Mariage

C’est un cortège plutôt inhabituel auquel ont eu droit de jeunes futurs mariés ce samedi matin, devant l’hôtel de ville de Villefranche-sur-Saône.

En guise d’invités-surprises, ce sont les costumes de policiers, que les participants ont vu débarquer, alors que des échauffourées venaient d’éclater parmi les personnes venues pour la cérémonie, prévue à 10 h 30.

Un mariage blanc ?

« C’est mon adjoint Olivier Mandon qui devait célébrer le mariage. Comme nous avions eu connaissance de tensions, nous avions positionné un équipage de police municipale en surveillance. Je suis passé voir si tout se déroulait bien. À mon arrivée, des gens se bousculaient sur les marches, d’autres s’invectivaient à l’intérieur. Nous avons appelé du renfort, avec la police nationale, rapporte le maire Thomas Ravier, ce n’était plus possible de célébrer ce mariage, dans ces conditions, d’autant qu’une autre cérémonie était prévue après. J’ai dû décider de suspendre le mariage pour trouble à l’ordre public ».

L’intervention de la police a permis de stopper les violences avant qu’elles ne dégénèrent, il n’y a pas eu de blessé.

Le procureur de la République de Villefranche-sur-Saône a aussitôt décidé de faire ouvrir une enquête de flagrance pour violences en réunion.

Le commissariat a entrepris, dans la foulée, l’audition des différents protagonistes.

L’origine du conflit serait un désaccord concernant l’union entre les deux jeunes gens : lui, 20 ans, Algérien, elle, Française de 19 ans.

Le père de la mariée avait ainsi déposé, dans la semaine, à l’accueil du tribunal, un courrier pour dénoncer un mariage blanc, supposant que le jeune homme aurait abusé de la fragilité de sa fille pour régulariser sa situation.

Un délai trop court pour être pris en compte à temps. Ce samedi, il a donc décidé de venir en personne avec des proches s’opposer au mariage.

La mairie devrait re-proposer une date aux fiancés. Entre-temps, il va être entrepris, dès la semaine prochaine, de vérifier que la condition d’un consentement ‘‘libre et éclairé’’ est bien respectée.

Par Sophie Raguin le 17/09/2017

Le Progrès