Kim Jong-Un

Métamag

Par Michel L’homme * le 22/09/2017

Le 20 mai, les porte-avions américains Carl Vinson” et “Ronald Reagan” étaient tous les deux à portée de tir de la Corée du Nord. Plus de 100 avions F-16 effectuent quotidiennement des exercices dans la région or ce sont ces mêmes exercices qui avaient précédé en 1991 le début de l’opération américaine “Tempête du désert” contre l’Irak. Le Pentagone a déployé des avions F-35, des administrateurs de haut niveau du gouvernement américain ont été envoyés sur l’île de Guam les familles des militaires sont en cours d’évacuation pour y déployer des mesures de protection civile.

Selon certains experts, comme pour la première guerre d’Irak, l’opération militaire devrait être éclair, tapisser de bombes la capitale et les sites sensibles répertoriés par satellite et Kim la Tourmente devrait être annihilé sauf s’il joue son dernier va-tout et lance tout sur la Corée du Sud.

La Russie et la Chine devraient laisser faire mais reste comme nous l’avions affirmé il y a aussi la question de l’après et de la transition.

D’après nos sources américaines, toutes les cellules de la Maison Blanche, du Département d’État et du Pentagone sont branchées depuis l’été sur la Corée du Nord pour tenter de trouver une riposte au défi lancé par Kim Jong-Un, défi qui redessinera plus tôt que prévu la carte géopolitique de tout l’Est-Pacifique et qui, selon les propos de William Perry, secrétaire d’Etat à la Défense « a changé tous les calculs des États-Unis dans la région ».

Sur la table, il n’y a en fait pas trente six solutions mais seulement cinq

Passons les en revue :

1. Les sanctions économiques avec le blocus total des ports du pays par l’aéronavale américaine et un cyber-programme de sabotage des lancements de missiles nord-coréens. Solution effectuée en partie avec les maigres résultats que l’on connaît.

2. Les pressions sur la Chine et son Président Xi Jinping afin qu’il mette au pas son « protégé ». La Chine en réalité ne sait plus trop quoi faire avec la Corée du Nord mais ce qui est certain, c’est qu’elle ne veut absolument pas des Américains sur sa frontière.

3. Geler son programme nucléaire par la négociation. Bill Clinton, George Bush et Barack Obama ont emprunté successivement cette voie avec le succès qui nous amène aujourd’hui.

Ces trois premières solutions sont politiques, ce sont celles du Département d’État : elles ont échoué car elles n’ont pas voulu reconnaître la Corée du Nord comme puissance nucléaire. La quatrième et la cinquième solution seraient celles alors du Pentagone :

4. Pilonner par des bombes et des missiles les principales installations du pays et ce, dès la détection par satellite d’un lancement imminent d’un missile balistique intercontinental par la Corée du Nord. Option possible mais non sans le risque que Kim Jong-Un ne parvienne à bombarder Séoul, soit dix millions d’habitants.

5. Raser Pyongyang, cycloner la Corée du Nord, la vitrifier et alors sacrifier Séoul.

En prévision de ces tirs nucléaires, le Japon a déployé depuis le 1er août le système de défense antimissile américain Patriot à Shimane, Hiroshima et Kochi, dans l’ouest du Japon. Une autre unité devrait également être installée à Ehime, également dans l’ouest du pays puisqu’à en croire l’annonce faite par Pyongyang, ces localités pourraient se trouver sur la trajectoire des missiles nord-coréens.

Yves-Marie Laulan a donc raison, sur notre site, de s’interroger. Personne ne croyait plus en effet en la possibilité d’une troisième guerre mondiale, à cause de la doctrine de la « dissuasion nucléaire ». Or l’idée follamourienne réapparaît depuis quelques années même en Europe car, loin de laCorée du Nord, toutes les décisions du Sénat américain poussant à l’extrême les sanctions contre la Russie, ne peuvent aussi avoir d’autre but que celui de provoquer à tout prix un conflit nucléaire avec la Russie et par l’effet domino, avec la Chine son allié. Il faut donc bien comprendre que dans ce jeu de dupes, les Européens, que cela parte de Corée ou d’Ukraine auront le mauvais rôle. Ils seront et ils sont déjà pris en otages, ce qu’Emmanuel Macron semble d’ailleurs avoir parfaitement saisi.

Est-il alors trop tard pour revenir en arrière ?

La Corée du Sud a ainsi parfaitement compris l’enjeu géopolitique américain : c’est la survie de leur hégémonie mondiale.

La Corée du Sud se pose donc de sacrée questions : doit-elle par exemple maintenir son alliance avec les États-Unis ? En effet si on pense que les USA attaqueraient la Corée du Nord pour se protéger, ils le feront forcément aux dépens de la mort de trente millions de Coréens du Sud. Selon d’autres sources de renseignement, la Corée du Sud serait ainsi en palabres secrètes avec la Chine pour un accord de sécurité majeur, à cause de la position officielle des USA selon laquelle ils bombarderont la Corée du Nord pour leur propre défense, sans considération pour la destruction de leur pays. On ne parle jamais de ces discussions secrètes Pékin-Séoul car elles ne sont qu’une partie de l’équation mondiale en jeu.

Il y aurait en effet aussi des discussions secrètes entre l’Allemagne et la Russie sur les sanctions américaines avec l’idée d’un éventuel réalignement de l’Allemagne sur une “ostpolitik” bismarckienne qui pourrait déboucher sur un nouveau Traité de réassurance avec la Russie.

Les États-Unis complètement endettés  n’ont plus d’autre choix que la fuite en avant guerrière. Ce sont bien alors tous les systèmes de sécurité européens et asiatiques qui s’effondrent. LesUSA sont donc non seulement au bord d’un effondrement financier sociétal (la disparition de sa classe moyenne) mais aussi stratégique total, l’effondrement de toutes leurs relations internationales dont la perte physique de Séoul ne serait qu’un dommage collatéral parmi d’autres et l’Europe un terrain de chasse.

* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.