Macron Congrès des maires

« Ce que je vais vous dire aujourd’hui n’a pas vocation à vous satisfaire automatiquement mais a vocation à être appliqué. » C’est avec cette entrée en matière que le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, accueilli sous les sifflets d’une partie des quelque 4 000 élus locaux rassemblés jeudi lors de la clôture du congrès des maires de France, a commencé son discours.

Le chef de l’Etat, plus jupitérien que jamais, est venu rappeler le cap qu’il s’est fixé et parler des choses qui fâchent. A commencer par la confirmation de l’effort budgétaire de 13 milliards d’euros – économisés en limitant à 1,2 % par an la hausse des budgets de fonctionnement – demandé aux communes tout comme la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % – d’ici trois ans – des contribuables qui la paient. Et de répéter que la suppression de cet impôt « territorialement et socialement injuste » était à l’ordre du jour pendant son quinquennat. Les responsables des associations d’élus espéraient au minimum que le plafond de 1,2 % soit augmenté du taux d’inflation. Des élus, parmi lesquels le socialiste André Laignel, qui accusent la suppression de la taxe d’habitation de mettre « gravement en cause l’autonomie fiscale des communes » et « d’amplifier les inégalités ».

Pour le Front National, Macron s’apprête à « saigner nos communes » : « Derrière la mesure populaire de l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables, la volonté du président Macron est catastrophique pour les Français : l’assèchement des finances publiques locales », alors qu’« au contraire, il devient urgent de renforcer le rôle des communes qui sont l’échelon indispensable à la démocratie locale, qui assurent de nombreux services publics et qui réalisent l’essentiel de l’investissement public en France ». En conclusion, « ce qu’il donne aujourd’hui aux Français avec ce faux cadeau fiscal sera vite repris par l’autre main dans un tour de passe-passe technocratique encore flou ». Flou également sur d’autres sujets qui ne laissent pas d’inquiéter les maires, comme la diminution des emplois aidés, l’accueil des Pacs qui désormais leur incombe, l’arrivée des migrants qu’on leur impose de force

Macron est reparti sous quelques applaudissements polis.

Par Pierre Malpouge le 24/11/2017

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