Ramadan Tariq 3-

Tariq Ramadan, qui s'est présenté à de nombreuses reprises comme "professeur de philosophie et d'islamologie à l’université de Fribourg (Suisse)", aurait usurpé ces titres universitaires, révélait lundi 5 mars Le Point. D'après l'hebdomadaire, alors que de premières informations accusant Tariq Ramadan d’être un "faux professeur" circulaient dans la presse, le député Xavier Ganioz, vice-président du Parti socialiste fribourgeois, a demandé des explications à l’université de Fribourg le 26 février dernier.

Du "forcing" pour obtenir sa thèse?

Cette dernière a affirmé que Tariq Ramadan avait simplement présenté un exposé sur l’islam une fois par semaine, à titre bénévole, et qu’il n’était ni professeur, ni même assistant. "L’université de Fribourg n’est pas responsable des titres académiques qui ont été attribués à M.Ramadan après son départ en 2004", s’est défendu le rectorat.

Dans un deuxième article publié ce samedi 10 mars, Le Point va plus loin et revient sur les conditions d'obtention de sa thèse en islamologie arabe à l'université de Genève. À l'époque, Tariq Ramadan avait décidé d'étudier Hassan al-Banna, son grand-père, le fondateur des Frères musulmans égyptiens. Mais selon son directeur de thèse, Charles Genequand, l'intellectuel musulman aurait fait du "forcing" pour obtenir son diplôme, comme l'explique Le PointCharles Genequand insiste notamment sur le fait que Tariq Ramadan ne mentionnait pas dans son travail les violentes campagnes antisémites menées par la Confrérie. Il lui aurait donc demandé d'apporter de multiples corrections à son travail en 1994. Ce que l'élève aurait refusé.

Une "théorie du complot"

Il aurait même "harcelé les membres du jury pour obtenir [sa thèse] au plus vite", précise Ian Hamel, auteur du livre La Vérité sur Tariq Ramadan Sa famille, ses réseaux, sa stratégiequi signe également cet article du Point. Toujours selon le journaliste, il va jusqu'à "menacer un autre membre du jury, Ali Merad, professeur émérite à l'université de la Sorbonne Nouvelle Paris-III". Conséquence, trois membres du jury démissionnent. Pour se défendre, Ramadan aurait invoqué la théorie du complot. "Il se lance dans la théorie du complot: c'est parce qu'il est arabe que l'université lui refuserait sa thèse!", détaille Le Point

C'est finalement grâce au soutien du sociologue Jean Ziegler, à l'époque député socialiste au niveau fédéral, et de son épouse Erica Deuber-Ziegler, députée communiste au parlement genevois, et à leurs soutiens respectifs que l'université aurait finalement cédé.

Une version contestée

Un second jury est alors constitué et la thèse intitulée "Aux sources du renouveau musulman. D'al-Afghâni à Hassan al-Banna, un siècle de réformisme islamique" est acceptée en 1999. Mais le jury ne lui accorde pas la mention "très honorable", "ce qui signifie en langage universitaire que les portes des facultés de Suisse sont fermées à Tariq Ramadan", indique Le Point. Mais présenter bénévolement un exposé d'une heure par semaine à l'université de Fribourg lui ouvre tout de même les portes des universités en France

Reste que cette version est contredite parTariq Ramadan. Dans Faut-il faire taire Tariq Ramadan?, il assure que Charles Genequand a été désavoué. "Le doyen de l'époque et le collège des professeurs lui ont donné tort sur sa gestion du dossier et ont demandé la reconstitution d'un jury", assure-t-il.

Le 10/03/2018

BFM-TV