Bay 2017

Editorial de Nicolas Bay, SG du Front National du 01/09/2017
Avec une popularité en pleine dégringolade, qui a chuté de 19 points depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron apparaît déjà en cette rentrée comme un président à bout de souffle. La présentation des ordonnances visant à "réformer" le Code du travail risque d'aggraver encore un peu plus cette défiance.
 
Hormis la fusion des instances représentatives du personnel (qui était d'ailleurs proposée dans le projet présidentiel de Marine Le Pen), on peine en effet à identifier des mesures positives dans ces ordonnances. La remise en cause de la règle commune concernant les CDD (le nombre de renouvellements possibles pouvant être décidé par branches et non plus par la loi) est extrêmement préoccupante : les salariés vont être davantage précarisés, notamment les plus jeunes. 
 
La possibilité d’élargir les contrats de chantier à de nouvelles branches contribue également à cette précarisation. Sans CDI, comment louer un appartement, comment obtenir un crédit pour acheter une voiture ? En dépit des promesses répétées durant la campagne présidentielle d'une simplification du Code du travail, Emmanuel Macron n'aura en réalité réussi, avec cette réforme, qu'à rogner sur la protection. Fragiliser les salariés, ce n'est pas aider les entreprises ni offrir aux entrepreneurs les conditions propices à leur développement.
 
L'orientation assumée vers une primauté de l'accord d'entreprise (sur la durée du temps de travail notamment), favorisera par ailleurs le dumping social au sein d'un même secteur et cela au profit des grands groupes. L'U2P (l'union des entreprises de proximité, représentant 2,3 millions d'entreprises - métiers de services, artisans, professions libérales) s'en inquiète à juste titre.  
 
Ce qu'attendent nos entreprises, ce dont a besoin l'économie réelle, c'est d'une baisse de la fiscalité, des charges et des contraintes tout autant qu'un protectionnisme permettant de favoriser nos entreprises nationales (notamment dans la commande publique) pour défendre l'emploi en France.