Siège FN Nanterre

Le séminaire qui s'ouvre ce vendredi doit permettre d'apaiser les divergences apparues depuis la présidentielle. Retour sur les principaux points de discorde dont le parti espère venir à bout.

Le nom et l'identité du parti

Marine Le Pen souhaite changer le nom du Front National. Il s'agit de couper avec un héritage, anxiogène auprès d'une partie de l'électorat et repoussoir pour de potentiels alliés. Cette option ne fait toutefois pas l'unanimité et les figures frontistes du canal historique s'y opposent. L'ex-numéro deux du FN Bruno Gollnisch ou encore le conseiller régional Pascal Gannat estiment ainsi que «la marque FN» n'est pas encore usée.

La démocratie interne

Plusieurs vétérans du FN s'accordent à décrire Marine Le Pen comme une présidente trop autoritaire. Elle a notamment bataillé pour contenir l'apparition de «courants» aux lignes divergentes. Sous couvert d'anonymat, beaucoup s'inquiètent que le parti ne soit devenu qu'une «chambre d'enregistrement» des décisions du cercle dirigeant, au détriment de la démocratie interne. Ils soulignent volontiers que les institutions du parti n'ont pas vraiment été réunies depuis le congrès de Lyon en 2014. La consultation des adhérents qui va être organisée en septembre a pour objectif de faire taire ces critiques.

L'Euro, l'UE et la souveraineté

C'est l'une des principales sources de conflits internes depuis la présidentielle et les législatives. Les responsables du projet économique duFN jugent queles Français ont définitivement invalidé la sortie de l'euro. Entre l'abandon pur et simple de cette mesure et le statu quo, une voie médiane est à l'étude: passer de «l'euthanasie» de la monnaie unique à «l'arrêt des soins palliatifs», selon Jean Messiha, c'est-à-dire laisser l'euro mourir de sa belle mort.

Le profil des figures de proue

Nombre des partisans de la dédiabolisation du parti, commeGilbert Collard, réclament ouvertement la tête des anciens militants du GUD Frédéric Chatillon et Axel Loustau qui ont joué un rôle important dans la logistique des dernières campagnes. Les mêmes souhaitent en finir avec les «brebis galeuses» du parti qui, à chaque élection, ramènent le FN à ses vieux démons. D'autres veulent à l'inverse voir remplacés les cadres actuels, qui ont été aux manettes des défaites de 2012 et 2017.

Le cas Jean-Marie Le Pen

Depuis son exclusion en août 2015, l'ombre du président d'honneur plane sur les instances du parti dont il reste membre. Quelques rares fidèles réclament encore un apaisement, et certains militants restent attachés à lui. Mais la suppression de sa fonction est à l'étude, avec un vote lors de la prochaine consultation des adhérents. À Montretout, on balaye cette menace en arguant qu'une telle évolution ne peut être rétroactive.

Par Marc de Boni le 20/07/2017

Le Figaro