Macron Congrès

« Une mauvaise copie d’élève de prépa littéraire », a taclé Nicolas Dupont-Aignan sorti rincé par une heure et demie d’un discours-fleuve gorgé de grands principes universels, de mots savants et de références littéraires. Complètement à côté des préoccupations quotidiennes de la France qui va mal.

Quelques semaines seulement après une élection qui l’a vu l’emporter face à Marine Le Pen et face à une phénoménale abstention ce qui aurait dû être un double avertissement pour lui, Emmanuel Macron ne tient toujours pas compte des difficultés et des frustrations de la France périphérique. Rien sur la sécurité, rien sur l’islamisation, rien sur le chômage ni la politique d’économie qu’il entend mener. Alors que l’incertitude plane toujours sur son programme et que la catastrophe budgétaire du gouvernement socialiste auquel il a appartenu est encore plus dramatique que prévue, son long prêche indigeste n’a guère convaincu même parmi ses soutiens.

Le Président a fustigé le « cynisme, le découragement et le scepticisme » de ceux qui spéculent sur son échec. Très bien mais il en est encore là ? Réussis plutôt ! Ce qui fera taire tout le monde. Il en a également profité pour lancer un avertissement à la presse : « J’appelle (…) à en finir avec cette recherche incessante du scandale, avec la chasse à l’homme où parfois des réputations sont détruites », a-t-il indiqué, dans une claire allusion aux affaires qui ont provoqué le départ de quatre ministres de son gouvernement. Qu’il les choisisse mieux la prochaine fois. Après nous avoir expliqué qu’il prenait 48 heures de plus pour ne sélectionner que ceux qui avaient une morale et une conduite impeccables. Au passage, le président de la République qui veut des méthodes de management de start-up a signalé qu’il évaluerait le travail de ses ministres en fonction de leur feuille de route. Avec la possibilité éventuelle de les débarquer s’ils échouent. Mais là encore, tout est dans l’« éventuelle ».

Le chef de l’Etat évoquant la possibilité d’utiliser le référendum si le Parlement n’agit pas assez vite, a annoncé son intention de réduire d’un tiers le nombre de parlementaires « des trois assemblées constitutionnelles » (l’Assemblée nationale, le Sénat, le Conseil économique, social et environnemental). Au nom du « pluralisme » et du « respect plein et entier des oppositions » il a de nouveau promis l’introduction d’une dose de proportionnelle dans le scrutin des législatives en se gardant bien de préciser laquelle. On sait qu’à 20 % de proportionnelle, le Front National aurait un groupe.

Donc ce sera 10 %. Ce qui est une fumisterie qui ne changera absolument rien.

« Il commence les choses, mais ne les termine pas », a réagi Marine Le Pen : « Nous n’en savons pas plus en sortant qu’en entrant» Citant la question migratoire, « il a dit qu’il y aurait moins de migrants et plus de migrants dans la même phrase ». Un « flou lyrique » qui a été selon elle un « marqueur » de sa campagne. « Sauf que nous ne sommes plus en campagne ».

Par Caroline Parmentier le 04/07/2017

Présent