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Le FN sera-t-il présent dans les rangs de la marche républicaine de dimanche? La présidente du parti, Marine Le Pen, avait fait part de sa volonté d'y participer, avant d'annoncer en fin d'après-midi avoir changé d'avis, actant le fait de ne pas avoir été conviée officiellement par Manuel Valls. De son côté, le premier ministre, qui a convié le président de l'UMP Nicolas Sarkozy au rassemblement, n'a pas encore tranché. Jeudi matin, il a seulement fait savoir qu' «il ne pouvait pas y avoir d'exclusion à l'unité nationale». Dans son entourage, on fait savoir qu'une réponse sera donnée «en temps voulu» sur l'invitation ou non du FN dans le cortège parisien dimanche.

Une réunion a été organisée en début d'après-midi à l'Assemblée, en présence de représentants de différents partis: le Parti socialiste, le Parti communiste français, Europe Écologie-Les Verts, le Mouvement républicain et citoyen, le Parti radical de Gauche, le Parti de gauche, l'UMP, l'UDI et le Modem. Selon plusieurs sources, les participants se sont mis d'accord sur une «marche républicaine et silencieuse» de tous les partis républicains. Mais le FN n'a pas été formellement convié. Cet appel devait être formalisé lors d'une nouvelle réunion à partir de 17h entre partis politiques, organisations syndicales et associations des droits de l'Homme, selon le PS et EELV.

La question fait débat à gauche

Au PS, la présence du FN fait débat. Olivier Faure, vice-président du groupe PS à l'Assemblée nationale et porte-parole du parti, a déclaré jeudi midi au «Talk» Orange-Le Figaro que Manuel Valls allait probablement inviter Marine Le Pen. «Je pense qu'il a prévu de le faire», a indiqué l'élu socialiste. «Toutes celles et ceux qui veulent se joindre au rassemblement doivent être présents», a-t-il estimé, appelant à une «France une et indivisible». Le député souhaite également voir François Hollande dans cette manifestation.

Interpellé sur Twitter sur ses propos, Oliver Faure a tenu à apporter une rectification.

Peu après cette interview, le socialiste Julien Dray, vice-président du Conseil régional d'Ile-de-France, a lui fait savoir qu'il y était clairement opposé. Le cofondateur de SOS-Racisme a considéré sur Twitter que le FN n'avait pas sa place à la manifestation de dimanche.

François Lamy, député PS de l'Essonne et organisateur de la marche républicaine côté PS, a lui seulement appelé les «partis républicains, qui ne stigmatisent pas et n'agitent pas les peurs» à organiser la marche de dimanche.
De son côté, Éric Coquerel secrétaire national du Parti de Gauche est catégorique: «C'est une manifestation citoyenne. Le FN ne peut pas y défiler», explique-t-il au Scan.
«Ils pensent à leurs petits mandats»

Des prises de position qui ont fortement agacé dans les rangs du FN. Qui annonce désormais son intention de ne pas se rendre au rassemblementNous envisagions d'y aller, mais nous n'irons pas», a indiqué Marine Le Pen sur iTélé. «Tout cela c'est une manière de tenter d'écarter le seul mouvement politique qui n'a aucune responsabilité dans la situation actuelle, ainsi que ses millions d'électeurs. Tous les autres partis sont morts de peur. Ils pensent à leurs petites élections et à leurs petits mandats», a commenté Marine Le Pen, dans une interview au Monde.

Sur Twitter, Wallerand de Saint-Just, trésorier du FN, s'en est violemment pris à Julien Dray, l'accusant d'être responsable de la fusillade au siège de Charlie Hebdo.

La députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen s'est elle aussi insurgée de voir son parti mis de côté. «C'est petit», a-t-elle réagi, . «Ce n'est pas un comportement digne d'un premier ministre et d'un président de la République

A l'UMP, plusieurs voix dénoncent l'exclusion du FN. A l'instar de François Fillon: «On ne peut pas parler d'unité nationale en excluant plusieurs millions de Français», indique-t-il. Ou de Nicolas Sarkozy, qui estime que «les Français qui veulent venir» doivent être présents. Sur Twitter, le secrétaire général de l'UMP Laurent Wauquiez a assuré que «tous nos compatriotes doivent être associés à ce moment d'unité nationale, malgré nos divergences».