Tribunal de Mulhouse

L'Alsace

Par S.H. le 01/12/2012

L’affaire, qui a été jugée hier en comparution immédiate au tribunal de grande instance de Mulhouse, avait, pour la présidente Claire Fermaut, un air de mauvaises retrouvailles. « Vous faites une carrière en parallèle des magistrats du tribunal, avec cette 37 e condamnation. Depuis 1988, vous ne vous êtes jamais arrêté », lance-t-elle au prévenu.

L’homme, Abdel Hadi Boukhenini, se présente à la barre, la tête basse et le regard fuyant. Et l’intitulé en dit long sur les faits qui se sont déroulés le 20 novembre dernier : cambriolage chez un particulier, port d’une arme catégorie 6 (une bombe lacrymogène), outrages et menaces de mort sur des policiers. « Vous aviez été convoqué la semaine dernière, mais il a fallu reporter après votre transfert aux urgences. On vous a convoqué ce matin, alors que vous êtes déjà détenu pour des faits similaires », fait remarquer la présidente qui rappelle que le prévenu était sorti de prison le 24 février dernier, avant d’y retourner dès le 20 juin pour des faits similaires.

Pour fumer un joint, dans un coin tranquille

Le 20 novembre dernier, un habitant près du parc Steinbach, à Mulhouse, est étonné de voir de la lumière dans l’habitacle de sa voiture, garée dans une cour privée fermée. Il alerte la police et descend sur place. « Le véhicule est prêt à sortir et vous êtes au volant », relate la présidente. Surpris, Abdel Hadi Boukhenini s’enfuit et laisse dans le véhicule son portable, croyant qu’il s’agissait de la télécommande du parking. Le propriétaire du véhicule s’aperçoit alors que sa veste et un sac ont disparu avec tous ses papiers. Peu après, les policiers interpellent le voleur, alors qu’il allait manger… une soupe. À la barre, il avoue les faits, à voix basse.

« À la base, je ne voulais pas faire tout cela, je voulais juste fumer un joint dans un coin tranquille. » Il explique alors qu’il voit une porte entrebâillée, rentre dans l’appartement, prend la veste, repère des clés dans la poche. « Je voulais juste prendre la voiture pour voir un peu plus loin ce qu’il y avait dans la veste et le sac. Je veux m’excuser auprès de la victime. » Selon lui, l’arrestation s’est mal passée. Il menace les deux gardiens et les injurie.

Pour sa défense, M e David Patry avoue son impuissance : « C’est quelqu’un de connu avec de multiples récidives pour des pratiques toujours identiques. Je n’arrive pas à comprendre le pourquoi de ces agissements. » Le parquet requiert deux ans de prison plus un an pour non-respect du contrôle judiciaire, avec mandat de dépôt, sans interruption de détention. Abdel Hadi Boukhenini est condamné à trois ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt. Les gardiens toucheront respectivement 200 € et 150 € de dommages et intérêts.