Bay Nicolas 4

Le secrétaire général du Front National exposeles enjeux de la refondation du mouvement, amorcée vendredi au siège du parti à Nanterre. Avant l'ouverture de ce séminaire de deux jours prévu à huis clos, il souligne la «nécessité de changer » et défend le leadership de Marine Le Pen dans le mouvement.

Le FN souhaite une refondation mais jusqu'où peut-il aller?

Comme toute grande organisation, nous faisons la revue stratégique de nos activités. Pour le dire autrement, avant de repartir à la bataille nous posons la nouvelle carte, l'étudions et reprenons notre boussole. Dès 2018 et au-delà,nous devrons porter un projet politique rénové, porté par une organisation rénovée elle aussi.Un projet qui donne du sens, qui donne envie, qui soit positif, enthousiasmant et conquérant.

Au lendemain des régionales, le séminaire d'Étiolles avait accouché d'une souris. Pourquoi celui de Nanterre serait-il différent?

Je crois qu'il y a aujourd'hui, après des résultats importants mais néanmoins décevants, une forte prise de conscience de la nécessité de changer. Notre précédent rendez-vous se situait entre deux échéances, là nous arrivons à la fin du cycle électoral 2017, et l'on pourrait même dire du cycle 2012-2017. Ne nous méprenons pas non plus: la vocation de notre séminaire n'est pas de tout révolutionner mais de baliser le chemin des réflexions qui serontmenées jusqu'à notre Congrès à l'occasion duquel nos adhérents pourront s'exprimer sur des choix clairs.

Aucun des sept ateliers de travail ne pose clairement la question du leadership de Marine Le Pen, pourtant provoquée depuis son débat présidentiel. Pourquoi?

La question n'est pas posée, parce que je crois sincèrement qu'elle ne se pose pas. Il ne me semble pas avoir entendu un seul de nos cadres ou de nos élus, ni même un seul journaliste ou observateur dire qu'un autre membre du FN pourrait prendre ce leadership aujourd'hui, et donc le contester à Marine. Ceci étant,si certains se considéraient meilleurs ou plus à même de diriger notre mouvement, ils auraient la possibilité d'être candidats à sa présidence lors du Congrès.

Deux lignes politiques divergentes vont s'affronter. Marine Le Pen a toujours pensé qu'elles étaient conciliables. Peuvent-elles l'être encore?

Parler de «lignes politiques divergentes» me semble exagéré, parler de différences me semble évident. Oui, il faudra trancher sur un certain nombre de sujets, oui il faudra sans doute affirmer, et réaffirmer, non pas pour nous mais pour que les électeurs l'entendent,ce que sont nos priorités. Le débat est nécessaire et toujours préférable à l'anathème. En tant que secrétaire général, je suis attaché à l'unité du mouvement, mais aussi à la représentation politique légitime des militants, cadres et élus, que plusieurs initiatives récentes ont agacés et troublés.

Quelle opposition les huit députés FN veulent-ils incarner à l'Assemblée?

Quand on est minoritaire, il faut exister par la singularité de sa voix et la force de son expression. Les députés FN et leurs alliés seront les seuls à parler d'identité et à s'opposer aux déferlements migratoires que le gouvernement nous prépare. Tous les autres s'en accommodent ou font semblant de ne pas les voir. Les sondages sur les motivations de vote le prouvent: les Français savent qu'ils ne peuvent compter que sur nous pour défendre leur identité et leur sécurité et, d'une manière générale, pour porter un projet pragmatique de redressement national et de rétablissement des Français dans leurs droits fondamentaux.

Par Emmanuel Galiero le 20/07/2017

Le Figaro