Collomb 2017

Leur pays n’est pas en guerre et leurs vies ne sont pas menacées. Pourtant, avec plus de 7 000 dossiers déposés sur les six premiers mois de l’année, soit deux fois plus qu’en 2016, les Albanais sont les premiers à demander l’asile en France. Une véritable « invasion » à laquelle le ministre de l’Intérieur entendait mettre un frein en se rendant jeudi à Tirana.

Conséquence directe de la suppression des visas

Une visite annoncée en juillet dernier, à l’issue d’une réunion place Beauvau entre Collomb et le ministre des Affaires étrangères albanais Ditmir Bushati, qui venait de lui présenter un « plan d’actions » visant à « obtenir d’ici trois mois des résultats concrets en matière de lutte contre l’immigration ». A l’époque déjà, Collomb avait en effet souligné que la France était le premier pays européen concerné par l’immigration albanaise puisqu’environ 75 % des demandes d’asile albanaises se font aujourd’hui chez nous. Un chiffre en constante augmentation depuis 2010, année depuis laquelle les Albanais n’ont plus besoin de visas pour circuler dans l’espace Schengen… Des demandes, bien sûr, dont une grande majorité est rejetée car infondée. Ainsi, indiquait Collomb, 20 % des places d’hébergement pour demandeurs d’asile en France sont occupées par une nationalité qui, dans 90 % des cas, n’obtient pas le statut de réfugié !

Mieux : quand on sait que les déboutés ne sont quasiment jamais expulsés, on imagine que la plupart de ces gens sont toujours sur notre sol et, pour certains, ont même grossi les rangs de ces fameuses maffias albanaises qui préoccupent tant le Service de police judiciaire qui collecte les informations sur la criminalité organisée. Sirasco (le Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) qui, d’ailleurs, établissait indirectement un lien avec la suppression des visas, en expliquant qu’« en progression constante depuis 2010, la criminalité organisée albanophone est une menace réelle pour la sécurité intérieure » et notait que le nombre d’Albanais et de Kosovars dans les prisons hexagonales a bondi de 340 % depuis 2011.

Mais aussi du laxisme migratoire français

Collomb entend rencontrer le président Ilir Meta afin de signer un accord pour une meilleure coopération policière. Mais comme le soulignait très justement le vice-ministre albanais de l’Intérieur, Rovena Voda, la « législation plus souple » en France qu’ailleurs, les délais d’examen des demandes « de six à neuf mois », ou encore le versement de l’allocation pour demandeurs d’asile jusqu’au recours, sont autant de points qui incitent les Albanais à tenter leur chance en France.

Par Franck Deletraz le 14/12/2017

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