Marine LorphelinL'auteur ou les auteurs de cet article n'est en rien membre du FN ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique et il ne partage pas forcément les idées défendues ici

Boulevard Voltaire

Par Joris Karl le 11/12/2012

Ça ne pouvait pas durer, je m’en doutais ! En visionnant la cérémonie de Miss France en « replay » dimanche soir, je sentais bien que ça ne tournait pas rond. Déjà, la présence du pote de Le Pen, Alain Delon, annonçait une soirée des plus rances pour les bobos haineux. Alain commençait fort en matraquant ferme le père Foucault qui n’en finissait pas de bavasser : « Bon ça y est, je peux commencer ?! » Pour en rajouter, quand il présenta la nageuse Camille Muffat, membre du jury, il déclara qu’elle avait fait honneur à la « France » en insistant sur ce mot.

Et puis ce fut la présentation de ces très belles françaises une à une. L’horreur ! Un défilé de beautés conservatrices, polies et élégantes, froides sirènes aux regards nationaux. Une bonne partie d’entre elles posait sur fond de vestiges médiévaux ou dans nos paysages sublimes. On revivait la grande France, une leçon d’Empire qui remplissait nos yeux rêveurs. Les forêts de Guyane, les cieux du Nord, les merveilles de la Réunion ou la magie de la Corse.

Il y avait la jolie dame de la région Centre et ses yeux mélusine, Graziella la savoyarde incendiaire ou encore le diamant océan venu de Tahiti. Et puis, il y eut Marine Lorphelin, ce brin de femme bien de chez nous, qui apparut soudain au pied de la Roche de Solutré !

Le Journal de Saône et Loire, le quotidien de sa région natale, avait osé, dans son édition de samedi, un titre des plus provocateurs : « Votez Marine ! » Rien que ce prénom… Et en plus, les cons, ils ont osé voter Marine !

Je vous avais dit que je ne sentais pas cette cérémonie. Trop françaises toutes ces princesses d’un soir. Trop rétro ces robes, trop vieille France ces circonvolutions ampoulées suintant les années 50.

Et bien voilà, enfin ça explose : on a ce lundi les premières réactions de nos racistes de service qui trouvent que le concours a été trop blanc à leur goût. Pour le président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France), Louis-Georges Tin et son compère Fred Royer, créateur du concours « Miss Black France » :

"Un pareil manque de représentativité de la population française contemporaine lors d’un tel événement est grave. Il s’agit d’une véritable négation de l’existence des Français d’origine africaine, qui disparaissent le temps d’une soirée de notre territoire."

Toute honte bue, ils poursuivent sur le site Slate.fr dans une tribune intitulée « Miss France, Miss White France » : pour eux, « Dans le monde désuet, voire parallèle, de Miss France, les Noirs ne peuvent apparemment venir que des départements tellement exotiques d’Outre-Mer. Quant aux Français originaires du Maghreb, ils étaient « représentés » par une seule candidate, vite éliminée. Peut-être était-elle trop musulmane ? »

Cette France « trop blanche », trop rétro, ces gens-là la détestent tellement qu’ils ne peuvent s’empêcher de la vomir dès qu’elle pointe timidement le bout de son nez.

Désolé messieurs, elle n’est pas encore morte !