Cyrano-de-Bergerac

Chers patriotes, l’auriez-vous cru après tant de mépris pour l’opinion du bon peuple ? Au Palais et à Matignon, le pouvoir s’est ému lorsque la sourde révolte contre l’accroissement sans fin de la fiscalité a fini par s’épancher sur les voies rapides de Bretagne.

La colère grondait depuis longtemps déjà, mais l’écotaxe, cet écot qui n’avait vraiment rien d’éco-logique, mais qui devait servir à améliorer l’état de nos voies nationales et départementales, a joué le rôle du détonateur. « De portiques que nenni ma foi !», et la Bretagne s’est soulevée.

Dans la situation économique désastreuse où nous a conduit la politique gouvernementale, agriculteurs, conducteurs de camions, salariés licenciés et même patrons de PME, tous solidaires face aux difficultés grandissantes  de leurs activités et au désarroi du chômage qui rode et qui frappe même les plus courageux,  se sont dressés ensemble. Ils se sont heurtés avec violence à la « garde prétorienne » des CRS. Ce fut une « manif pour tous »… mais « à la bretonne », le désespoir des Bretons justifiant cette révolte contrastant avec les manifestations paisibles et bon enfant de la coordination contre la Loi Taubira. Ce ne fut qu’une révolte régionale mais les réseaux sociaux et les médias l’ont diffusé au plan national.

Halte- là ! s’est écriée la garde rapprochée de Matignon, il y a grand danger !

Si les patriotes d’autres régions se joignent au mouvement, la maison prend feu ! Alors que le souverain était en visite officielle sur les marches de l’Est de l’Europe, le Premier Ministre convoquait les élus bretons de l’UMPS, pour s’accorder avec eux sur l’art et la manière d’éteindre ce départ de feu… Où était donc passé la morgue du pouvoir face au million de manifestants paisibles qui s’élevaient contre la Loi Taubira ? Faut-il casser des portiques, incendier des voitures, bref se battre avec violence, pour faire comprendre au gouvernement que trop c’est trop ? Peut-être… en tout cas, de cette réunion au sommet avec les dignes représentants élus de la Bretagne, ne sortit qu’un lapin : « l’écotaxe est suspendue ». Pour combien de temps ? nul ne le sait… Car le pouvoir est retors…  « il ne renonce pas » devant la volonté du peuple,  « il temporise » en attendant des jours meilleurs.

Car – et là est tout le problème, chers patriotes -  il s’agit de combler les trous des budgets nationaux et départementaux. Or ce sont des trous récurrents, car la crise n’est pas finie : depuis le deuxième trimestre 2011, plus rien n’avance, les politiques mises en place, visant à redistribuer avant de produire, inventent sans arrêt de nouvelles mesures fiscales pour essayer de remplir les caisses, plutôt que de soutenir l’économie réelle et nos entreprises. Mais du fait de la stagnation économique, les recettes fiscales attendues ne sont jamais au rendez-vous (les économistes vous diront que « l’élasticité de la recette fiscale est inférieure à l’unité », quelle belle formule !). Vous l’aurez compris, le pouvoir se joue du bon peuple en proclamant le retour de la croissance : ne soyons pas dupes.

Par Cyrano le 01/11/2013

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