Wauquiez Sarkozy

Laurent Wauquiez, élu au premier tour président de LR, a d’emblée proclamé le « retour de la droite ». Mais, de fait, les électeurs Républicains n’ont pas montré un grand élan, eux, pour retourner aux urnes, ils étaient quatre millions lors de la primaire et 99 000 dimancheCertes, le corps électoral n’était pas le même, puisque pour l’élection de Wauquiez seuls les adhérents pouvaient voter. Mais seulement 44 % des 234 000 cotisants au parti se sont déplacés. S’il l’a emporté, le président de la Région Auvergne-Rhône Alpes a perdu le pari de la mobilisation, quoiqu’il ait effectué plus de 70 déplacements dans le pays pour tenter de convaincre ses troupes de se rendre aux urnes.

C’est que ceux qui sont restés à LR après la déroute à la présidentielle sont encore sous le choc, on leur avait dit que l’élection était « imperdable », et ils ont perdu. Ce qui domine chez eux, ce n’est pas l’enthousiasme artificiel de leur nouveau dirigeant mais le scepticisme. On leur a tellement fait le coup du retour d’une droite sans complexe et fière d’elle-même pour qu’ils voient, in fine, l’arrivée de la gauche, qu’ils en sont durablement dubitatifs.

Pour ce qui est du renouveau, rien que du classique dans la stratégie de Wauquiez, qui fait comme ses prédécesseurs, Chirac et Sarkozy : mobiliser, dans un premier temps, le noyau dur des militants sur des thèmes de droite puis, dans un second nous y sommes depuis dimanche soir – s’ouvrir, au nom du rassemblement, au centre, voire à gauche, et édulcorer ses propos droitisants. Le « retour de la droite », c’est surtout celui de ses vieilles recettes. Mais ça ne marche plus guère. Sa rivale, Florence Portelli, loin de se précipiter dans ses bras ouverts, se retire sur l’Aventin en termes plutôt vifs : « Je ne travaillerai pas avec lui. J’aurais l’impression de me prostituer après cette campagne où je prends le contre-pied de ce qu’il dit. » A l’extérieur, le patron de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, l’avait annoncé : si Wauquiez est élu, « il n’y aura plus d’alliance » LR-UDI.

Laurent Wauquiez, dans la continuité de Sarkozy comme de Chirac, croit que prendre le contrôle du parti est la condition nécessaire de son ascension dans la perspective de la présidentielle. Vieille recette là aussi… Le fait que Macron ait été élu sans pratiquement d’appareil politique ne le trouble pas. Si Xavier Bertrand, plus populaire que lui à LR et au-delà, ne s’est pas présenté, c’est qu’il est conscient que le chemin de la présidentielle ne passe plus forcément par-là. C’est aussi le cas de Valérie Pécresse, qui a également quelque ambition pour 2022. Bien plus : face au discrédit dont souffrent les partis aux yeux des Français, en être le patron peut se révéler être plus un handicap qu’un atout.

Quant à être le héraut d’une « droite qui n’a pas honte d’elle-même », ce n’est qu’un slogan creux qui plaît aux militants mais déjà démenti par les faits. Car Laurent Wauquiez, qui réclamait l’abrogation pure et simple de la loi Taubira sur le « mariage pour tous », n’a plus voulu qu’en « limiter les contours » quand il s’est déclaré candidat à la présidence de LR.

De quoi demain aura-t-il honte et qu’il abandonnera ?

Par Guy Rouvrais le 11/12/2017

Présent