Macron Merkel UE

L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici

L'Incorrect

Par Hadrien Desuin le 08/02/2018

Depuis mai 2017, Emmanuel Macron attend le retour de la Chancelière. Ou plutôt, il s’impatiente. Le surlendemain des élections allemandes, il applaudit le score de la CDU malgré une perte de 65 sièges et l’entrée de l’AfD au Bundestag. Il refuse de reporter son discours et, en Sorbonne, il lance, triomphal, son grand projet : l’Europe fédérale« L’Europe seule peut, en un mot, assurer une souveraineté réelle. » La technostructure bruxelloise vivote depuis que la « Constitution Giscard » a été rafistolée à Lisbonne fin 2007.

Peu importe, Emmanuel Macron veut, pour commencer, un nouveau traité de l’Élysée pour le 22 janvier 2018, 55 ans après de Gaulle. Premier échec. Depuis septembre, Angela Merkel n’a pas avancé d’un pouce. Comme tous ses prédécesseurs depuis 1974, Emmanuel Macron persiste à croire que la France est notre passé et l’UE notre avenir. Depuis, la chimère est devenue cauchemar.

On défait la France pour faire l’Europe allemande.

Les équipes du Président assument. Il s’agit précisément de peser sur les négociations allemandes et de pousser Merkel vers l’avant. À Berlin, on fait comprendre au jeune Macron que dévoiler au bon peuple ses rêveries fédérales n’est pas la meilleure idée du moment tandis que la Chancelière négocie avec des libéraux de plus en plus sceptiques et des conservateurs bavarois de moins en moins dociles. Fin novembre, Angela Merkel essuie d’ailleurs un premier revers. La « coalition Jamaïque » qui devait réunir chrétiens-démocrates, conservateurs, écologistes et libéraux explose.

La constitution d’un nouveau gouvernement repoussée au printemps 2018

La constitution d’un nouveau gouvernement est repoussée au printemps 2018 tandis qu’aucune alternative à Angela Merkel n’apparaît au sein de la droite allemande. Inamovible au Reichstag, elle phagocyte les sociaux-démocrates dans une grosse coalition : Martin Shulz et Sigmar Gabriel étouffent dans la confortable étreinte centriste. La base gronde, les revers électoraux s’accumulent dans les régions, et les sondages menacent. « Mutti » est encerclée, mais elle est toujours au centre de l’échiquier.

L’attelage CDU-SPD, vaincu en 2017, plaide pour s’accorder un nouveau sursis. Emmanuel Macron, de son coté, attend toujours son rendez-vous avec l’Histoire. Il veut faire des nations table rase et bâtir l’avenir radieux du fédéralisme européen« Bruxelles, c’est nous ! » Il faut aller plus vite et plus fort : une armée, une police, un budget européen ! Tout doit être prêt pour 2024 et les JO de Paris. « Ce sera un moment de rassemblement unique, une occasion magnifique de célébrer l’unité européenne. En 2024, l’Hymne à la joie retentira, et le drapeau européen pourra être fièrement arboré aux côtés de nos emblèmes nationaux », s’enthousiasme-t-il.

Il veut une Constituante à Strasbourg en 2019 et les États-Unis d’Europe pour les Jeux. Mais les peuples européens refusent de se laisser entraîner dans cette fuite en avant. Le Royaume-Uni négocie son départ. L’Europe centrale se regroupe à Visegrad. L’Italie gronde. Les électeurs s’élèvent contre les vagues de migrants. La droite autrichienne va présider pour six mois l’UE. Jean-Claude Juncker titube chaque jour. Catalans, Flamands et Corses veulent des frontières puisque les nations ne défendent plus les leurs. Et maintenant, l’opinion allemande voudrait tourner la page Merkel. La Chancelière jouit d’un excédent budgétaire et d’une croissance à faire pâlir ses voisins.

Péché d’orgueil sans doute, elle a cru que l’économie suffisait pour absorber l’afflux de migrants. La politique prend sa revanche pendant que le cauchemar fédéral continue sa course folle.