Juncker Timmermans

C’est une véritable déclaration de guerre qu’ont lancée le président de la Commission européenne Juncker et son vice-président, Timmermans, une déclaration de guerre contre les élus de droite, qualifiés en vrac d’extrémistes. Et l’instrument de cette guerre sera un charcutage des dotations de chaque groupe parlementaire, de façon à priver l’aile droite de la quote-part de financements qui lui revient. « Notre but ne peut être de remplir les poches des extrémistes », a déclaré Juncker mercredi. Le grand démocrate ne visait que « l’extrême droite » et absolument pas les communistes, les verts intégristes, les formations maçonnisées, etautres adeptes de la grande submersion, dugrand remplacement qui, au fond, leur ressemble : eux, quand ils étaient jeunes

Les deux dirigeants duParlement européen ont donc présenté leur réforme des financements des partis européens, pour – très crûment dit –,priver les mouvements identitaires et souverainistes du maximum de subsides, au profit des autres partis, en gardant une apparence de logique juridique.

En principe, les groupes représentés à Strasbourg se partagent 31 millions d’euros. Certes c’est scandaleux, maisjusqu’à présent ce partage avait pour mérite de s’opérer pour l’essentiel en fonction du nombre d’élus, c’est-à-dire en fonction des résultats électoraux. C’est, je crois, ce que l’on appelle généralement la démocratie. Evidemment,la conséquence très embêtante pour Messieurs Juncker et Timmermans, c’est que des partis, certes fortement représentés, mais « non légitimes »reçoivent une part presque proportionnelle à leur représentativité.

Dorénavant la démocratie sera grevée d’un critère de « légitimité ».

Est légitime un parti qui soutient le système : les socialistes sont légitimes, les verts sont légitimes, les conservateurs aussi, quand ils se réunissent autour de la CDU allemande. Les libéraux (disons le courant centriste type Macron) et les progressistes (communistes, Die Linke, Insoumis etc.) sont des exemples de partis « légitimes ».

Pour être « légitime », il faut deux choses : « contribuer à la formation de la conscience européenne », et d’autre part « contribuer aux valeurs démocratiques ». Comme critère subjectif, on ne fait pas mieux !

Si la première valeur démocratique est de respecter le suffrage universel, alors Messieurs Juncker et Timmermans doivent être punis financièrement en premier chef.

Coalition pour la vie et la famille ? Les pires, à leurs yeux !

Des simulations ont été données par les charcutiers de Bruxelles : le premier groupe qui sera puni, c’est – comme par hasard – la « Coalition pour la vie et la famille ». Ce sont les pires : pensez, ils sont contre l’avortement et contre le mariage homo ! Lesystème divisera leur dotation par trois.

Puis arrivent tous les autres punis : petits partis chrétiens irlandais ou autres, Jobbik hongrois, Aube dorée grecque, Forza Nueva, Démocrates de Suède, NPD etc.

Dans un premier temps le groupe FN, qui agit au sein du Mouvement européen pour une Europe des nations et des libertés, sera moins raboté que les organisations plus petites, situées à sa droite.

Mais c’est la technique du salami, dans un contexte de réduction constante de la liberté d’expression : ces petits partis grecs ou autres sont peut-être excessifs, différents, en tout cas, dans leur expression. Mais si on accepte ce découpage en tranches, les néototalitaires ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Car à Bruxelles, le « pas de liberté pour les ennemis de la liberté » de Saint-Just semble avoir de beaux jours devant lui.

Par Francis Bergeron le 21/09/2017

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