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Le bureau du séjour des étrangers n’est ouvert que quatre jours par semaine, de 9h à 16h, voir 15h30 le vendredi. Des centaines d’immigrés attendent toutefois en dehors de ces courtes plages horaires, parfois une nuit durant, pour parvenir à être reçus aussitôt que possible dans ce service chargé de la remise des titres de séjour. Car dans la queue de la préfecture de Nanterre, les places sont littéralement chères, comme le démontre une enquête menée par Marianne.

Pour les demandeurs qui ne bénéficient pas d’un rendez-vous, seuls les premiers servis seront assurés de pouvoir apercevoir un guichet.

La situation est devenue si difficile que de nombreux individus se sont reconvertis en "faiseurs de queue", rapporte le magazine : ils monopolisent les meilleures places de la queue puis les revendent aux plus offrants. "Une fois, une dame a payé 400 euros pour passer parce que son titre de séjour arrivait à terme et qu'elle risquait de perdre son travail", rapporte l'hebdomadaire sur son site.

Des places qui se vendent jusqu'à 400 euros

La plupart du temps, les places dans la queue se négocieraient autour de 100 euros, avec aucune garantie de résultat de surcroît. "Il y a une femme qui a payé 50 euros et ensuite elle ne retrouvait pas la place qu’on lui avait donnée dans la queue, elle disait : 'Ah moi, je bouge pas, j’ai payé'", rapporte un témoin auprès de Marianne. Du côté de la préfecture de police de Nanterre, on assure que "les services de police ont été saisis par le préfet" et que "la présence policière a été renforcée le long des files d’attente".

Toutes démarches confondues, le service du séjour des étrangers ne pas accueillir plus de 700 personnes par jour. Mais cette capacité semble bien en deçà de la demande réelle, comme en témoigne l’apparition des "faiseurs de queue". Parmi les facteurs de ce décalage, on pointe l’accueil temporaire des usagers de la sous-préfecture d’Antony, fermée à la suite d’un incendie, des problèmes techniques dans le logiciel de gestion de dossier, ou encore la baisse ponctuelle du personnel durant la période estivale.

Par Geoffroy Lang le 02/08/2017

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