DGSI siège

D'après le directeur général de la DGSI, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste comporte aujourd'hui «un peu plus de 18 000 noms». Dont 4 000 cas particulièrement dangereux surveillés de près.

Depuis sa prise de fonction en juillet 2017, le directeur général de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Laurent Nunez, ne s’était quasiment pas confié aux médias. Au micro de RTL, le 14 novembre, le haut responsable a évoqué la «montée en puissance de la menace endogène» terroriste et révélé un total de 18 000 noms figurant au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSTRP). 4 000 d'entre eux, «les individus les plus dangereux», font l'objet d'une surveillance particulière (sans autre précision).

L'ancien préfet de Marseille a en outre évoqué la mutation des opérations terroristes : la multiplication des cas de radicaux n'allant pas rejoindre la Syrie, mais souhaitant passer à l'acte en France. «Ce sont des individus qui répondent à la propagande de Daesh et qui passent à l’action avec des moyens parfois très rudimentaires», explique-t-il.

De nouvelles attaques comme celle du 13 novembre 2015 seraient-elles encore possibles ? «Elles sont moins probables, mais jamais vous ne m’entendrez dire […] que ça ne peut pas se reproduire, il faut qu’on soit extrêmement vigilant», assure le chef du renseignement. «La volonté de Daesh et d’Al-Qaïda de frapper l’Occident et de frapper la France est intacte», estime-t-il.

Laurent Nunez a également expliqué que la coopération entre les services de renseignement de différents pays, en échangeant de manière multilatérale, permet de mieux suivre les passages de frontières des terroristes en puissance. «On évite des attentats grâce à ces échanges d’informations avec les partenaires européens, mais également les partenaires de l’ensemble des pays du monde en matière de renseignement intérieur» déclare-t-il. Illustration de cette coopération, selon Laurent Nunez : un «groupe antiterroriste» a été créé en 2016 entre les Etats membres de l'Union européenne, la Suisse et la Norvège, afin d'échanger des informations et de partager une base de données répertoriant les individus suspects.

La crainte de «formation accélérée» à la fabrication et l’usage d’explosif

Dans un entretien au Figaro le 13 novembre, Laurent Nunez a également fait référence aux pistes suivies par ses équipes dans leur traque de la menace terroriste. «Nous pouvons [...] craindre l’envoi de tutoriels très aboutis permettant à des "novices" de suivre une formation accélérée à la fabrication et l’usage d’explosif», explique-t-il. Au sujet des «revenants» (les djihadistes de retour des terres du djihad irako-syriennes), le chef du renseignement a tenu à se montrer rassurant, estimant que la plupart des combattants de l’Etat islamique allaient se replier dans des zones locales. «Actuellement, le scénario privilégié n’est pas celui d’un retour massif», assure-t-il. «Le robinet s’est tari : depuis janvier, neuf cas de retour ont été répertoriés, dont les deux tiers sont des femmes accompagnées d’un ou plusieurs enfants», détaille-t-il.

Enfin, au sujet de la lutte antiterroriste depuis le début du développement des filières syro-irakiennes, en 2013, Laurent Nunez annonce le bilan : «46 attentats ont été déjoués, 17 ont échoué et 10 ont eu lieu. La DGSI a procédé à 798 gardes à vue dans 581 dossiers judiciaires. 357 personnes ont été écrouées et 115 placées sous contrôle judiciaire

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