Saint-Etienne-du-Rouvray église

Pour la première fois, un prêtre était égorgé en France, en pleine messe. En tant que prêtre catholique et au nom de l’islam. La barbarie islamiste nous frappait au cœur de notre identité nationale et de notre foi chrétienne.

Nous n’avons rien oublié de cette journée. Mais nous n’avons rien oublié non plus de la fébrilité des médias à tenter de dissimuler heure par heure la vérité, la portée de cette attaque hautement symbolique, employant soigneusement le mot assassiné plutôt qu’« égorgé » et « déséquilibré » plutôt qu’islamiste, espérant jusqu’à la dernière minute que ce soit autre chose.

Ce matin du 26 juillet 2016, la messe s’achève dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) quand deux djihadistes, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, font irruption bruyamment en tenue de combat en se réclamant de l’Etat islamique. Ils portent chacun un pistolet factice, une fausse ceinture d’explosifs et plusieurs couteaux, bien réels ceux-là. Un des fidèles de la paroisse, Guy Coponet, 87 ans, sera poignardé, au bras, dans le dos et à la gorge.

Les deux jeunes tueurs vont alors le forcer à filmer l’assassinat du Père Hamel, qui vient de célébrer la messe, afin de le poster avec leur revendication sur les réseaux sociaux : « Ils venaient vérifier la qualité des images et constater que je ne tremblais pas trop ».

Le prêtre héroïque, Jacques Hamel, 85 ans, refuse de s’agenouiller devant ses bourreaux. Frappé, il tombe à la renverse et repousse son agresseur à coups de pied en lui criant « Va-t’en Satan ». Il est égorgé sous les yeux de cinq de ses paroissiens. Les tueurs seront abattus par le GIGN, une religieuse ayant pu donner l’alerte.

Une procédure canonique a été ouverte en avril dernier, première étape du procès en béatification du Père Jacques Hamel. Le président Macron se rendra à l’hommage prévu sur place mercredi et assistera à la messe célébrée par l’archevêque de Rouen dans l’église martyre du XVIIe siècle. Répètera-t-il les paroles immortelles de François Hollande : « La capacité des habitants à rebondir dans le sens du vivre-ensemble a été décisive pour un retour à la sérénité »… ?

La sœur du Père Hamel, Roselyne, elle, rapporte ce que lui disait son frère la veille de son assassinat. Il était horrifié par « le massacre des innocents du Bataclan et du 14 juillet » :

« Il disait : “Quand est-ce que ça va s’arrêter ? Quand est-ce qu’ils vont se bouger, nos membres du gouvernement ? Nous on ne peut que prier.” Sans savoir que le lendemain c’était son tour. Il a fait bien plus que prier. »

Par Caroline Parmentier le 25/07/2017

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