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La séquence n'est pas passée inaperçue. Samedi, lors des commémorations du 11 Novembre sur les Champs-Élysées, Emmanuel Macron et Alain Juppé ont échangé une poignée de main chaleureuse. L'estime réciproque entre les deux hommes pourrait bien se traduire sur le plan politique. Dans le journal Sud Ouest , le maire de Bordeaux appelle ainsi à la création d'un "grand mouvement central" pour les élections européennes, programmées en mai 2019. "La question est de savoir qui en prendra le leadership. Mais si Macron reste dans la ligne de son discours à la Sorbonne, je ne vois pas d'incompatibilité", a assuré Alain Juppé.

L'ancien Premier ministre fait référence au discours pro-européen prononcé par le président à la Sorbonne fin septembre, sur lequel il a trouvé "peu de choses à redire". Alain Juppé, qui apprécie un chef de l'État qui "mouille sa chemise", se retrouve dans la "crédibilité française retrouvée" et la "réapparition d'une capacité d'initiative" qu'Emmanuel Macron a engagée dans ses réformes. Contre la ligne Wauquiez, qui prône un virage à droite, le maire de Bordeaux se montre plus "indulgent" envers Emmanuel Macron et le Premier ministre Édouard Philippe, son ancien protégé. "Édouard Philippe est courageux. On commence à voir qu'il existe. Ce qu'il a fait sur la Nouvelle-Calédonie, chapeau !", s'est enthousiasmé Alain Juppé, qui semble s'éloigner de plus en plus des Républicains.

Une "erreur" pour Wauquiez

Thierry Solère, le président des Constructifs, a confirmé à BFM TV cette porte ouverte à une future alliance : "Je partage ce que dit Alain Juppé. C'est la démarche que nous les parlementaires avons entrepris à l'Assemblée nationale. Cela serait être populiste que de dire aux Français : Opposez-vous à ce gouvernement. Nous travaillons aujourd'hui activement avec tous les Européens qui se revendiquent de droite."

Laurent Wauquiez a jugé que la proposition d'une liste commune pour les élections européennes était "une erreur". "Nous ne partageons pas la même vision de l'Europe qu'Emmanuel Macron", en particulier sur l'élargissement éventuel de l'Union européenne, a-t-il dit. "C'est une profonde erreur car l'élargissement a tué l'Europe", a estimé M. Wauquiez, ancien ministre des Affaires européennes. "Ce que je dis, c'est qu'on va avoir des débats sur l'Europe."

Sur la question de "l'élargissement" de l'Union, on ne voit guère quel débat Wauquiez pourrait entretenir avec Macron. Le chef de l'État s'est en effet explicitement prononcé pour une pause : "Par l'ampleur qu'il a prise, l'élargissement qu'il a connu, la diversité qu'il a adoptée, le projet européen s'est soudain heurté voilà un peu plus de dix ans à un refus du peuple, des peuples", a déclaré Emmanuel Macron, qui, au lieu d'une fuite en avant, prône plutôt un approfondissement du projet européen en permettant que certains États-membres avancent plus vite que d'autres

Le 12/11/2017 avec 6Médias

Le Point