Collomb

A chaque changement de gouvernement, le nouveau ministre de l’Intérieur annonce un plan pour faire face au flux sans cesse croissant des « migrants », prétendant tout à la fois résorber le « stock » existant et freiner le débarquement de nouveaux arrivants. On ne s’étonnera donc pas que le nouvel hôte de la place Beauvau, Gérard Collomb, vienne de rendre public, dans le Journal du dimanche, un programme qui devrait aboutir à ce que le président Macron a annoncé fin juillet à Orléans : qu’il n’y ait plus d’hommes, de femmes, d’enfants « dans les rues, dans les bois ».

Le principe ? « Concilier efficacité et générosité ». On a évidemment l’impression d’avoir entendu cela maintes fois dans les bouches ministérielles pour constater ensuite que la « générosité » autre nom du laxisme, en l’espèce – l’a emporté sur une efficacité restée au stade verbal. Il en sera de même avec ce que propose Gérard Collomb, dont la principale mesure consiste à créer 3 500 places supplémentaires d’hébergement en 2018.

La même recette que celle de ses prédécesseurs et qui a échoué ? Pas du tout, car il va rompre avec ce qui s’est fait avant ! En effet : « Nous ne voulons pas rééditer l’expérience passée où l’on avait commencé par un centre de 400 personnes et terminé à 8 000. » Et pourquoi cela se passerait-il autrement avec les centres Collomb ?

Voici : « Les deux centres que nous allons ouvrir sont situés assez loin de Calais et de Dunkerque pour éviter que ce problème ne se répète. » Notre ministre est-il naïf au point de croire que des hommes qui ont fait des milliers de kilomètres pour venir chez nous seront dissuadés de parcourir la centaine qui les séparera de Calais ?

La réalité, aujourd’hui comme hier, reste la même : ouvrir de nouveaux centres, où qu’ils soient, constitue une invitation à l’immigration clandestine, les « migrants » savent qu’ils seront accueillis, hébergés, soignés, au lieu d’être immédiatement expulsés.

A Calais même, où la « jungle » se reconstitue peu à peu, le ministre installera des sanitaires pour ces illégaux mais, attention, non pas fixes mais « mobiles » afin « d’éviter tout ce qui peut ressembler à des infrastructures fixes ». Des toilettes itinérantes, jamais aux mêmes endroits donc, pour éviter que les « migrants » ne s’installent, c’est l’apport original de Gérard Collomb à la lutte contre l’immigration clandestine.

Plus sérieuse, la volonté de réduire le délai d’instruction pour ceux qui prétendent au droit d’asile, avec l’objectif de le réduire à six mois, mais si, contrairement à ses prédécesseurs, il y parvenait, cela ne servirait pas à grand-chose, puisque 95 % des déboutés du droit d’asile restent quand même sur notre sol.

La seule proposition nouvelle du nouveau chef de l’Etat est la création de hot spots (des centres de tri pour demandeurs d’asile) dans les pays situés en Lybie pour instruire leur dossier sur place. Pourquoi pas ? Las, son ministre le récuse : « Ce type d’initiative ne peut être actuellement envisagé en Lybie compte tenu de la situation du pays. » Macron a donc lancé cette proposition sans se demander un seul instant si elle était réalisable, c’est beaucoup de légèreté pour une question aussi grave à laquelle le plan bidon de Gérard Collomb ne saurait répondre.

Par Guy Rouvrais le 07/08/2017

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