Syracuse Sicile

Selon le directeur général du MI5 britannique, Andrew Parker, la menace islamiste en Grande-Bretagne n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui. L’aggravation de la menace observée cette année estla plus dynamique qu’il ait connue en 34 ans de carrière. Le nombre d’arrestations bat tous les records : 379 personnes arrêtées entre juillet 2016 et juin 2017, sept attentats islamiques déjoués, et quatre qui n’ont malheureusement pas pu l’être et qui ont tué 36 innocents. Difficile de prévenir tous les attentats quand on a quelque 23 000 djihadistes potentiels dans sa population musulmane, ainsi que l’apprenaient les Britanniques en mai dernier (Présent du 31 mai). En tout, d’après Andrew Parker, ce sont vingt attentats qui ont été déjoués au cours des quatre années écoulées.

Ainsi que le fait remarquer le chef du renseignement militaire britannique, la situation est la même ailleurs en Europe, « y compris en particulier en France, en Belgique, en Allemagne et bien sûr depuis peu en Espagne ». Il aurait pu encore ajouter l’Italie qui a pour le moment été épargnée mais qui expulse régulièrement des musulmans radicaux de son territoire et où vivent dans la clandestinité, selon les premières données d’une commission d’enquête parlementaire citées mardi par le Corriere della Sera, au minimum un demi-million d’immigrants illégaux.

Combien de réservistes du terrorisme islamique parmi ces illégaux ? L’égorgeur de jeunes femmes qui a sévi pour le compte de l’Etat islamique à Marseille, l’immigré illégal tunisien Ahmed Hanachi, avait vécu huit ans dans la région de Rome. L’un des trois musulmans radicaux qui ontattaqué des passants à Londres en juin 2017 avec leur camionnette puis avec des couteaux, faisant huit morts et 48 blessés, était un « Italien » né au Maroc, Youssef Zaghba. Surveillé par la police en Italie pour avoir essayé de rejoindre l’Etat islamique en Syrie, il avait été signalé au renseignement britannique, ce qui ne l’a pas empêché d’entrer à deux reprises sur le territoire du Royaume-Uni.

Le Tunisien Anis Amri, auteur de l’attaque au camion contre les visiteurs d’un marché de Noël à Berlin en décembre dernier, était lui aussi passé par l’Italie où il avait débarqué en tant que « réfugié » en 2011. Il était, comme son compatriote Hanachi, inexpulsable en raison du refus de la Tunisie de coopérer pour reprendre ses ressortissants. Le danger que faisait courir l’islamiste Anis Amri à la population était connu des services de police, mais un rapport présenté le 12 octobre dernier par la police de Berlin dévoile, comme d’habitude après les attentats, l’extrême légèreté avec laquelle les pouvoirs publics gèrent le problème.

Un exemple : alors que la radicalisation d’Anis Amri était connue et que le risque qu’il commette un attentat était envisagé, il n’était surveillé qu’en semaine, pas le week-end. Puis la surveillance a été complètement abandonnée au bout de quelques semaines.

Le 10 octobre, le journal italien La Repubblica publiait un textel’on recensait 12 terroristes ou complices de terroristes des principaux attentats de la période 2015-2017 passés par l’Italie. Certains de ces terroristes y étaient arrivés en tant qu’immigrés illégaux, et c’est justement l’afflux de clandestins par la Méditerranée centrale qui fait de l’Italie une base du terrorisme islamique.

Par Olivier Bault le 19/10/2017

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