Arabie Saoudite JO Londres

Une candidature commune avec Bahreïn aurait permis d'éviter la présence des femmes sur le sol du royaume saoudien mais le CIO s'est opposé fermement au projet.

Grâce aux résolutions de l'Agenda 2020 votées en décembre dernier, le Comité national olympique entrouvrait la possibilité pour deux pays voisins d'organiser les Jeux Olympiques. L'Arabie Saoudite a aussitôt saisi la perche tendue pour envisager la tenue de cet événement en compagnie d'un autre nation du Moyen-Orient, le Bahreïn.

Cette possibilité présentait l'avantage de permettre le partage des frais. Sauf que dans le cas du royaume saoudien, elle aurait un double emploi: permettre de diviser les athlètes par leur sexe. L'Arabie Saoudite organiserait ainsi les compétitions réservées aux hommes tandis que le Bahreïn, plus souple concernant la condition féminine, accueillerait les indésirables femmes.

«Nous pourrions l'envisager avec Bahreïn. Nous avons toujours entretenu une forme de coopération avec ce pays. Depuis le vote de l'Agenda 2020, nous pouvons envisager une candidature commune», a ainsi confirmé le Prince Fahad J. A. Al-Saud dans un entretien accordé au site francjeux.com. qui reconnaissait un peu plus tôt dans l'interview que les ambitions du pays dans l'organisation d'événements majeurs étaient confrontés à «certains freins culturels.»

«Le premier tient à la place de la femme dans le sport. Notre société peut se montrer très conservatrice. Elle accepte encore assez mal que les femmes fassent du sport de compétition, en natation notamment. Il n'est pas tellement admis, non plus, de porter une tenue de sport en public», explique le prince qui n'écarte toutefois pas un assouplissement de ces règles prochainement: «Cette année, nous devrions pouvoir avancer de façon significative sur la question de la femme dans le sport

Le CIO rejette cette idée

Le CIO a fait savoir qu'une telle organisation était impensable, rappelant que le principe de non-discrimination devait s'appliquer dans tout le pays. «Des pays comme l'Arabie Saoudite doivent travailler pour permettre aux femmes de participer librement. Il ne faut pas simplement évacuer les problèmes vers d'autres pays

Lors des Jeux Olympiques de 2012 à Londres, deux femmes avaient fait partie de la délégation saoudienne. Une nouvelle bien accueillie par le CIO (même si lors de la cérémonie d'ouverture, celles-ci avaient défilé derrière les hommes) qui se félicitait de l'établissement d'un «dialogue permanent» avec le Comité olympique d'Arabie Saoudite. Jacques Rogge, alors président du Comité international olympique, avait interprété cette présence comme «le signe d'une évolution encourageante.» L'Arabie saoudite, le Qatar et Brunei étaient jusqu'en 2012 les trois seuls pays à n'avoir jamais envoyé de femmes aux JO.

Par Gilles Festor le 31/01/2015

Le Figaro