De Wewer

TF1 actualités

Le leader indépendantiste flamand, Bart De Wever, vient de déclencher une nouvelle polémique en évoquant dimanche une "wallonisation" de la Belgique,une sortie jugée insultante voire raciste.

Dimanche, sur une chaîne de télévision flamande, Bart De Wever, le leader indépendatiste flamand, a plaidé pour des réformes économiques sur le modèle allemand, avant de mettre en garde contre une "wallonisation" de l'économie belge. Son parti, la N-VA, indépendantiste et de droite, est devenu le premier parti de Flandre, la région néerlandophone du nord de la Belgique. La Wallonie, région francophone située au sud, est dominée par les socialistes du Premier ministre Elio Di Rupo, que Bart De Wever accuse d'enfoncer le pays dans la crise à coup de dépenses mal maîtrisées.

Alors que les plans sociaux se multiplient dans le pays, notamment en Flandre avec l'annonce par le constructeur automobile américain Ford de la fermeture de son usine de Genk, qui entraînerait la suppression de 4.300 emplois directs, Bart De Wever en a fait porter la responsabilité à la politique du gouvernement. Il a expliqué qu'il voulait en finir avec "des dépenses publiques sans cesse plus importantes, des actions syndicales de plus en plus dures, une atmosphère négative vis-à-vis des entrepreneurs et un nombre toujours plus grand de personnes dépendant d'allocations".

"Les Wallons d'aujourd'hui semblent être les Juifs d'hier"

Depuis, les réactions pleuvent. Un des premiers à s'insurger a été un Flamand, ancien leader syndical. "Cela a assez duré", a lancé Jos Digneffe en dénonçant un "semeur de haine". Selon lui, "un grand leader mû par des principes racistes s'est levé. Les Wallons d'aujourd'hui semblent être les Juifs d'hier". Le président du PS flamand, Bruno Tobback, a dénoncé des propos "insultants et injustes". A droite, la ministre libérale de la Justice, Annemie Turtelboom, a affirmé qu'il fallait "chercher des solutions, pas un coupable".

Logiquement, l'attaque de M. De Wever suscite aussi la colère des francophones. Le ministre-président de la Région wallonne, le socialiste Rudy Demotte, a dénoncé le comportement de "pompier pyromane" du leader flamand. Même le patron des patrons wallons, Vincent Reuter, a critiqué son "mépris". J'attends toujours "qu'il réalise quelque chose de concret dans sa vie politique", a-t-il ajouté.

Bart De Wever vise les législatives

Bart De Wever avait été le principal responsable du blocage après les élections législatives de 2010, provoquant une crise politique sans précédent de plus de 500 jours pour la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale. La déclaration de Bart De Wever intervient également au moment où il mène des discussions difficiles pour trouver une majorité pour diriger Anvers, après sa victoire aux municipales du 14 octobre dans la deuxième ville du pays.

Fort de son succès à Anvers et de son ancrage dans le reste de la Flandre, il vise les législatives prévues en 2014, qui seront décisives pour l'avenir du pays. Dès le 14 octobre, il avait lancé un appel au Premier ministre Elio Di Rupo pour qu'il négocie une réforme de l'Etat ouvrant la voie à une confédération avec une autonomie encore plus large aux régions.

http://lci.tf1.fr le 30/10/2012