne, je plaide pour l’élection du Conseil fédéral au suffrage universel. Quatre millions d’électeurs potentiels, évidemment bien informés, et même deux millions pour une participation à 50%, ou même un million six cent mille pour une participation à 40%, me semblent ancrer davantage de légitimité que la combinazione de 246 parlementaires. Cette position qui est mienne, la pantalonnade de ce matin n’a fait que la renforcer.

L’ordre règne à Berne. Vous pouvez circuler, il n’y a plus rien à voir. L’emmerdeur, le dérangeur, le vilain petit canard, on la enfoui, bien profond, sous le tas de fumier. On fait comme s’il était mort. Comme si le cauchemar était fini. Comme si on allait enfin pouvoir revivre l’âge d’or des vertes années, les années d’avant le 6 décembre 1992, avant le phénomène de l’UDC blocherienne. Enfin, entre gens convenables ! Comme avant. Comme à l’époque, follement excitante, des Cotti et des Koller, des coteries sans colère. Entre soi !

Un certain parti, le 23 octobre dernier, a obtenu 26% des voix. C’est loin devant le deuxième (20%), très loin devant le troisième (14%), à quelques années-lumière du quatrième (12%). On parle de concordance. On prétend, mensongèrement, qu’on lui reconnaît son droit à deux sièges. Par derrière, de façon programmée, préméditée, construite, on ourdit pour qu’il n’en soit rien. Et la coalition des perdants du 23 octobre, PLR et PDC, s’arrange pour que les siens soient reconduits, la seule chose qui compte pour eux, le tout sous couvert de morale, comme le 12 décembre 2007. Et les naïfs y croient ! Et le résultat, c’est que le premier parti du pays (26%) n’a plus qu’un conseiller fédéral, alors que le troisième (14%) continue d’en avoir deux, au demeurant deux ministres sans puissance, ni vision, ni format.

Une fois de plus, c’est son propre crédit de grand électeur que le parlement affaiblit. L’opinion publique n’est pas dupe. Et le jour où elle devra se prononcer sur l’élection du Conseil fédéral par le peuple, elle saura se souvenir du mercredi 14 décembre 2011.

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Antisémitisme, Résistance et collaboration : petite leçon d’histoire à Fourest-Monnot-Mestre

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Riposte Laïque

Par Lazare Zylbergleitt le 16/12/2011

Sur le site « Droite (s) extrême (s) » Madame Caroline Monnot et Monsieur Abel Mestre, journalistes au Monde, pourfendeurs officiels de « la pensée nauséabonde et du ventre encore chaud d’où sortit la bête » écrivent le 15 décembre 2011, une généalogie toute personnelle du Front National, probablement pour répondre, avant Madame Caroline Fourest, au voyage de Louis Alliot en Israël.

Ils intitulent cette leçon d’histoire à l’usage des bobos du 10e arrondissement, « Le Front national n’a pas de passé antisémite » ?

Ah ! Les braves cœurs qui ont appris l’histoire dans la collection complète de « l’Humanité » et du « journal de Pif le chien ».

Voyons ne serait-ce que le début de la storytelling vert-de-gris de leur « voyage au centre du Front National ».

« Louis Aliot, vice-président du Front national et codirecteur de campagne de Marine Le Pen, de retour d’une visite en Israël, a assuré, mercredi 14 décembre, sur France Inter que son parti n’a pas de « passé antisémite ». L’on dira que le numéro deux du FN à la fois joue avec les mots et a la mémoire courte.

Effectivement, le FN n’a jamais fait de l’antisémitisme un axe programmatique. Ce qui, soit dit en passant, serait tombé sous le coup de la loi. Mais il a toléré une parole publique antisémite.

Louis Aliot, lui même, répète souvent sa réelle aversion pour les thématiques négationnistes – une des expressions de l’antisémitisme – et qui dit souhaiter débarrasser le Front national de ceux qui en sont les promoteurs. Il les compare fréquemment à « une maçonnerie qui agit au sein du Front », au point que les plus violents d’entre eux le surnomment publiquement « le juif Aliot ». »

« Lors de la création du parti d’extrême droite, l’on trouve ainsi dans le noyau dirigeant de la toute jeune structure un certain nombre de personnalités qui ont de solides états de service en la matière. »

Il en est ainsi de Roland Gaucher. Roland Gaucher fut, sous l’Occupation, membre des Jeunesses nationales populaires, émanation du Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat.

Certes mais nos petits journalistes inspirés n’auraient-ils pas du se renseigner sur l’histoire de Roland Gaucher qui, commence sa carrière à l’extrême gauche : il est successivement membre du groupuscule trotskyste Fédération des étudiants révolutionnaires, aux Jeunesses socialistes ouvrières (où il croise Robert Hersant et Alexandre Hébert1), puis du Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert.

Après avoir été en khâgne à Henri-IV, où il a pour condisciples Yves Jouffa et Jean-Louis Bory, il est mobilisé au 27e régiment d’infanterie en 1939. Fait prisonnier à Rennes en 1940, il s’évade du convoi qui l’emmenait en Allemagne.

Il retrouve la vie civile et devient, de mars 1942 à 1944, responsable des Jeunesses nationales populaires, mouvement de jeunesse du collaborationniste Rassemblement national populaire. Il est condamné à cinq ans de prison à la fin de la guerre, mais est amnistié et libéré en août 1948. »

Puis nos Rouletabille du Boulevard Saint-Germain poursuivent avec un certain nombre de nom de membres du Front National, qui pour beaucoup furent membre du Rassemblement National Populaire.

Parti de la collaboration créé par Marcel Déat (photo) dans lequel au niveau du comité central : sur les 15 principaux dirigeants du parti en février 1943, 6 viennent de la SFIO, 6 du néo-socialisme de Marcel Déat (ancien dirigeant socialiste-SFIO), 1 est passé par le parti communiste, puis par le PPF, 2 viennent de droite

Le Rassemblement National Populaire est dirigé par une commission permanente de 15 membres

Président : Marcel Déat

Secrétaire général : Georges Albertini (ancien secrétaire des Jeunesses socialistes, membre de la commission administrative permanente de la SFIO, du CVIA, Vice-président (à partir de janvier 1943)

Maurice Levillain (ouvrier mécanicien, conseiller municipal SFIO de Paris et conseiller général de la Seine, néo-socialiste).

Michel Brille (avocat, député de la Somme en 1936 de l’Alliance démocratique, le grand parti de centre-droit de la Troisième République).

Henri Barbé (membre du bureau politique du Parti communiste à partir de 1927, l’un des quatre dirigeants en 1929-1930, exclu du PCF en 1934, secrétaire général du PPF de 1936 à 1939).

René Benedetti (néo-socialiste).

Francis Desphilippon (fondateur d’une association d’ancien combattants pacifistes, puis membre de la SFIO, puis responsable du service d’ordre du parti communiste, puis passe à la SFIO où il est responsable des cercles d’entreprises et des Amicales socialistes).

Georges Dumoulin (ouvrier, secrétaire de la CGT, SFIO, franc-maçon, exerce des responsabilités au Bureau international du travail).

Emile Favier (néo-socialiste)

Gabriel Lafaye (député SFIO puis néo-socialiste de la Gironde depuis 1928, sous-secrétaire d’État au travail dans le gouvernement Camille Chautemps en 1938. Après 1940 : au RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE, dirige le journal L’Atelier, collabore à La France socialiste, créée le CIOS ou « Comité Lafaye »

Barthélémy Montagnon (député SFIO puis néo-socialiste de Paris, franc-maçon. Après 1940 : au RASSEMBLEMENT NATIONAL POPULAIRE, collabore à L’Œuvre et aux Nouveaux temps

Georges Rivollet (secrétaire général de la confédération nationale des anciens combattants, ministre des anciens combattants dans des gouvernements de droite 1934-1935

Roland Silly (membre de la SFIO tendance Paul-Faure, secrétaire de la Fédération CGT des techniciens

Ludovic Zoretti (universitaire, responsable de la SFIO du Calvados, fondateur du syndicat des enseignants du 2e et 3e degrés (actuel SNES), secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement (actuelle FEN) de la CGT

Roland Silly qui dans les années 1930, était secrétaire de la Fédération des techniciens de la CGT et membre du parti socialiste SFIO, de la tendance Paul Faure.

Sous l’occupation allemande il fut l’un des dirigeants du Rassemblement national populaire, parti collaborationniste de Marcel Déat, et le chef des Jeunesses national-populaire, le mouvement de jeunes de ce parti, et journaliste au National-Populaire, l’organe du RNP, à la ligne ultra-collaborationniste, qui revendiquait un antisémitisme « complet et résolu ».

C’est aussi le cas de François Brigneau, autre figure collaborationniste présente à la naissance du Front National qui le quittera pour le Parti des Forces Nouvelles avant de s’en rapprocher à nouveau, sera condamné à plusieurs reprises pour ses écrits antisémites durant les années 1980. Le 20 avril 1989, il précisera ainsi au tribunal qu’il est natif de Concarneau et ajoutera: « Il n’y a pas beaucoup de juifs à Concarneau parce qu’il n’y a pas beaucoup d’argent « .

En réalité de son vrai nom Emmanuel Allot, François Brigneau, journaliste et écrivain, est issu d’une famille sympathisante de gauche ayant hébergé dans les années 1930 un socialiste autrichien et des Juifs d’Allemagne réfugiés, fils d’un instituteur socialiste, dont il partagea les idées politiques, il adhère au « Frontisme » de Gaston Bergery en 19372. Il vend alors La Flèche, le journal du mouvement, à la criée

Il s’oriente vers la Collaboration durant la Seconde Guerre mondiale, admirateur de Robert Brasillach, qu’il rencontra durant l’Occupation et côtoya plus tard à la prison de Fresnes. Le lendemain du débarquement allié en Normandie, il s’engage dans la Milice. Arrêté, il est condamné pour faits de collaboration. Il sort de prison au bout d’un an.

Mais si nous voulons établir une véritable généalogie du Rassemblement National Populaire, il faut faire état des nationalistes algériens qui adhérèrent au RNP.

Certains nationalistes nord-africains jouent la carte de la collaboration avec l’Allemagne nazie qui leur laisse espérer l’indépendance de l’Algérie afin d’affaiblir la France. Dans cette optique, plusieurs dirigeants nationalistes algériens du Parti du peuple algérien (PPA) créé en 1937 par Messali Hadj , notamment l’équipe qui privilégiait l’action en France et non en Algérie entrent dans les organisations du RNP, espérant qu’il serve de couverture à leur action.

Puis suivant la stratégie trotskiste de « l’entrisme » un petit groupe de trotskistes issu du Parti communiste internationaliste (PCI) est entré dés sa création au RNP, dont Henri Molinier (membre de la direction du PCI , Roger Fojrier, PCI, jeunesse du PSOP, Maurice Déglise membre du comité central des Jeunesses communistes puis trotskiste. Après 1940, André Gailledrat (dit Morgat) membre du comité central du PCI, rédacteur en chef de la revue La Vérité en 1929, puis membre du PSOP, puis Henri Molinier, Jean Desnots, etc.

Le Rassemblement National Populaire eut sa branche syndicale, ce fut le Centre syndicaliste de propagande CSP. Créé en avril 1941 par l’équipe du journal syndicaliste de la collaboration L’Atelier qui a rejoint le RNP. 3 personnages sont à la pointe de cette activité en direction des ouvriers mais également des patrons et petits patrons.

Georges Dumoulin, né en 1877 et mort en 1963, syndicaliste, il est, d’abord, trésorier de la CGT, avant de devenir secrétaire général de l’Union départementale CGT du Nord lors de la réunification syndicale de 1936. Il se présentera à deux reprises aux élections législatives, sous l’étiquette SFIO.

Sous l’Occupation, il écrit dans l’Atelier, hebdomadaire ouvriériste qui s’adonne à l’antisémitisme le plus débridé. Il est membre, pour un temps, du Conseil national instauré par Vichy.

Georges Albertini, est normalien, il devient professeur d’histoire et géographie et militant de la SFIO avant guerre. Munichois, il s’oppose à ce sujet au futur chef résistant Pierre Brossolette. Durant les années 1930, il collabore à la revue les Nouveaux cahiers dès 1937, où l’on tente de remédier à la crise par un rapprochement du patronat et des syndicats ouvriers en augmentant le rôle de l’élite technicienne et en mettant sur pied une politique pour favoriser les rapports économiques franco-allemands. Il fut également membre des Jeunesses socialistes.

Francis Delaisi, Économiste reconnu, il fait une brillante carrière de journaliste entre les deux guerres. Ses préférences politiques vont vers le socialisme. Il participe au premier numéro du journal La Guerre sociale, de Gustave Hervé le 18 décembre 1906, puis participe à la Vie ouvrière, organe de la CGT. Il est membre du comité central de la Ligue des droits de l’homme en 1935, membre directeur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes jusqu’en 1939.

De 1927 à 1932, il tient le Secrétariat général de l’Union paneuropéenne, sous la présidence d’Aristide Briand, dont il est proche, et qui lui confie des missions à l’étranger (Belgique, Allemagne, Pologne, Autriche. Il a repris le slogan du « Trust des deux cents familles » lancé par Édouard Daladier en 1934, qui fut le mot d’ordre de la campagne électorale du Front Populaire en 1936.
Puis est créée en novembre 1942 l’Union de l’Enseignement qui a pour objet de regrouper les enseignants du RNP, son Secrétaire Général est Pierre Vaillandet, professeur à l’École Normale, député SFIO du Vaucluse en 1936.

Puis pour les classes paysannes, le Centre paysan qui a pour dirigeants: René de Robert ingénieur agricole, ami de Déat, membre du Cercle européen), Jean Desnots (membre du comité central du Parti communiste, puis passe au trotskisme en 1935. Après 1940 : au RNP et écrit à L’Atelier), Ainsi en réalité sous prétexte de dénoncer les « fascistes » du Front National, nos deux journalistes du « Monde » ferait mieux « eux qui veulent traquer la bête immonde » de réviser leur histoire et de comprendre une bonne fois pour toute que les collabos, les fascistes, les affidés de Pétain et Hitler, c’est dans une partie de la gauche qu’on les trouva.

Une partie de l’extrême droite était à Londres aux côtés du Général De Gaulle ou dans les maquis.

Le colonel Maurice Dutheil de la Rochère, ami d’enfance de Charles Maurras, maurassien, il est lié au réseau de résistance du musée de l’homme.

Le colonel Claude Arnould, issue d’une famille de stricte observance catholique, il est le chef du réseau Jade-Amivol qui est rattaché aux services britanniques.

Le colonel Hélié de Saint-Marc qui avec des opinions d’extrême droite, saluera d’un coup de chapeau théâtral les juifs qu’ils rencontrait dans la rue et qui portait l’étoile jaune.

Le docteur Henri Martin, cagoulard, comploteur anti-républicain inlassable, qui en 1942 pour son activité patriotique est interné à Vals-les-Bains, où il est avec Roger Stéphane (Worms) et André Blumel, tous les deux juifs, de gauche et résistants qu’il aidera à s’évader.

Les deux ne l’oublieront jamais, ils deviendront ses amis.

Aristide Corre de l’Action française, membre de la cagoule qui travaille avec l’intelligence service et est pour cela fusillé par les Allemands en 1942.

La liste serait longue, en réalité il y avait dans la collaboration une majorité de gens qui venaient de la gauche et à Londres une majorité venait de l’extrême droite.

Ainsi les principaux créateurs du Front National venaient de la gauche. Un mouvement de Juifs avec Marine Le Pen, est en train de se créer, et cela semble répondre à inquiétude des français juifs qui effectivement ont tout à craindre des amis de Mesdames Fourest et Monnot et de Messieurs Corbière et Mestre.

Ces français juifs, qui se retrouvent aujourd’hui dans l’association l’Union des Français Juifs craignent, et ils ont raison, la montée de ce nouvel avatar du nazisme, l’islamisme. Les nouveaux collaborateurs ont le visage avenant de toutes ces bonnes âmes de gauche qui tels les journalistes du « Monde », leurs font des signes sympathiques, tout comme le joueur de flûte de Hamelin entrainait vers le néant, avec ses notes de musique, les rats, puis les enfants.

http://u-f-j.org/2011/12/12/bienvenue/

Note BYR : l'auteur ne l'écrit pas mais Marcel Déat, fondateur et président du RNP fut député de Reims en 1925 puis élu député du XXème Arrondissement de Paris en 1932 sous les couleurs de la SFIO -ancêtre du PS- il fut même ministre en 1936 sous le Front populaire. Pacifiste, c'est lui qui écrit le fameux article publié dans l'Oeuvre le 4 mai 1939 qu'il a intitlé " Mourir pour Dantzig ?. Il est décédé en 1955 en Italie où il s'était réfugié dix ans plus tôt.

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La politique du croche-pied

combat_coq

Causeur

Par Elisabeth Lévy le 16/12/2011

Je ne sais pas si nous sommes « au bord du précipice », comme l’a affirmé le Président de la République, mais ces jours-ci, nos dirigeants et ceux qui aspirent à le devenir évoquent plus une bande de galopins que des adultes responsables soucieux de conduire le pays dans la tempête. L’actualité ressemble à la chronique d’une cour de récré – et pas au collège, à l’école maternelle. Tricheur ! Menteur ! Cafteur ! Fayot ! Je vais le dire à la maîtresse ! Je vais t’en coller une ! M’dame, il a piqué des bonbons !

Chez les Verts, on avait l’habitude de ces bagarres. Alors cette fois, ils ont choisi la maitresse comme déléguée de classe et elle n’est pas commode. Résultat, ils passent leur temps à dire des vacheries sur elle, mais devant, ils filent doux et on les comprend. Moi quand je vois Eva Joly, j’ai l’impression d’être mise en examen.

Vous me direz qu’au PS aussi, la joyeuse ambiance de cour d’école ne date pas d’hier. Mais enfin, ça faisait longtemps qu’ils n’en étaient pas venus aux mains. Sur la photo de classe prise le soir des primaires, ils avaient tous l’air de gentils enfants sages. Et puis, ils avaient juré de ne plus recommencer et de se comporter en bons camarades. Et voilà que c’est reparti. Arnaud accuse Jack d’avoir mis les doigts dans la confiture, Jack, en guise de réponse, lui promet une bonne paire de claques. Du coup, la maitresse fiche Jack au piquet : privé de dessert électoral le petit, de toute façon on ne va pas le faire redoubler éternellement celui-là. Mais en même temps, Martine colle un zéro à Arnaud pour avoir semé la pagaille. « C’est celle qui dit qu’y est », réplique Arnaud. C’est dire si Martine « tient » sa classe.

À l’école UMP, ce n’est pas plus glorieux. Rachida se permet de donner une leçon de morale à François, qui est pourtant prof principal. « Même pas cap de te faire élire en zone difficile, c’est nul », qu’elle lui balance. Du coup, elle frôle l’exclusion mais François et le surgé Jean-François décident de lui laisser une chance. Pendant ce temps, le petit Luc se paye la tête de Dominique, vous savez le grand blond qui se la joue quand il récite des poèmes. Et Dominique, il n’aime pas, mais pas du tout, qu’on se foute de lui. Surtout un minot qui est encore en classe tétine alors que Dominique, lui, est passé chez les grands. Et il chope Luc à la sortie : « Eh dis donc, toi, un peu de respect pour les aînés, quand même ! »

Alors d’accord, on s’amuse bien. Mais pendant ce temps on ne fait pas le programme et les examens approchent. Je sais bien que le dirlo est très occupé et qu’il voyage beaucoup avec sa nouvelle copine Angela, parce que les cancres européens, ce n’est pas de la tarte non plus, mais il ne faudrait pas qu’il en oublie sa petite école française. Quant à François, celui qui essaie de lui piquer la place, on ne l’entend pas beaucoup. Il parait qu’il est au-dessus de tout ça, tant mieux pour lui. En attendant, nous on est toujours au bord du précipice et si ça se trouve on est tombés dedans sans s’en rendre compte. Il est peut-être temps de siffler la fin de la récré.

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Belgique : Sharia4Belgium explique son projet de sédition

Belgique_voilePoste de veille

Abu Imran, leader de Shariah4Belgium, annonce que le drapeau d'Al Qaïda flottera au sommet de l'Atomium, un monument de Bruxelles, et du Palais Royal. Cette vidéo a été postée le 11 décembre.

Sharia4Belgium est le groupe qui a tenté de mettre fin au débat animé par Irshad Maji à Amsterdam la semaine dernière en lui lançant des oeufs, en l'accusant d'apostasie et en proférant des menaces de mort (voir ici et ici). De plus, la police belge a découvert une Kalashnikov chez l'un des membres de ce groupe. 

Sous la vidéo, la traduction du message d'Imran, sans les Allahu Akbar et autres louages à allah.

Ceci est un court message au roi de Belgique, au gouvernement belge, au peuple belge, et plus spécifiquement aux musulmans de Belgique :

Cette bannière sera bientôt hissée sur le bâtiment là-bas. Vous voyez là-bas le drapeau du Taghout [idolâtrie], des infidèles, et bientôt la bannière « il n’y a de dieu qu’allah » flottera au sommet de ce Palais et au sommet de tous les autres Palais en Europe jusqu'à ce que nous arrivions à la Maison Blanche. Nous ne prendrons pas de repos, malgré les poursuites et les intimidations, et malgré la guerre qu'ils livrent à la nation islamique. Nous jurons par allah, le seul et unique dieu, que nous n’aurons de cesse que cette bannière ne flotte au sommet de ce bâtiment.

Aujourd’hui nous pouvons voir les gens qui prennent des photos, des gens de Bruxelles et de toute l'Europe viennent ici pour ce qu’on appelle le « tourisme », et pour prendre des photos de ce monument. Ils tiennent à ce monument. Au sommet, vous pouvez voir le drapeau belge. Ce monument est un symbole de la Belgique. Ils ont mis ce symbole sur l'euro et sur des billets de banque. C'est un symbole de l'État belge.

La Belgique va bientôt s’effondrer. Qu'allah les disperse, ainsi que leur pays. Ce symbole ne leur sera plus d’aucune utilité. Ces gens voient ce monument comme leur Taghout, leur idole.

Entre 1995 et 2001, le mollah Omar a détruit les symboles de l'idolâtrie [en Afghanistan], alors nous aussi, nous devrions détruire ces monuments. Comment pouvons-nous démontrer que nous sommes musulmans ? Quand on voit qu’en Egypte, les gens tiennent aux pyramides, au Sphinx ... Ils sont devenus des lieux pour les touristes, pour des millions de commerces, et ils fabriquent même des petits souvenirs pour les touristes, comme ils l’ont fait pour ce monument ici, l'Atomium. Ils font des modèles réduits pour les touristes et ils les vendent dans des boutiques de souvenirs. C'est la raison pour laquelle nous devons nous libérer de cette idolâtrie, et rester à l’écart des idoles et de l’idolâtrie.

L'un de ces idoles est ce Taghout derrière nous, surmonté du drapeau du gouvernement Taghout, un symbole du régime Taghout, du système Taghout qui gouverne ce pays. Si allah le veut, la Belgique sera bientôt libérée du polythéisme et de l'idolâtrie. La Belgique sera libérée du système d'idolâtrie. Nous promettons de supprimer le système d’idolâtrie de la Belgique, et les idoles elles-mêmes. Puis nous démolirons ce symbole, ce monument. Pourquoi ? Pas à cause de la haine.

Je sais que certains tenteront de déformer mes paroles pour démontrer que j'appelle à détruire des choses. Alors pourquoi ? Tout simplement parce que les Belges pourraient mieux utiliser les millions consacrés à la rénovation de ce monument, à l'électricité, au tourisme.

C'est pourquoi nous disons: Nous n'avons pas besoin de ces choses. Nous avons besoin d’eau, d’électricité et de gaz gratuits pour le peuple belge. Nous devons assurer la sécurité des musulmans et des non-musulmans belges dans l'État islamique qui va remplacer ce Taghout. Plus les musulmans seront nombreux à s’engager, plus vite nous atteindrons notre objectif de libérer la Belgique de l'injustice, de la tyrannie et de l'idolâtrie et d’instaurer la forme la plus pure du Tawhid [dogme de l'islam ] dans nos vies.

Donnons-nous un État islamique où il n’y a plus d’idolâtrie, où il y a seulement la [profession de foi islamique].

Traduction par Poste de veille

postedeveille.ca le 16/12/2011

 

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Karembeu s’installe à Champéry

Karembeu20 minutes.ch

Champéry compte une star parmi ses habitants. Christian Karembeu a décidé de s’installer dans la station valaisanne puisqu’il doit souvent se déplacer à Lausanne et Zurich pour son travail à la FIFA et un mandat au CIO.

«Avant de m’installer ici, je connaissais déjà Champéry. Des amis y habitent et m’ont fait découvrir le coin via plusieurs excursions», a déclaré le Français au «Nouvelliste».

Mais la beauté du paysage n’était pas la seule motivation du déménagement du sportif dans la commune des Portes du Soleil. «J’ai aussi choisi de m’établir ici pour me ressourcer suite à ma séparation [ndlr: d’Adriana Karembeu], avoue-t-il. Et j’en profiterai pour me mettre un peu plus sérieusement au ski.»

Le président de Champéry, Luc Fellay, a immédiatement proposé à Christian Karembeu d’être l’ambassadeur de la station lors d’événements ponctuels comme le festival Maxi-Rires, le Tour cycliste du Dauphiné (qui devrait passer en 2013 par Champéry) ou les Européens de Curling en 2014. Le Français a accepté.

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Libye: mécontentement social, islamisation et guerre des milices

Benghazi_2011
Par Régis Soubrouillard le 16/12/2011
Deux mois après la chute de de Kadhafi, la Libye cherche toujours le chemin de la paix. Siège de la révolution libyenne, Benghazi n'en a pas fini de s'enflammer. Réclamant de la transparence dans la gestion de la transition, des milliers de manifestants ont réclamé une deuxième révolution, en appelant au départ du CNT. Entre la prolifération des armes, la montée en puissances des islamistes et la guerre des milices, la Libye cherche encore le chemin de la paix.
L’état de grâce n’aura pas duré longtemps pour le CNT. Kadhafi à peine tombé de son trône, on se demande déjà si le conseil national de transition passera l’hiver ? Depuis plusieurs jours, Benghazi, le berceau de la révolution libyenne vit au rythme des manifestations. Les protestataires dénoncent la corruption, la confiscation du pouvoir, réclament de la transparence dans la gestion de la transition et jugent très sévère l’attitude du CNT envers les combattants pro-Kadhafi.

Le 12 décembre dernier, des milliers de manifestants ont investi la place al-Chajara de cette ville pour demander le départ pur et simple de ceux qui ont libéré la Libye du joug de Kadhafi.
Cinq mille manifestants selon les autorités, trente mille selon les organisateurs, venus crier « à bas les autorités ». Du jamais vu depuis la chute de Kadhafi. 

Le mécontentement augmente chaque jour parmi la population qui remarque que ses conditions de vie n’ont pas changé depuis une année. Empêtré dans des querelles intestines, le CNT dirigé par Mustapha Abdeljalil semble aujourd’hui incapable de transformer l’essai et de jeter les bases d’un Etat moderne, au point que certains manifestants réclament déjà une « deuxième révolution ».

Les optimistes y verront un simple mouvement d’impatience, un rapide apprentissage des règles de base des luttes sociales ou de l’usage de la liberté d’expression, les autres, les premiers symptômes d’une Libye qui connaîtrait les mêmes soubresauts post-révolutionnaires que la Tunisie et surtout l’Egypte.
La montée en puissance des islamistes
Dans ces deux pays, s’ils n’étaient pas impliqués dans les mouvements révolutionnaires, les islamistes se sont révélés les grands gagnants des élections qui ont suivi : « Le point commun entre ces pays était la dénonciation des pratiques autoritaires. Mais, dans la gestion des transitions, chacun a son propre rythme. En revanche, en Syrie ou en Libye, où il y a des fractures communautaires, régionales et ethniques, une solution comme en Égypte ou en Tunisie est impossible » commente Bernard Rougier, directeur du Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej) au Caire.

Une complexité que souligne l’International Crisis Group, une ONG spécialisée dans la prévention des conflits, dans un rapport sur « les défis de la Libye en matière de sécurité ». En vrac, le rapport cite une centaine de milices armées « qui ont joué un rôle décisif dans la chute de Kadhafi » mais qui se disputent aujourd’hui le pouvoir et s’envisagent  comme autant d’armées régulières et légitimes avec chacune leur propre chaine de commandement, des procédures  pour mener des enquêtes et des opérations de sécurité, délivrer des mandats, arrêter et détenir des suspects. Et les experts de l'OTAN de redouter que l'avenir de la Libye ne relève de la « guerre des milices ». 
L'aéroport de Tripoli a ainsi été fermé suite à une bataille rangée entre la milice de Tripoli et celle de Zenten qui contrôle l’aéroport de la capitale. Dans un aveu de faiblesse, le premier ministre libyen a déclaré que la question du désarmement des milices était « plus complexe qu'il n'y paraît ».
Pour exemple, la milice du gouverneur de Tripoli, Abdelhakim ­Belhaj, ancien du Groupe islamique combattant libyen (GICL) forte de 300 hommes est financée par le...Qatar.
 
La prolifération des armes -près de 15.000 missiles sol-air seraient en circulation- fait craindre une militarisation à la somalienne. Au total, l'ONG estime à 125.000 le nombre de libyens armés qui ne se reconnaissent pas dans le nouveau pouvoir  dépourvu d’armée nationale: « Le cœur de la question est politique. La fragmentation du paysage en matière de sécurité et la réticence des milices à déposer les armes reflète la méfiance à l’égard du CNT et sa légitimité à mener le processus de transition. Bien qu’ils y soient largement représentés, beaucoup d’islamistes trouvent le CNT trop laïque ». Depuis la chute de Kadhafi, les Frères Musulmans – mais également d’autres mouvements islamistes- tentent de s’imposer dans le nouvel espace politique. Les Frères Musulmans affirment ainsi que leur nombre de fidèles a doublé depuis février 2011, ils seraient également très présents dans les conseils locaux et milieux d’affaires et convaincus de « posséder la rue ».

« Actuellement, les acteurs locaux et internationaux se concentrent sur d'autres tâches, et en l'absence d'interlocuteurs clairement identifiés au sein du CNT, une grande partie du travail de reconstruction politique et de sécurisation a été reporté. Il est temps de bouger à nouveau »
conclut le rapport. Difficile de savoir comment seront reçus les récentes déclarations du procureur génral de la Cour Pénal International de la Haye, Luis Moreno Ocampo qui a estimé que la manière dont Kadhafi a été tué par les insurgés avec l'appui de l'OTAN pourrait constituer un crime de guerre.

Du pétrole pour les multinationales
C’est dans ce climat de tensions qu’Alain Juppé s’est rendu en Libye mercredi et jeudi pour rencontrer le chef du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil. L’occasion pour le chef du quai d’Orsay d’annoncer le déblocage d'une partie des fonds libyens gelés pendant la guerre : 230 millions d’euros, de l’argent de poche par rapport au coût de reconstruction d’une Libye démocratique, et surtout quand on sait que la totalité des fonds libyens gelés à l’étranger sont évalués à 150 milliards de dollars.

A la fin novembre, seulement 18 des 150 milliards de dollars d’avoirs gelés avaient été débloqués à titre exceptionnel par le comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’Onu. Et encore, les nouvelles autorités libyennes n’en ont effectivement reçu pour l’heure que 3 milliards.

L’argent, le nerf de la paix ? Pas certain. La Libye possède les premières réserves de pétrole d’Afrique. Les ministres de l’Opep réunis mercredi à Vienne se sont félicités de constater que la production libyenne augmentait plus vite que prévu et pourrait atteindre 1,3 millions de barils par jour au premier trimestre 2012. Une bonne nouvelle…à relativiser. Le groupe pétrolier italien ENI, premier producteur d’hydrocarbures en Libye, a placé ses hommes au sein du CNT. Abdelrahmane Ben Yazza, le  nouveau ministre du… pétrole et du gaz est l’ancien responsable de la société. Les multinationales du pétrole ont déjà retrouvé la route de l’or noir. Le peuple en verra-t-il un jour la couleur ? En Libye, les doutes jaillissent de partout. 

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Pub et licenciements

Le Crédit Agricole va licencier 2 350 personnes afin "d'assainir sa situation" comme nous l'explique avec calme et méthode la direction du groupe bancaire né en 1894. Certes c''est sa banque d'investissement, Cacib, qui fera les frais de cette "cure d'amaigrissement", où 1.750 postes seront supprimés dont 550 en France mais c'est assez surprenant de voir sur nos écrans de télévision la publicité suivante, non ? 


Le bons sens a de l'avenir : FILM... par CreditAgricole

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Erdogan menace notre pays

Erdogan_hurlantRecep Tayyip Erdogan le Premier ministre turc, un islamiste très modéré paraît-il, a envoyé une missive au président Sarkozy au sujet du projet de loi qui sera examiné jeudi prochain relatif au génocide arménien du début du siècle passé.

Erdogan menace Paris en prévenant que si Nicolas Sarkozy ne s'opposait pas à ce texte, l'ambassade de Turquie dans la capitale française saurait prendre les mesures adéquates...

Ce projet de loi vise directement la République de Turquie, la nation turque et la communauté turque de France " a ajouté l'islamiste modéré.Qu'est-ce à dire ? Quoi penser ? Si Nicolas Sarkozy ne s'oppose pas au projet de loi présenté par l'UMP et qui prévoit une peine d'un an de prison et 45.000 € d'amende en cas de contestation du caractère génocidaire des massacres commis pendant la Première Guerre mondiale dans l'Empire ottoman contre les Arméniens, les dizaines de milliers de ressortissants d'Ankara qui vivent sur notre sol vont-ils passer à l'offensive ? Manifester dans nos rues ? Brûler nos préfectures ? 

On peut penser ce qu'on veut sur l'utilité d'un tel texte de loi qui s'il est adopté va s'ajouter à une panoplie déjà bien remplie de textes du genre, mais il est assez difficile d''accepter les menaces non dissimulées d'un dirigeant étranger qui plus-est à l'intention un jour de rejoindre la communauté européenne et possède une importante diaspora chez-nous.

Que va répondre Sarkozy ?

Guillaume Schirer

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Pauline Marois (PQ) sur l'identité québécoise

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Autorité de l'Etat : Etat fort

Marine_Le_Pen_redressement_autorite_etat_fort

Totalement désarmée par trente d’ans d’inaction et de reculades face à la mondialisation, la France doit revenir dans le jeu des Nations.

L’emploi, la réindustrialisation du pays, l’égalité entre les Français, l’aménagement du territoire et la vitalité des services publics en dépendent.

En raison de notre histoire nationale, c’est naturellement l’Etat qui sera le fer de lance de ce réarmement de la France : un Etat fort capable d’imposer son autorité aux puissances d’argent, aux communautarismes et aux féodalités locales.

Analyse

L’émergence de la nation française au cours des siècles se caractérise par le rôle déterminant joué par l’Etat, un Etat fort qui a su unifier la nation, contenir les féodalités et les communautarismes, anéantir la tribalisation, aménager notre territoire et offrir progressivement à tous une éducation, des soins, une sécurité et des services publics de qualité.

Sous un double mouvement qui s’accentue depuis plusieurs décennies, par le haut et par le bas, l’Etat est aujourd’hui profondément affaibli.
La France a pourtant besoin d’un Etat fort pour assurer son réarmement face à la mondialisation. Quand l’Union européenne échoue et s’entête à suivre la mauvaise direction, quand la région est trop petite, l’Etat est en mesure de s’appuyer sur les forces vives de notre pays pour être le fer de lance de la réindustralisation et du redressement national.

Ce double mouvement d’affaiblissement de l’Etat se présente ainsi :
1. Une décentralisation non maîtrisée d’abord (lancée en 1981 et accentuée en 2004) a privé l’Etat de compétences stratégiques : transports régionaux, routes nationales, action économique notamment. Beaucoup, parmi lesquels nombre d’élus locaux, jugent que nous sommes allés trop loin dans le transfert de compétences. Cette décentralisation, c’est un creusement des inégalités entre les territoires et les Français, une complexité accrue de la décision publique, une corruption aggravée, et la reconstitution de féodalités locales dépensières au détriment d’un Etat stratège.

2. L’Union européenne ensuite, cheval de Troie de la mondialisation ultralibérale : les Traités européens imposent depuis le Traité de Maastricht le dogme de la concurrence libre et non faussée, interdisent par idéologie les aides d’Etat à nos entreprises, ainsi que toute forme de protection aux frontières internes de l’UE, mais aussi externes. En bref, toute forme de patriotisme économique.
En 2009, l’aide de 6 milliards d’euros apportée par l’Etat à Renault et PSA n’a pas pu être conditionnée au maintien des activités en France en raison des récriminations de la Commission européenne. C’est un encouragement aux délocalisations et à la destruction d’emplois en France. En 2011, cette même Commission de Bruxelles a jugé contraire aux règles européennes le projet de recapitalisation de l’entreprise Seafrance par son actionnaire la SNCF : des centaines d’emplois sont de ce fait menacés.

Ce double mouvement d’affaiblissement doit trouver face à lui une solide volonté politique. L’Etat fort vise plusieurs objectifs essentiels à la prospérité de notre pays et du peuple français :

  • Le respect des valeurs républicaines face aux féodalités locales et aux communautarismes.
  • La réindustralisation de la France, contre le chômage et les délocalisations.
  • L’innovation pour se projeter dans l’avenir : la coopération en matière de recherche entre acteurs du privé et du public fonctionne mal en France, et notre effort global de recherche et développement est insuffisant.
  • La remise sur pieds des services publics décimés par trois décennies d’idéologie ultralibérale : L’UMP et le PS ont progressivement détruit le service public en votant Traités et directives européennes qui organisent dans tous les domaines la libéralisation, et en privatisant les services publics.
  • L’exigence d’une concurrence loyale face aux pratiques abusives de la grande distribution, des banques et des très grands groupes.
  • L’encadrement rigoureux de la finance lorsque l’intérêt général est en jeu : le puissant lobby des banques d’affaires influence beaucoup trop les décisions politiques et incite à des pratiques de corruption et de conflits d’intérêts. Ce phénomène, né aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, n’épargne pas la France.

Positions

L’Etat fort est d’abord un Etat libre :

  • La hiérarchie des normes qui prévalait avant les dérives jurisprudentielles sera réaffirmée. La Constitution, plus largement le bloc de constitutionnalité, est la norme suprême, à laquelle doit se conformer l’intégralité du droit français et conserve sa supériorité sur les Traités internationaux.
  • La loi française retrouvera sa supériorité sur le droit européen dérivé (directive, règlement, etc.). Ces éléments feront l’objet d’une discussion avec nos partenaires européens dans le cadre de la renégociation nécessaire des Traités européens. La France se tiendra à sa doctrine en cas d’échec des négociations.
  • Le ministère des Souverainetés sera chargé de coordonner sur un plan technique la renégociation des Traités et la restauration de notre souveraineté nationale dans l’ensemble des domaines où elle a disparu.

L’Etat fort qui défend et fait respecter les valeurs républicaines :

  • Application ferme sur l’ensemble du territoire national de la loi de 1905 de défense de la laïcité. Cette loi ne doit pas être modifiée.
  • Mise en place d’un ministère de l’Intérieur, de l’Immigration et de la Laïcité
  • Rétablissement du principe d’égalité et de méritocratie : bannissement des pratiques de discrimination positive dans tous les secteurs de la société (école, université, entreprise, administration).
  • Tous les bâtiments publics de France, qu’il s’agisse des administrations centrales ou locales, devront en permanence porter le drapeau français. Le drapeau de l’Union européenne ne sera plus autorisé.

L’Etat fort, fer de lance de la réindustrialisation de la France :

  • Mise en place d’une Planification Stratégique de la Réindustralisation directement rattachée au Premier ministre, associant établissements universitaires et grandes écoles, filières industrielles et représentants de l’Etat. Elle organisera la réindustralisation de la France. Cette politique se fera parallèlement à la mise en place de protections raisonnables aux frontières face à la concurrence internationale déloyale (droits de douane ciblés et quotas d’importation).
  • Stratégie de développement économique de l’Outre-mer.
  • Mise en place politique de l’équivalent français du « small business act » accordant aux PME/PMI françaises une priorité d’accès aux marchés publics locaux et nationaux.

L’Etat fort pour stimuler l’innovation et la recherche :

  • Conditionner le crédit impôt recherche (3,2 milliards d’euros par an de dépenses fiscales) au maintien intégral par l’entreprise bénéficiaire de cette mesure des centres de recherche et développement en France.

L’Etat fort qui impose son autorité aux féodalités locales :

  • Baisse de 2% des dotations de l’Etat aux conseils généraux et conseils régionaux, assortie d’une interdiction législative d’augmenter les impôts locaux pour les collectivités concernées.
  • Transfert progressif à l’Etat des compétences relatives aux transports régionaux et à l’action économique
  • Suppression de la clause générale de compétence.
  • Suppression de l’obligation de participer à une intercommunalité et audit obligatoire des dépenses des intercommunalités par les Chambres régionales des Comptes la première année du mandat.
  • Rétablissement du contrôle de légalité a priori de l’Etat sur les engagements de dépense supérieurs à un pourcentage du budget annuel de la collectivité territoriale qui sera défini par une loi.

L’Etat fort pour redresser nos services publics :

  • Arrêt de la transposition des directives de libéralisation des services publics marchands.
  • Contrôle intégral de la fixation des tarifs appliqués aux ménages et aux entreprises dans les secteurs stratégiques (énergie et transports notamment).
  • Obligation d’assurer une parfaite continuité territoriale à prix raisonnable vers l’Outre-mer.

L’Etat fort qui lutte contre les fraudes, les ententes et les abus de position dominante :

  • Lutte contre les fraudes commerciales (falsification des normes de sécurité, environnementales, sociales) pour assurer une concurrence loyale.
  • Action au niveau des centrales d’achat pour rétablir un équilibre entre le commerce indépendant et la grande distribution. Les liens d’exclusivité entre centrales d’achat et grands distributeurs seront interdits.
  • Fixation par la loi d’un plafond applicable au montant des frais bancaires facturés aux clients des banques (ménages et entreprises).

L’Etat fort qui met au pas la finance et la spéculation :

  • Séparation par la loi des banques de dépôt et des banques d’affaires.
  • En cas d’extrême nécessité et de risque pour les dépôts des particuliers, nationalisation, même partielle et temporaire, des banques de dépôts en difficulté.
  • Réorientation de la formation de nos jeunes en grandes écoles vers les métiers de l’entreprenariat et de l’industrie au détriment des métiers de la finance.
  • Action déterminée de la France au niveau international pour une interdiction des produits dérivés spéculatifs et une taxe mondiale sur les transactions financières.

Source : Marine Le Pen 2012

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