Macron conseil europeen

Boulevard Voltaire

Par Dominique Bilde, député FN au Parlement européen le 28/07/2017

Selon le baromètre IFOP du dimanche 23 juillet publié par le JDD, Emmanuel Macron a déjà perdu dix points de popularité en l’espace d’à peine un petit mois. L’état de grâce n’aura donc duré qu’un temps. Car, depuis son arrivée à l’Élysée, le Président multiplie les bourdes, s’aliénant les collectivités locales puis l’armée, par sa politique souvent abrupte et son incapacité à traiter correctement ses interlocuteurs. Volontiers blessant, le chef de l’État semble ne plus être maître de ses nerfs, réprimandant publiquement Pierre de Villiers comme s’il s’était agi d’un domestique, n’écoutant pas les maires inquiétés par la disparition de leurs recettes fiscales et la baisse des dotations publiques.

Avant lui, seul Jacques Chirac avait connu une telle érosion de sa popularité, perdant quinze point entre mai et juillet 1995. À ce stade, François Hollande contentait 56 % des Français interrogés, soit deux pourcents de plus qu’Emmanuel Macron. Si l’Amiénois poursuit sa course de cette façon, il ne lui restera que peu de partisans en fin de quinquennat. D’ailleurs, des frondeurs commencent à s’opposer au sein même de La République en marche, parti pourtant ultra-personnalisé et créé pour servir Emmanuel Macron uniquement. Aux élections sénatoriales dans le Pas-de-Calais, par exemple, une liste dissidente des « marcheurs en colère » se présentera contre la liste de la majorité présidentielle !

Édifiant…

Il faut dire que les élus de la majorité suscitent régulièrement les moqueries, accusés d’incompétence et de suivisme grotesque, incapables qu’ils sont de prendre la parole lors des commissions parlementaires, y compris pour défendre les lois et projets qu’ils doivent voter. Quelles sont les premières actions d’Emmanuel Macron à ce propos ? La hausse de la CSG qui frappera de plein fouet les fonctionnaires, les retraités, les indépendants et les professions libérales ; le gel du point d’indice et le retour du jour de carence pour les fonctionnaires ; la réforme du travail à coups d’ordonnances ; la diminution des APL ; la réduction de tous les budgets de fonctionnement de l’État, y compris dans les domaines régaliens.

Entendons-nous bien : l’État est parfois un mauvais gestionnaire qu’il convient de dégraisser. Mais Emmanuel Macron le fait en dépit du bon sens, tapant le portefeuille des Français sans supprimer les dépenses inutiles, l’assistanat et la gabegie régulièrement observée par la Cour des comptes dans les administrations publiques. Une politique qui déplaît car le très discret Édouard Philippe chute, lui aussi, dans les sondages. Ce n’est pas parce que sa personnalité déplaît, mais parce que son action ne trouve pas un écho favorable. Les Français ne sont pas des imbéciles. Ils savent pertinemment que les mesures portées par le nouvel exécutif contreviennent à leurs intérêts les plus immédiats.

Jupiter devrait descendre du mont Olympe pour voir comment les Français vivent. Ils se fichent de savoir que le Président reçoive des célébrités anglo-saxonnes comme Rihanna ou le chanteur Bono de U2. Ils se fichent des déguisements du petit garçon de l’Élysée quand il daigne sortir de sa tour d’ivoire. Leurs questions sont simples, portant sur leur sécurité et celle de leurs biens, sur leur pouvoir d’achat, sur la menace de l’immigration massive, sur les places en faculté disponibles pour leurs enfants, sur le prix du logement et sur la hausse du diesel.