Tru Donald

Un électron libre incontrôlable ? Donald Trump semble une nouvelle fois foncer sans écouter les conseils venus de l'extérieur. Le 45e chef d'État américain a reconnuJérusalem comme capitale de l'État d'Israël.

Une décision accompagnée dans les faits du déménagement de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, dont il a ordonné les préparatifs. Ce, malgré les nombreuses contradictions et mises en garde des dirigeants du monde entier. À commencer par les gouvernants du monde arabo-musulman. À commencer par la Palestine.

Suite à cette annonce, le premier ministre israélien a rapidement réagis et a salué un "jour historique". Le dirigeant du pays a assuré dans la foulée le maintien du "statu quo" sur les lieux saints à Jérusalem

En France, le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (Crif), a appelé Emmanuel Macron a reconnaître à son tour Jérusalem comme capitale d'Israël. Mais le président français a qualifié de "regrettable" la décision de Donald Trump et a quant à lui appelé à "éviter à tout prix les violences".

Les groupes palestiniens ont appelé à partir de mercredi à trois "jours de rage", expression consacrée pour rallier les manifestants devant les chekpoints israéliens ou les murs et les miradors de béton qui coupent la Cisjordanie et la bande de Gaza du territoire israélien

Dans les villes de Gaza et de Rafah, dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Le président turc a également averti le président des États-Unis. Selon lui, "une telle mesure ne servira qu'à faire le jeu des groupes terroristes". "J'adresse d'ici un appel au monde entier : gardez-vous de prendre toute mesure qui viserait à modifier le statut légal de Jérusalem, a ajouté Recep Tayyip Erdogan. Personne n'a le droit de jouer avec le destin de milliards de personnes pour satisfaire ses envies personnelles".

 

"Ignorer les droits des musulmans, des Palestiniens et des chrétiens à Jérusalem ne fera que nourrir l'extrémisme et saper la guerre contre le terrorisme", a ajouté le roi Abdallah II de Jordanie, dont le pays est le gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem. Erdogan avait invité les dirigeants des pays musulmans pour un sommet à Istanbul le 13 décembre axé sur la question de Jérusalem

Le Pakistan, deuxième pays musulman le plus peuplé au monde et allié des États-Unis depuis la guerre froide, s'est dit "opposé sans équivoque" à cette décision. "Le peuple et le gouvernement du Pakistan ont pris note avec grave préoccupation de la décision rapportée".

Un tel pas, qui "constituerait une claire violation du droit international et des résolutions onusiennes", "mettrait de côté des décennies de consensus sur la question, saperait la paix régionale et la sécurité de même qu'il empêcherait toute perspective de paix durable au Moyen-Orient", insiste le communiqué du bureau du Premier ministre. Le Pakistan s'est prononcé contre cette démarche après l'Iran, l'Arabie saoudite, l'Egypte, l'Union européenne, la France, l'Allemagne et même le pape François.

"Je ne peux taire ma profonde inquiétude, a déclaré quant à lui le souverain pontife. J'adresse un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'ONU". Le Pape ne peut qu'accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints de trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre

En reconnaissant Jérusalem comme la capitale d'Israël et en y transférant l'ambassade américaine, actuellement à Tel-AvivDonald Trump romprait avec le positionnement de la communauté internationale et des décennies de politique américaine. Le statut de Jérusalem, considérée par chrétiens, juifs et musulmans comme un lieu saint, est une question majeure dans le conflit iraélo-palestinien, les deux camps revendiquant cette ville comme leur capitale. La communauté internationale n'a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël ni l'annexion de sa partie orientale occupée en 1967

Par Cécile de Sèze le 06/12/2017

RTL