Marine Le Pen veut séduire les victimes du "descenseur social"
Marine Le Pen s'est directement adressée, dimanche lors d'un meeting à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), aux classes moyennes victimes du "descenseur social" et a élargi son discours protectionniste aux services, en plus de l'industrie. Évoquant de nouveau "les oubliés", les "invisibles", "ceux qui ne font pas la une des journaux", la présidente du FN a dressé le constat d'une société où l'"ascenseur social est en train de mourir", avec des "classes moyennes qui descendent, génération après génération". Ces classes moyennes, "trop riches pour être aidées, trop pauvres pour s'en sortir", Marine Le Pen a promis de les aider à "relever la tête" grâce au protectionnisme économique, mais aussi avec un "protectionnisme social", via la priorité nationale, nouveau nom de la préférence nationale. "Un signal très clair sera donné" aux entreprises : "Vous vendez en France, alors vous produisez en France", a-t-elle lancé, devant 1 000 à 1 500 sympathisants (1 500, selon le FN).
La candidate de la sortie de l'euro a notamment proposé de "taxer à 35 % l'industrie automobile qui ne réalise pas au moins la moitié de sa production sur le sol français", mais aussi les prestations de services délocalisées (centre d'appels téléphoniques au Maghreb ou en Inde). Marine Le Pen a fustigé la TVA sociale, de nouveau qualifiée de TVA "patronale", avant de lier coût du travail et immigration. Selon elle, en effet, "si le coût du travail est lourd en France, c'est parce que le chômage y est énorme (...) et que le système de protection sociale prend en charge toute la misère du monde au lieu d'être réservé aux Français".
La présidente du FN a conclu son discours en s'attardant sur le logement social. Là encore, elle a appelé à ce que "les Français", "quelles que soient leurs origines", soient "les premiers servis dans leur pays". Elle a aussi prôné un audit sur "les conditions d'occupation actuelles" des logements sociaux, une simplification des aides au logement et un "chèque premier logement", sous forme de crédit d'impôt aux jeunes accédant pour la première fois à la propriété.
lepoint.f le 08/01/2012

