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Agir, c’est le vieux rêve des politiciens, qui regrettent que leur action soit entravée par le contexte international, les agendas politiques, l’inertie ou les réticences des hauts fonctionnaires, chargés de mettre en œuvre leurs décisions.

« Agir » est désormais aussi le nom d’un parti politique, dont les animateurs comme le programme sont assez peu alléchants. Pensez : « Agir » ambitionne de jouer les rassembleurs entre les partisans de La République En Marche (LREM) et ceux des Républicains ! « Agir » est composé d’une vingtaine de notables : députés, pour la plupart. Parmi les noms mis en avant, on trouve ceux de Frédéric Lefebvre (pour notre part, nous avons toujours préféré son père, belle figure de l’Algérie française), Fabienne Keller, notable alsacienne, ou Claude Malhuret, maire de Vichy, qui ne porte plus sa célèbre moustache, presque aussi célèbre, là-bas, que celle du maréchal Pétain. Malhuret eut son heure de gloire quand, président de Médecins sans Frontières, il était en première ligne, notamment dans le conflit afghan, pour combattre le totalitarisme communiste, aux côtés de Jean-François Revel, Alain Besançon, Emmanuel Le Roy-Ladurie, et la fine fleur des intellectuels anticommunistes, à une époque où le communisme représentait encore un avenir radieux pour beaucoup d’idiots utiles. Malheureusement le docteur Malhuret fut ensuite saisi par la passion politicienne, et le voici à présent à « Agir », qui synthétise sans doute le degré zéro de l’engagement altruiste au service d’idéaux.

Quel est le programme d « Agir » ? Soutenir les réformes du gouvernement, et notamment les réformes fiscales, la simplification du Code du travail, l’acquisition des fondamentaux à l’école, la modernisation de l’action publique.

Quant aux valeurs qui unissent cette poignée de notables sans militants : des idées libérales, sociales, européennes, humanistes, réformistes, et, évidemment une « opposition à tout rapprochement avec le FN », dont ils combattront l’idéologie. Enfin « Agir » met en garde contre l’identité, l’euroscepticisme, l’ultra-conservatisme, qui créent des tensions dans la société, et que personnifie Laurent Wauquiez.

Nous avons donc désormais aujourd’hui, à la gauche du Front National, une sorte de maraismais peut-être faudrait-il plutôt parler de marigot (un « marigot d’opportunistes », dit Wauquiez qui, lui, n’y inclut bien évidemment pas LR) – comportant, outre « Agir », Les Républicains, l’UDI, qui sont des centristes parfois compatibles avec LR, du moins lors d’échéances électorales, le MODEM de Bayrou, centristes incompatibles, même en période électorale, et le parti attrape-tout LREM, qui vient encore de récupérer un ex-socialiste (Dussopt) et trois ex-LR (Darmanin, Lecornu et Solère).

LREM a des militants, et il en reste encore à LR, mais les trois autres structures ne sont que des clubs de notables, qui incarnent, par cet émiettement, « les heures les plus sombres » des IIIe et IVe Républiques.

Cinq structures qui se partagent donc peu ou prou le même public. Avec tous ces partis, les égos sont préservés, mais il n’est pas sûr que les électeurs, eux, s’y retrouvent.

Par Francis Bergeron le 27/11/2017

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