
Aujourd’hui, beaucoup de Français renoncent à se soigner faute de moyens. En outre, le « trou » de la sécurité sociale ne s’est jamais résorbé et menace la pérennité de notre système de soins. La santé est un bien précieux qui ne doit pas être réservé à ceux qui en ont les moyens, ou à ceux qui vivent au bon endroit. Il est de notre devoir de défendre la Sécurité Sociale et de l’améliorer sans cesse, dans un esprit de responsabilité. Il faut donc agir, pour préserver l’accès de tous les Français aux soins et combler les déficits.
Analyse
La multiplication des déremboursements de médicaments, la hausse du forfait hospitalier, la baisse des indemnités journalières des malades, l’augmentation de la taxe sur les complémentaires santé, etc. Ces mesures prises sous le mandat de Nicolas Sarkozy ont contribué à creuser le fossé entre une santé des pauvres et une santé des riches.
Les dépenses de santé en France représentent aujourd’hui environ 11% de notre PIB. C’est beaucoup, mais contrairement à une légende souvent entendue, ce n’est pas plus qu’en Allemagne, et c’est beaucoup moins qu’aux Etats-Unis par exemple. Notre objectif n’est pas d’accroître d’une manière inconsidérée cette part des dépenses dans la richesse nationale, et il faut notamment rationaliser les dépenses et lutter sans merci contre les abus.
Néanmoins, il est important d’anticiper dès aujourd’hui que la part de ces dépenses de santé dans notre richesse nationale ne pourra qu’augmenter, pour des raisons structurelles, et que nous devrons trouver de nouveaux financements dans les décennies à venir.
La lutte contre la fraude doit permettre de diviser son coût global actuel par quatre en cinq ans, soit 15 milliards d’économies à obtenir par une action résolue, rigoureuse et mobilisant l’ensemble des services publics (caisses de sécurité sociale, médecins, collectivités, services fiscaux), sous l’autorité d’un secrétariat d’Etat à la lutte contre la fraude.
Les collectivités territoriales devront notamment contribuer à la lutte contre la fraude en communiquant toutes les informations nécessaires aux services de contrôle et en assumant toutes leurs obligations.
Une lutte plus vigoureuse contre les « arrêts de confort » et autres abus sera conduite. Les fraudeurs récidivistes n’auront plus accès aux dispositifs d’aide. Plus simplement encore : un rapport de l’IGAS (inspection générale des affaires sociales) s’émouvait il y a quelques années des 10 millions de Cartes Vitale en surnombre. Supprimer les cartes frauduleuses permettrait d’économiser les consommations de soins illégales qu’elles engendrent. De la même manière, l’utilisation des Cartes Vitale légales doit être contrôlée afin que ne l’utilisent que les ayant droits et non des personnes (amis, famille lointaine) venant uniquement en France pour se faire soigner.
Enfin, une meilleure organisation du système de soins, et notamment du système d’urgences trop souvent embouteillé par des cas très bénins, sera recherchée pour écarter les abus et les dérives d’un système mal géré.
L’accès de tous à la santé suppose d’abord de garantir un maillage territorial complet de l’offre de soins. Or les territoires ruraux sont aujourd’hui les laissés pour compte de la santé, ce qui appelle à lutter contre les déserts médicaux. Il faut ainsi revivifier les territoires ruraux par une politique d’aménagement harmonieux du territoire : les services publics médicaux sont indispensables à l’attractivité d’un territoire et contribuent à son activité économique. Des centres hospitaliers et médicaux polyvalents doivent donc y être maintenus, voire créés quand la désertification médicale est trop avancée.
Il convient aussi d’inciter les jeunes médecins à s’installer à la campagne. Les professionnels de santé doivent être familiarisés avec les territoires dès leur scolarité, notamment par module territorial, comprenant un stage. L’Etat doit ainsi veiller à ne laisser aucune zone géographique sans couverture médicale.
Le numerus clausus à l’université de médecine doit être desserré, afin de réduire le recours à des personnels de santé étrangers, qui présentent souvent moins de garantie en termes de diplômes et de formation. Tout recrutement d’un personnel étranger ne doit être possible qu’après démonstration de l’absence d’un national apte.
Positions
Restaurer l’équilibre des comptes sociaux en donnant la priorité aux Français…
- Instaurer un délai de carence d’un an de résidence continue en France et de cotisation avant de bénéficier de tous les avantages de la Sécurité sociale.
- Supprimer l’AME (aide médicale d’Etat) réservée aux migrants clandestins.
- Créer un observatoire des droits sociaux des étrangers et de l’usage des conventions bilatérales de soins.
…et en luttant contre la fraude et les abus
- Création d’un secrétariat d’Etat à la lutte contre la fraude, chargé de piloter un vaste plan interministériel anti-fraude
Dans le cadre de ce plan anti-fraude :
- Sécurisation des Cartes Vitale via la création de la Carte Vitale biométrique. Opération de désactivation des Cartes Vitale surnuméraires et frauduleuses. La lutte en amont contre la production de papiers d’identité frauduleux (aujourd’hui abondante du fait de la faible sécurisation des documents administratifs à produire) permettra également d’éviter que des clandestins n’obtiennent de faux papiers leur ouvrant illégitimement droit à la sécurité sociale, et que des immigrés légaux ne multiplient leurs papiers d’identité afin de bénéficier plusieurs fois des mêmes prestations sociales.
- Lutte contre les arrêts maladie de complaisance et les fraudes dans le système ambulancier.
- Exiger des collectivités territoriales, notamment des départements, de contribuer pleinement à la lutte contre la fraude en communiquant toutes les informations dont elles disposent. L’Etat procèdera en parallèle au croisement systématique des fichiers sociaux et des fichiers fiscaux afin de débusquer les irrégularités dans l’obtention des prestations sociales.
- Supprimer toutes les aides sociales pour les fraudeurs récidivistes
- Renégociation des conventions internationales signées en matière de santé avec des pays étrangers
Assurer l’accès à une santé de qualité pour tous et sur l’ensemble du territoire
- Assurer l’accès aux soins sur tout le territoire en assurant la présence de centres hospitaliers ou médicaux pluridisciplinaires dans chaque bassin de santé.
- La scolarité des personnels médicaux intégrera un stage territorial, pour une découverte concrète de nos territoires.
- Plafonnement des dépassements d’honoraires en secteur 2, après concertation avec les représentants des médecins
- Impulser une nouvelle politique du médicament qui sortira des logiques purement comptables et examinera avec beaucoup plus de discernement les médicaments réellement efficaces et inefficaces. Certains médicaments déremboursés pourront de nouveau être remboursés par la Sécurité Sociale au taux normal.
- Lutte active contre le gaspillage en mettant en place une procédure de vente au détail des médicaments prescrits et remboursés par la sécurité sociale.
- Gel du montant du forfait hospitalier et des taxes sur les mutuelles de santé
- Fermeture des petites structures n’assurant pas une qualité de soin suffisante mais maintien des structures de taille moyenne : les méga-structures ne sont pas la solution miracle
Donner une place aux malades et à leurs proches, lutter contre Alzheimer
- Impliquer les malades, via les associations qui les représentent, dans les prises de décision qui les affectent : leur rôle doit en particulier être reconnu au sein de la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de la Santé (HAS)
- Maladie d’Alzheimer : l’accent sera porté en amont sur l’effort de recherche et une meilleure coopération entre recherche privée et recherche publique. Les économies réalisées grâce à la suppression de l’Aide Médicale d’Etat seront affectées au suivi et à l’accompagnement des malades et de leurs familles. Les médicaments anti-Alzheimer, même imparfaits, ne seront pas déremboursés.
Améliorer l’efficacité du système de soins
- Réorganisation dans la concertation de la carte hospitalière et de l’organisation du travail au sein des hôpitaux : développement en particulier des maisons de santé qui pourront prendre en charge les « petites urgences » afin de désencombrer les services d’urgence.
- Mise en place du DMP (dossier médical personnalisé) à condition que toutes les conditions relatives à la protection des données et à leur confidentialité, notamment vis-à-vis des sociétés d’assurance, soient garanties.
- Renforcement de la tutelle du ministère en charge de la Santé sur les Agences Régionales de Santé, afin d’assurer une cohérence de la politique de santé sur l’ensemble du territoire national.
- Regroupement et gestion harmonisée des trois régimes spéciaux et de tous les régimes particuliers, dans le respect de leurs spécificités issues de l’histoire. Harmonisation des comptabilités départementales des organismes de prélèvement et de prestation des trois branches avec les méthodes comptables nationales de l’ACOSS.
- Desserrement du numerus clausus dans les facultés de médecine pour permettre de pourvoir les besoins médicaux avec du personnel français formé en France.
Source : Marine Le Pen 2012

Les 4 Vérités
Par Piere Menou le 03/01/2012
Lu sur le site internet du Figaro : pour la « politologue » Anne Muxel, le comportement électoral des jeunes ne se différencie plus de celui de leurs aînés. «Contrairement aux années 60 et 70, le vote des jeunes ne se démarque guère de celui de leurs aînés, explique-t-elle dans L'expérience politique des jeunes. Il n'est plus traversé ni par le désir de changer radicalement la société ni par des visées anticonformistes».
Les analyses et les certitudes des « politologues » me réjouissent toujours. Au fait, qu’est-ce qu’un politologue ? Une monsieur ou une dame qui passe pour un expert de la politique parce qu’il a publié un bouquin généralement bourré de poncifs et quatre articles dans les revues de la presse conformiste. L’expertise, c’est le bon point attribué aux ignares par de plus ignares qu’eux. Le diplôme du bonnet d’âne.
Donc les jeunes ne voudraient plus changer radicalement la société et ne seraient plus « anticonformistes ». C’est sans doute pourquoi 28 % d’entre eux, selon un sondage Ifop, s’apprêteraient à voter pour Marine Le Pen en 2012… Marine Le Pen, aux yeux de la gentille Madame Muxel, c’est sans doute le conformisme ? Rien de plus système, ni de plus régimiste ? A lire la presse politiquement correct, on ne le croirait guère…
Ce n’est pas n’importe quelle frange de la jeunesse qui s’apprête à voter Le Pen : pas les fifils et fifilles des bobos parisiens, par exemple, dont papa-maman ont les moyens de s’offrir un logement dans la capitale et de gueuler des slogans gauchisants invoquant les nouvelles icônes de la République : sainte Parité et sainte Diversité, filles bégayantes de la vieille sainte Egalité. Cette jeunesse-là vote comme papa-maman, pour le sénateur Mélenchon quand elle est sagement révoltée, pour Eva Joly quand elle est conscientisée, ou pour Hollande quand elle est plus flanby.
La jeunesse qui vote Le Pen, en 2012, c’est la jeunesse ouvrière française, celle du nouveau lumpen-prolétariat des zones « péri-urbaines », moins bien traitée que la diversité banlieusarde parce qu’elle dispose de moins d’assistantes sociales susceptibles de lui indiquer les meilleur moyen d’ouvrir le robinet des aides, de moins de bus (qu’elle ne fait pas cramer) pour la conduire sur ses lieux de travail, de moins de postes, de moins d’écoles, de moins d’infrastructures. C’est la part la plus abandonnée de la jeunesse française, qui commence à ouvrir sa gueule pour formuler des vœux déraisonnables, en tête celui d’être reconnue pour ce qu’elle est : française. Gauloise, comme on dit. Souchienne, comme d’autres disent.
L’importance de la question identitaire
Le géographe Christophe Guilluy, sur le site internet Les Influences (1), précise que « la grande majorité de l’électorat potentiel de Marine Le Pen est constituée d’ouvriers et d’employés, on pourrait y ajouter les chômeurs (qui sont pour la plupart d’anciens ouvriers et employés) » vivant à l’écart des grandes métropoles.
C’est là, et non parmi les immigrés, qu’ils faut chercher les véritables victimes de la fracture sociale.
Dans les métropoles, observe le géographe, « une jeunesse populaire" issue de l’immigration " côtoie une jeunesse bourgeoise " issue de la gentrification ". Dans ces grandes villes, les aspirations de la jeunesse issue de la gentrification, souvent acquise aux bienfaits de la mondialisation et réceptive aux partis de gauche, ne se confondent pas avec les demandes de la jeunesse populaire des banlieues généralement abstentionnistes. »
Mais il existe aussi une jeunesse hors des dites métropoles : « Parallèlement, dans l’ensemble des espaces périurbains, ruraux et industriels, une jeunesse populaire a vu ses effectifs augmenter au rythme de la recomposition sociale des territoires et notamment du redéploiement des catégories populaires. La majorité de la jeunesse populaire vit dans ces espaces. C’est ici, dans cette jeunesse-là que les intentions de vote pour Marine Le Pen sont susceptibles d’être les plus élevées. Sur ces territoires les plus touchés par les plans sociaux, la jeunesse, souvent issue de milieu populaire, vit concrètement les effets négatifs des choix économiques et sociétaux des grands partis depuis 20 ans. » Et le résultat du sondage « montre que la question identitaire " travaille " désormais l’ensemble de la jeunesse populaire. »
Cette jeunesse française, que les politiques ont travaillé à dépouiller de son identité et de son héritage collectif, se tourne aujourd’hui vers ceux qui lui propose de les lui restituer. Vraiment, quelle surprise !

Novopress
03/01/2011 – 10h00
Paris (NOVOpress) – L’Etat a besoin d’argent et il s’attaque de nouveau à une cible facile : les automobilistes. Ainsi, plusieurs sanctions beaucoup plus sévères rentreront en vigueur très prochainement :
- L’amende pour téléphone au volant passera ainsi de 35 à 135 euros, et fera perdre trois points sur le permis de conduire.
- Les avertisseurs de radars ne devront plus contenir de données concernant le signalement des radars et sont rebaptisés logiciels d’aide à la conduite. Là encore, les forces de l’ordre auront un arsenal beaucoup plus répressif pour veiller au respect du nouveau décret : 1 500 euros d’amende et six points de retrait sur le permis.
- L’amende pour visionnage de film au volant passera de 135 à 1 500 euros. Cette infraction occasionnera également le retrait de deux à trois points avec saisie de l’appareil.
- 135 euros d’amende en cas de circulation sur la bande d’arrêt d’urgence contre 35 euros auparavant
Le Figaro de ce lundi indique qu’un décret actant l’entrée en vigueur de ces mesures sera publié dès cette semaine au journal officiel.
Le texte prévoit également le développement des éthylotests antidémarrage et on peut déjà imaginer un nouveau décret à venir les rendant obligatoires.
Derrière l’objectif du début du quinquennat de Nicolas Sarkozy qui était de passer sous la barre des 3 000 morts sur les routes d’ici à 2012 on sent également que l’Etat cherche à trouver des “niches” susceptibles de remplir les caisses assez facilement. La stigmatisation permanente des usagers de la route pourrait néanmoins peser dans la balance électorale à venir, les lobbys de la sécurité routière ne semblant pas en mesure de convaincre l’électorat du bienfondé de leurs pressions permanentes visant à criminaliser les automobilistes notamment.

FN
Communiqué de presse de Julien Rochedy, Président des Jeunes avec Marine du 03/01/2012
Nous apprenons que l’ancien ministre et ex-sénateur UMP de l’Ardèche Henri Torre a refusé sa Légion d’Honneur, arguant que celle-ci était désormais donnée à n’importe qui, à beaucoup de gens qui ne la méritent pas. Il a aussi précisé qu’il n’avait plus confiance en ceux qui dirigent la France actuellement.
Nous voulons saluer le caractère d’Henri Torre, car c’est son honneur et son indignation qui ont commandé sa décision. Nous regrettons cependant que nous en soyons arrivés là, à un point où l’honneur, noble sentiment, demande aujourd’hui de refuser une médaille qui devait originellement le couronner.
La chute de la Nation, voulue par ceux qui la gouvernent depuis des décennies, se vérifie décidément partout. Napoléon a créé la Légion d’Honneur pour récompenser les méritants, elle est aujourd’hui avant tout donné par copinage et sans égard particulier pour l’honneur et le mérite. Marine Le Pen, si elle était élue Présidente de la République, en reviendrait immédiatement à ces fondamentaux essentiels.
JDD
Alain Juppé n'a pas hésité à abandonner la prudence habituelle des diplomates, mardi, pour qualifier la situation en Hongrie. Alors que le pays, dirigé par le conservateur Viktor Orban, vient d'adopter une réforme constitutionnelle radicale et très contestée, le ministre français des Affaires étrangères a affirmé sur i>Télé qu'"il y a un problème aujourd'hui" en Hongrie. Une déclaration qui a fait bondir Budapest.
Au coeur du "problème", la nouvelle loi fondamentale entrée en vigueur le 1er janvier. Les réformes menées par Viktor Orban ont ainsi conduit notamment à l'abandon de l'appellation "République" pour qualifier la Hongrie. Le texte vise aussi directement l'opposition, dont elle rend les dirigeants "responsables des crimes communistes" commis avant 1989. Il instaure également une réforme de la loi électorale et du système de nomination des responsables de l'appareil d'Etat, qui va permettre au Premier ministre d'étendre son pouvoir. Ce texte s'immisce également dans les questions de société, par exemple en interdisant le mariage homosexuel.
Budapest froissé
Selon Alain Juppé, "il appartient à la Commission européenne de vérifier que ces nouveaux textes constitutionnels respectent ce qui fait le bien commun de tous les pays de l'Union européenne, c'est-à-dire l'Etat de droit et le respect des grandes valeurs démocratiques". De quoi agacer le gouvernement de Viktor Orban, qui a répliqué sèchement. "La déclaration du ministre des Affaires étrangères français ne correspond pas aux liens traditionnellement amicaux entre les deux pays, et ne correspond pas non plus au processus de consultations qui existe entre nos pays", estime dans un communiqué le ministère hongrois des Affaires étrangères, qui assure également être "en consultation permanente avec les institutions européennes" sur le sujets des réformes constitutionnelles.
Budapest est néanmoins en difficulté avec Bruxelles, mais pas en raison d'éventuelles atteintes aux Droits de l'Homme. C'est sur la question économique et financière que les tensions sont les plus fortes, la Hongrie ayant également réformé le statut de sa banque centrale, que la nouvelle constitution prévoit moins indépendante.
Pourtant, ce sont bien les risques pour la démocratie qui inquiètent certains hongrois. Lundi, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans la capitale. Ils étaient entre 70.000 et 100.000, réunis à l'appel de la gauche et des écologistes. Mais, si le mouvement est d'une ampleur sans précédent, il ne change pour l'heure rien à la domination du Fidesz, le parti de Viktor Orban. Depuis la déroute des socialistes en 2010, il dispose d'une majorité absolue des deux-tiers à la chambre basse du Parlement.
leJDD.fr avec AFP le 03/01/2012

L'Est républicain
Par Eric Daviatte le 03/01/2012
Dans la nuit de lundi à mardi, pas moins de onze installations Decaux ont été dégradées, soit deux abribus et neuf sucettes. Une nouvelle fois, la ville est confrontée au problème, avenue Siffert, pont de la République ou ailleurs.
On s’en souvient : l’année 2010 avait été particulièrement dure pour la société Decaux dans la capitale comtoise, avec près de 400 dégradations. Un phénomène jugé unique en France. « En 2011, nous avons comptabilisé 105 dégradations », explique Daniel Mourot, directeur de la voirie. « 68 ont concerné des abribus. » Les actes de vandalisme ne sont pas constants. « Nous n’avons constaté que deux dégradations en mai contre 28 en décembre. »
Pour l’heure, difficile de savoir quels sont les auteurs de telles infractions. Le directeur de la voirie y voit l’expression de militants anti-pub.
À noter que toute dégradation doit être réparée par l’entreprise Decaux qui gère le parc de mobilier urbain dans le cadre d’une convention d’occupation du domaine public avec la ville. « Les installations sont réparées dans les 24 ou 48 heures », conclut Daniel Mourot. « Sauf quand il y a vraiment beaucoup d’actes de vandalisme. Cela entraîne des ruptures de stock… »
Communiqué de Presse de Gaël Nofri, Conseiller aux Services Publics de Marine Le Pen, Chargé de mission pour le rassemblement des Souverainistes et des Gaullistes du 03/01/2012
L’affaire Seafrance témoigne une fois encore du très grand amateurisme qui caractérise la gestion actuelle des affaires par l’actuelle Majorité.
En effet, après avoir dénoncé avec des termes des plus inappropriés et insultants la tentative de reprise de l’entreprise par ses salariés, le Gouvernement vient d’annoncer qu’il soutiendra ce même plan. Si les considérations électoralistes ne sont sans doute pas étrangères à ce revirement de dernière minute, chacun peut néanmoins être satisfait d’un dénouement favorable aux 880 salariés menacés.
Pourtant, une fois encore, le Gouvernement Français se ridiculise de façon grotesque dans l’élaboration de montages financiers coûteux, complexes et hasardeux du fait d’une réglementation européenne injuste ; un montage qui pourrait mettre en danger la survie même du projet. Une fois encore, la perte de Souveraineté consentie par notre pays aux instances bruxelloises risque d’avoir des conséquences plus que tragiques pour l’emploi des Français et demeure une entrave intolérable à l’action de l’Etat.
Cette affaire prouve aux Français, s’il en était encore besoin, combien il ne peut y avoir de politique cohérente et efficace qui ne passe par une reconquête de notre indépendance.
Le Parisien
Un homme en scooter a été renversé dans la nuit de dimanche à lundi à Parispar un chauffard ivre qui, en prenant la fuite, l'a traîné sous sa voiture sur plus d'un km, avant d'être d'interpellé quelques heures plus tard. La victime, âgée de 20 ans, souffre d'une ITT (Interruption de temps de travail) de plus de trois mois et risque d'être amputée d'un bras.
L'accident s'est produit lundi, vers 4 heures du matin, à la hauteur de la porte de Montreuil (XXe). Le conducteur d'une Audi A3 n'a pas respecté un feu rouge de signalisation et percuté un homme roulant à scooter. En voulant se dégager pour repartir, le chauffard «coince la victime sous sa voiture» et va le traîner sur le bitume «sur 1,4 km», avant de l'abandonner porte de Bagnolet. Le victime a été secourue par un témoin qui a relevé l'immatriculation de la voiture.
Une équipe de la Bac (brigade anti-criminalité) de Seine-Saint-Denis a repéré le chauffard et l'a suivi jusqu'à son domicile à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Les policiers ont attendu 6 heures du matin pour l'interpeller chez lui. Placé en garde à vue, son alcoolémie s'est révélée positive. Il devrait être déféré devant la justice mardi dans la soirée.
LeParisien.fr
le 03/01/2012

Europe Maxima
Par Georges Feltin-Tracol le 01/01/2012
Il ne fait guère de doute que 2012 sera une année décisive. Non pas parce qu’elle marquerait la « fin du monde » selon une prédiction du calendrier maya, mais plus sûrement parce que cette année connaîtra des élections présidentielles en Chine, aux États-Unis, en Russie, au Venezuela, au Mexique et en France. Du fait de ces échéances cruciales et des effets durables d’une crise économique féroce, l’hyperclasse se montre attentive à l’évolution politique de ces pays, Hexagone compris…
L’« hyperclasse » : un ensemble composite
Désignée d’abord par Christopher Lasch en tant que « Nouvelle Classe » (1), puis définie comme une « Oligarchie » transnationale, l’hyperclasse est un ensemble mondialiste fortuné, richissime même, qui veut imposer sa domination sur les États au moyen des médias, des marchés et de la dette souveraine (bel oxymore !). Rapportant les conclusions d’une étude de trois chercheurs suisses mise en ligne sur Plos One, Emmanuel Ratier évoque dans son excellente lettre confidentielle « une “ super-entité économique dans le réseau global des grandes sociétés ” […]. Sur ces 147 firmes, les trois quarts appartiennent au secteur financier. Il existe donc un véritable “ syndicat caché ”, un “ État profond ” de la finance apatride et cosmopolite, qui contrôle l’essentiel de l’économie […]. Les liens entre ces dirigeants, ces “ traders ” vedettes et les gouvernements font qu’il s’agit d’un petit milieu très étroit, où les modes, les erreurs, les alliances font qu’une seule décision (en particulier une mésestimation ou une erreur) peut avoir des conséquences colossales sur l’ensemble du système (2) ». Dans L’oligarchie au pouvoir, Yvan Blot examine son pendant hexagonal qui « comporte les dirigeants des intérêts économiques les plus divers, grand patronat, grands syndicats, associations diverses souvent prétendument à but non lucratif mais à activités souvent affairistes, lobbies ethniques poussant leurs avantages, etc. Ce socle est très important car il sert souvent de base financière aux autres parties de l’oligarchie (3) ». Il y intègre aussi sous ce terme générique la « caste » médiatique, les « autorités morales », les politiciens et les appareils bureaucratiques.
Unie par des valeurs communes, les mêmes codes culturels et des endroits identiques (Davos), l’hyperclasse n’en demeure pas moins un groupe hétérogène parcouru par des antagonismes parfois vifs en raison des sensibilités nationales, des contentieux économiques, des inimités personnelles. Nul n’ignore que deux des plus grandes fortunes françaises, François Pinault et Bernard Arnault, ne s’apprécient guère… « On croit que le libre-échange globalisé a engendré une oligarchie transnationale, prévient Emmanuel Todd. Parce qu’on fait abstraction des facteurs culturels, on ne voit pas qu’il existe plusieurs oligarchies dont les relations sont structurées par d’implacables rapports de forces. La spécificité de l’oligarchie française, c’est sa proximité avec la haute administration. Les membres ont souvent étudiés dans de grandes écoles – sans forcément être des héritiers -, parlent en général très mal l’anglais, sont incroyablement français dans leurs mœurs et n’en finissent pas de se faire rouler par les vrais patrons, l’oligarchie américaine. La soumission à Standard & Poor’s et Moody’s est une soumission à l’oligarchie américaine. Quant à l’oligarchie allemande, nouvelle venue dans le système de domination, elle s’habitue ces jours-ci à traiter les Français comme de simples vassaux. Le charme singulier de l’oligarchie chinoise est son étroite intrication avec le Parti communiste. La plupart des analystes passent à côté de cette hétérogénéité (4). »
L’hyperclasse, pour le moins la part qui s’intéresse à l’Europe, s’inquiète de la montée du « populisme », en particulier en France, vieille terre de jacqueries, d’émeutes et de révolutions. Elle craint qu’une éventuelle vague populiste n’affecte durablement son ascendance. Elle s’emploie à conjurer ce risque en s’assurant d’une maîtrise certaine des événements. Longtemps, son champion à la course élyséenne destiné à remplacer l’actuel locataire déconsidéré et dévalorisé, fut Dominique Strauss-Kahn. Au printemps 2011, quelques sondages mettaient Marine Le Pen en tête du premier tour. Cette véritable manœuvre de guerre « psychologique et médiatique » prévoyait d’écarter du second tour Nicolas Sarközy et d’assurer ainsi une large victoire « républicaine » et pseudo-consensuelle à D.S.K. Cependant, un regrettable événement hôtelier survenu à New York ruina la belle mécanique. Dépitée et résignée, la « ploutocratie » a réparti son soutien entre Sarközy, François Hollande et François Bayrou qui assume sans complexes sa foi envers la présente politogénèse européenne mondialiste.
Dans Le Point, Emmanuel Todd relève que « l’oligarchie se comporte comme une classe sociale, mais en même temps on sent en elle de l’irrationalité et même un vent de folie collective (5) ». Il estime par ailleurs que « le monde de l’oligarchie est un monde de pouvoir et de complots (6) ». Sans verser dans le délire conspirationniste, on peut néanmoins supposer qu’une faction de l’hyperclasse, redoutant un déchaînement incontrôlable de colères populaires suite aux méfaits de la crise, choisirait par défaut… Marine Le Pen !
La ploutocratie contre les élections
Soyons précis. La présidente du Front national n’est pas la candidate de l’hyperclasse, mais il est envisageable qu’une tendance, minoritaire, des « élites mondialisées » parie sur son hypothétique élection dans le dessein machiavélique de montrer aux peuples récalcitrants, aux Français d’abord, qu’il n’y a aucune alternative possible hors de la voie qu’elles ont préparée.
Certes, la plus grande majorité des oligarques espèrent un second tour entre François Hollande et Nicolas Sarközy. Toutefois, le grain de sable n’est pas à exclure. Les électeurs français réfractaires aux injonctions médiatiques risqueraient de bouleverser le bel ordonnancement prévu, ce que les « pseudo-élites » détestent. Pour éviter toute perspective de nouveau « 21 avril 2002 » (à l’endroit ou à l’envers, peu importe), le plus simple serait d’empêcher la candidature de Marine Le Pen, perçue comme l’avocat radical du « petit peuple ». On sait que Jean-Marie Le Pen a toujours eu de très grandes difficultés pour récolter les cinq cents parrainages obligatoires. L’intercommunalité, le poids financier du département et de la région, l’influence de la partitocratie et le rôle délétère des médias mettent une incroyable pression sur les maires des communes rurales et des petits bourgs urbains. Incapable de réunir les signatures nécessaires, Marine Le Pen ne pourrait pas postuler à la magistrature suprême sans que les règles démocratiques ne soient formellement violées. Autre supposition : Marine Le Pen parvient à rassembler les parrainages indispensables. Sa candidature est cependant invalidée par le Conseil constitutionnel. Les hiérarques du Palais royal reviendraient sur leur jurisprudence de 1974 quand leurs prédécesseurs entérinèrent après débat la candidature du royaliste de gauche Bertrand Renouvin. Ils se justifieraient au nom du respect des traités européens et de l’abolition constitutionnelle de la peine de mort alors que Marine Le Pen prône la sortie de l’euro et propose un référendum sur le rétablissement de la peine capitale. Une décision pareille provoquerait en retour le mécontentement des électeurs et, peut-être, le début d’un « printemps tricolore » en écho aux révolutions arabes de 2011…
Si ces entraves ne se produisent pas, une infime minorité de l’hyperclasse estime vraisemblable que Marine Le Pen arrive au soir du 22 avril 2012 première ou seconde, puis remporte – à la surprise générale – l’élection. Mieux, dans la foulée et dans la logique institutionnelle de la Ve République, une nouvelle majorité présidentielle – frontiste ou lepéniste – gagnerait une confortable majorité à l’Assemblée nationale. Commencerait alors le subtil et pernicieux travail d’étouffement des oligarques.
En effet, quand bien même une large majorité de députés suivrait la nouvelle présidente de la République, celle-ci se retrouverait cernée. Au-dessus d’elle la surplomberaient des « surveillants supranationaux » : l’O.N.U., l’O.M.C., l’O.T.A.N., l’Union européenne, la Cour européenne des droits de l’homme et le Conseil constitutionnel. Son gouvernement devrait composer avec un Sénat de gauche, la totalité des collectivités territoriales aux mains de l’opposition U.M.P.S. et l’hostilité des syndicats, de la magistrature et du Conseil d’État. Le pays serait en proie à des grèves générales pénalisantes pour la population. Par ailleurs, tout le système médiatique contesterait les moindres faits et gestes des membres de la nouvelle majorité (la campagne de presse contre les vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie passerait alors pour une aimable réprimande…) et pratiquerait une large désinformation contre le pouvoir. Enfin, la haute-administration, gangrenée par des réseaux enchevêtrés d’intérêts catégoriels discrets, freinerait, retarderait, bloquerait les décisions précises au point de gripper l’appareil d’État. Dans les ministères, ce sont les fonctionnaires qui dirigent, pas les ministres. Yves Blot mentionne une anecdote révélatrice quand il était député R.P.R. du Pas-de-Calais lors de la Ire Cohabitation (1986 – 1988). Invité avec d’autres collègues de la majorité au ministère du Budget détenu par Alain Juppé pour suggérer des réformes, « on fait le tour de table et Juppé se tourne vers son conseiller fiscal, un haut fonctionnaire venant de la direction générale des impôts du ministère des Finances. “ Alors ? Que pouvons-nous réformer ? ” Réponse : “ Rien, Monsieur le Ministre. Toutes les propositions des députés sont en contradiction avec la doctrine de la direction ”. Là-dessus Juppé nous quitte et lance à son conseiller : “ Réfléchissez, vous changerez peut-être d’avis pour faire certaine réforme ”. Réponse du conseiller : “ Certainement pas, Monsieur le MInistre ! ” Je vais voir Juppé et je lui dis : “ Ton conseiller est arrogant ! Tu ne vas pas le suivre ? ” “ Écoute, me répond-il : tu connais l’administration. Si je ne lui obéis pas, je ne contrôlerai plus aucune manette dans ce ministère ! ” (7) ». En 1995, Alain Madelin dut batailler ferme pour enfin savoir la rémunération des responsables des services de Bercy ! On les lui remit avec maintes précautions sur du papier spécial non photocopiable…
Médias, fonctionnaires, juges, syndicats et politiciens profiteraient de cette chienlit pour dénoncer l’incompétence et l’amateurisme des nouveaux dirigeants. Des pénuries de carburant, d’énergie, de produits de première nécessité surgiraient alors. Des violences (émeutes dans les banlieues, sécession de certaines collectivités au nom de l’« anti-fascisme » réactivé), fomentées par des officines clandestines spécialisées liées à des services spéciaux étrangers (étatsuniens, britanniques, allemands, algériens, chinois, israéliens…), plongeraient la France dans une subversion généralisée. Au bout de quelques mois ou années (mais pas cinq ans !), Marine Le Pen, désavouée, se verrait obligée de démissionner.
Un pari oligarque risqué
Une dernière hypothèse serait aussi plausible. Supputant sur le pragmatisme intéressé et l’attrait des palais officiels, l’Oligarchie pourrait tabler sur les précédents péruviens d’Alberto Fujimori entre 1990 et 2000 et d’Ollanta Humala en 2011, ou équatorien de Lucio Gutierrez en 2002 – 2005 et espérer un ralliement – contraint et forcé ? – de la nouvelle élue au Diktat du F.M.I., de la Banque mondiale et de l’hyperclasse. Il en résulterait un immense désarroi des Français et une grande désaffection au profit de l’abstention, neutralisant ainsi des suffrages potentiellement contestataires.
Ravie par cette élection, génératrice de désordres, et le travail de sape inhérent, l’hyperclasse pourrait favoriser un gouvernement de techniciens et d’« union républicaine » comme en Grèce avec Lukas Papadémos et en Italie avec Mario Monti. François Fillon, Martine Aubry ou même Jean-Claude Trichet s’installerait à l’Élysée ou à Matignon. L’hypothèse populiste française serait enfin levée pour le plus grand bonheur des ploutocrates et le grand malheur des Français désespérés.
Mais ces circonstances dramatiques peuvent au contraire renforcer la ténacité de l’équipe dirigeante. Détentrice de la légitimité et seule capable de déterminer la situation d’exception, elle pourrait contrarier leurs projets par le recours à l’article 16 de la Constitution de 1958 ou la réalisation d’un coup d’État. La France n’est pas une terre de putschs. Seuls ceux organisés par l’exécutif ou des membres éminents de l’exécutif ont été des succès : Maupeou sous Louis XV en 1771, Napoléon Bonaparte les 18 et 19 brumaire an VIII, le Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851. Avalisé ensuite par une consultation populaire, le coup de force salutaire serait une prompte réponse aux menées oligarchiques. Quant aux pressions extérieures, la France dispose encore du droit de veto au Conseil de sécurité de l’O.N.U. et de la force nucléaire…
Tous ces scenari appartiennent pour l’instant à de la politique-fiction. Rien ne présume que la France s’achemine à quatre mois de l’échéance présidentielle vers les tempêtes ainsi décrites. Tout annonce plutôt un duel Sarközy – Hollande. N’oublions pas toutefois que les présidentielles françaises ont toujours été propices à l’inattendu.
Notes
1 : En lançant cette expression de « Nouvelle Classe », Christopher Lasch avait peut-être à l’esprit les écrits dissidents du Yougoslave Milovan Djilas et du Soviétique Mikhaïl Voslenski qui disséquait la Nomenklatura communiste. L’hyperclasse est aujourd’hui la Nomenklatura de l’Occident mondialisé.
2 : Emmanuel Ratier, dans Faits & Documents, n° 327, du 15 décembre 2011 au 15 janvier 2012, p. 8.
3 : Yvan Blot, L’oligarchie au pouvoir, Paris, Économica, 2011, pp. 81 – 82.
4 : Emmanuel Todd, « Annulons la dette du Vieux Monde ! », entretien, Le Point, du 1er décembre 2011.
5 : Idem.
6 : Id.
7 : Yvan Blot, op. cit., p. 89.

Polémia
Par Claude Lorne le 03/12/2011
Alléluia ! Toute périlleuse qu’elle s’annonce, l’année 2012 a commencé sous les meilleurs auspices. Dans son allocution de la Saint-Sylvestre, le chef de l’Etat avait promis de nous « protéger », il a tenu parole. Le réveillon, dont on redoutait feu et flammes, a été d’une sérénité irénique. Du moins à en croire le ministre de l'Intérieur selon lequel la France a « passé le cap du Nouvel An dans le calme et sans incident notoire ». Claude Guéant se rengorge donc : « Seulement 251 interpellations ont été nécessaires contre 501 en 2011, 405 en 2010 et 288 en 2009 et « seuls huit membres des forces de l'ordre ont été blessés au cours de la nuit » – et encore, rassurons-nous, « légèrement ». Une peccadille par rapport aux soixante mille policiers, CRS et gendarmes déployés. Quant aux voitures brûlées (une quarantaine recensées par la presse locale à Mulhouse et à Strasbourg, une quinzaine à Creil, autant à Montpellier, dix-sept à Nice, dix à Caen, etc.), on n’en connaîtra pas le nombre total car, comme l’a indiqué le ministre, « aucun chiffre ne sera communiqué ». Non pas, comme les mauvais esprits pourraient l’imaginer, pour empêcher le bon peuple de connaître la vérité à quelques mois de la présidentielle (et des législatives où M. Guéant sera candidat à Boulogne-Billancourt, secteur de tout repos pour l’UMP) mais pour une raison très morale : il s’agit « d’éviter toute surenchère ou compétition entre villes » : une stratégie rappelant furieusement celle du mari cocu qui, ayant surpris Madame et son amant sur le canapé du salon, choisit… de vendre le canapé !
Cherchez l’intrus
Dormez donc, bonnes gens, M. Sarkozy vous protège cependant que prévalent « contre la crise rire, métissage et proximité ». Tel était en effet, sur deux pages, le gros titre du Journal du dimanche qui publiait le 1er janvier son palmarès annuel des « cinquante personnalités qui comptent le plus pour les Français » et qu’ils « trouvent les plus sympathiques ». En tête de ce « Top JDD » : la pléiade Yannick Noah, Zinedine Zidane, Omar Sy (la révélation sénégalaise du film Intouchables), l’inoxydable Simone Veil, le comique et comédien judéo-marocain Gad Elmaleh, l’acteur Jean Dujardin et le guignol Jamel Debbouze. Cherchez l’intrus : Dujardin, bien sûr !
Ce sondage a été réalisé par l’Ifop, dont la vice-présidente est toujours Mme Laurence Parisot, présidente du Medef et accessoirement signataire d’un (médiocre) pamphlet anti-Le Pen, Un piège bleu Marine (Calmann-Lévy éd.), d’ailleurs contesté par de nombreux patrons opposés au mélange des genres. Les questions ont-elles été bidonnées ou « l’échantillon représentatif de 1018 personnes âgées de 15 ans et plus » est-il en réalité fort peu représentatif du pays réel, les adolescents, qu’on sait particulièrement perméables à la propagande médiatico-scolaire, ayant été sondés de préférence afin d’obtenir le résultat voulu ? Ce résultat réjouit en tout cas le sociologue de gauche Jean Viard. Commentant dans le JDD ce « Top 50 » qui traduirait « un désir d’affection et de fraternité », il soutient qu’ « un projet politique qui s’appuierait sur ces figures symboliques pour construire un “nous” qui intègre la diversité ouvrirait des voies positives ».
Drôles de « symboles » !
Des figures symboliques, mais de quoi sinon de communautarismes antagonistes ? Ainsi l’octogénaire Simone Veil a-t-elle, en sa qualité de présidente honoraire de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, obtenu le 27 décembre du premier ministre François Fillon un don de 5 millions d’euros pour la restauration du camp d’Auschwitz-Birkenau dont la préservation exigerait la création d’un « fonds permanent de 120 millions d'euros » – nos compatriotes les plus nécessiteux apprécieront, de même que les petits retraités qui renoncent à se soigner depuis les restrictions imposées par une Sécurité sociale aux abois.
De son côté, interrogé en octobre dernier sur RTL où il se prétendait « toujours victime de racisme », Jamel Debbouze lançait un message incendiaire à destination des banlieues et des enfants d'immigrés en les incitant à « s'énerver » et à « suivre les modèles tunisien et égyptien » afin de « regagner leur liberté ». Le 22 août, le Marocain avait déjà menacé sur M6 de « changer de crèmerie » si par malheur Marine Le Pen était élue en mai prochain. Chiche !
Noah, humaniste mais ploutocrate
Quant à Yannick Noah, choisi comme « la personnalité préférée des Français pour la huitième fois consécutive » ainsi que s’en félicite le site communautaire plurielles.fr en précisant que « depuis la création de ce sondage biannuel en 1988, seuls l'Abbé Pierre (16 fois numéro un) et le commandant Cousteau (20 fois premier) ont réussi à faire mieux », il est le champion du double langage et du billard à trois bandes.
Interminablement interviewé dans L’Humanité du 16 septembre 2011 à l’occasion de la Fête de L’Huma dont il était la vedette, il déclarait ainsi que cette invitation constituait « vraiment la meilleure reconnaissance, la reconnaissance du peuple » et évoquait sa proximité idéologique avec Martin Luther King, Mandela et surtout la pasionaria noire américaine Angela Davis : « Une grande sœur. Ce sont des gens qui me stimulent, que j’admire. C’est cette image de cette femme qui lève le poing et qui est prête à affronter toute l’injustice… Qu’est-ce que l’on fait face à l’injustice ? » Et l’ancien tennisman, qui vit dans le luxe et l’encens des médias depuis sa victoire de Roland-Garros en 1983, d’ajouter, grandiloquent : « Si on parle de l’immigration, je suis en souffrance. D’autant plus en souffrance que je sais que c’est une injustice, que je sais que l’Afrique a été pillée, que le Noir a été pillé par le Blanc et maintenant que le Blanc n’en a plus besoin, il le rejette »… alors que devraient se prendre la main les « gens de toutes les couleurs, de toutes les classes sociales », des prolétaires aux nababs.
A cette dernière catégorie l’invité de L’Huma – qui, complice, n’évoquait évidemment pas cette particularité – appartient de plein droit. Quelques jours plus tôt, le Conseil constitutionnel avait en effet rejeté la Question prioritaire de constitutionnalité que Noah lui avait soumise après avoir été débouté par le tribunal administratif dans une sombre affaire d’évasion fiscale. Depuis maintenant quinze ans, Bercy poursuit en effet le Franco-Camerounais pour un redressement fiscal concernant ses seuls revenus de 1994-1995, revenus des plus confortables puisque, pour leur dissimulation, il doit régler la modique somme de 1.037.827 euros (ramenée à un peu plus de 580.000, selon son avocat) ! Mais cet homme de cœur, tout entier dévoué à l’humanité souffrante, ne s’y résigne pas. Il annonçait donc le 20 septembre vouloir se tourner vers la Cour d'appel administrative de Paris, et, si elle le déboute à son tour, vers le Conseil d’Etat. Car pour être chanteur, « le beau Yannick », qui célèbre la mémoire de Coluche et milite (sur scène et à la télévision) pour les Restos du cœur, n’en est pas moins plus fourmi que cigale. Donc très près de ses sous.
Et voilà les « personnalités symboliques » que, selon la presse Lagardère, idolâtreraient les Français, celles auxquelles ils s’identifieraient et dont la présence « aux Affaires » en lieu et place des politiques (les seuls nommés d’entre eux, Jacques Chirac, François Hollande et Nicolas Sarkozy, ne se classent respectivement qu’en 46e, 48e et 49e position) nous garantirait un avenir radieux. Si c’est vrai, nous sommes le peuple le plus bête du monde. Si c’est faux, il s’agit d’une monstrueuse manipulation visant à accélérer encore le complexe de culpabilité des Français et, par voie de conséquence, la substitution de population.