Loups FN

Samedi midi, aux côtés de Marine Le Pen, sa présidente, le patron départemental du Front National Robert Dubois se félicitait de la hausse du nombre de ses adhérents. Plus tôt dans la semaine, il se réjouissait du rajeunissement des adhérents frontistes.

Le meeting de samedi, à la salle Louis-Delluc de Bergerac, semble lui donner raison. Car de nombreux jeunes adultes, parfois des adolescents, étaient présents pour écouter et applaudir à tout rompre la patronne du Front National.

À l’image de ce groupe de jeunes qui, à leur arrivée sur la scène, se sont assis par terre, juste au pied du pupitre, et ont dégainé smartphones et appareils photos. « On voulait vraiment la voir en vrai », disent-ils en chœur.

Patriotisme

Un peu plus tard, à la sortie, ces trois jeunes gens répondent un peu gênés aux questions. Ils viennent de Bordeaux, « pour voir comment ça se passe », disent-ils du bout des lèvres. « C’est notre côté patriotique », lance l’un d’eux. Avant d’aller plus loin : « Elle a des idées intéressantes. C’est vrai qu’il n’y a pas que du positif, mais aujourd’hui, nous sommes déçus des instances qui nous gouvernent. Alors on veut que ça change. »

Jeune maman, Delphine dit être là « pour mes enfants ». « Parce que le vrai changement, c’est maintenant », assure-t-elle avec le sourire. « Avec Marine, on est dans le concret. Les véritables extrêmes, on les a eus avec les partis qui ont été en place avant. C’est extrême au niveau fiscal, social et de la justice. » Cette Bergeracoise dit être venue « pour écouter ce qu’elle a à dire ». Et repart en trouvant que « c’est intéressant ».

Promesses non tenues

À 24 ans, Guillaume a déjà voté Front National. Un livre signé par Marine Le Pen à la main, il n’est « pas déçu » par son « premier meeting politique ». Lui aussi fustige l’équipe gouvernementale au pouvoir. Qui, selon lui, « n’a aucune véritable préoccupation pour l’emploi et enchaîne les promesses non tenues ». Aujourd’hui, ce sont les petits boulots qu’il enchaîne, lui. La politique, il en parle avec ses amis. Ses convictions, il les assume. « Et beaucoup de personnes dans mon entourage pensent comme moi ».

Même cas de figure pour Bertrand, 29 ans, encore chamboulé d’avoir embrassé celle qu’il acclamait quelques minutes plus tôt. Il y a quatre mois, il a pris sa carte au Front national. Infirmier libéral à Périgueux, il regrette « que l’on stigmatise énormément l’électorat » de Marine Le Pen. « C’est un peu lourdingue », selon lui. Pour les prochains scrutins, il ne cache pas sa confiance. « Il y a une importante masse silencieuse qui va voter Front national. Je compte beaucoup de gens de mon entourage, de ma famille, qui adhèrent aussi aux idées du FN. » C’est en mars prochain que l’on saura, en Dordogne, si cette « masse » existe réellement.

Par Antoine Tinel le 11/11/2013

Sud-Ouest