Gendarmerie NDDLjpg

Après quatre jours d’un feuilleton dont l’intrigue se sera au fond résumée à savoir comment 2 500 gendarmes allaient venir à bout sans incident grave de plusieurs centaines de nervis d’extrême gauche (Présent d’hier), le préfet de Loire-Atlantique a finalement annoncé jeudi soir « la fin des opérations » dans la ZAD et la reprise des négociations dès ce vendredi. Tout ça pour ça ! serait-on tenté de dire. C’est que, après avoir vainement attendu une « bavure » à exploiter, les médias, qui ont majoritairement pris parti pour la faune gauchiste de NDDL, ont depuis changé de stratégie.

Quand on n’a pas de Malik Oussekine ni de Rémi Fraisse à déplorer, en effet, il faut bien trouver un autre moyen pour faire plier un Etat qui, de toute évidence, marche sur des œufs depuis le début. Or, dès mardi, le SNJ-CGT de la presse apportait une solution au problème : si nous ne voyons pas de dérapages, c’est parce que « les médias sont clairement interdits de filmer les affrontements ». Un discours bien sûr immédiatement relayé par la presse de gauche et certains élus, dont Alexis Corbière (LFI) qui affirmait jeudi matin que les journalistes « n’ont pas du tout accès à ce qui se passe » et que cela « démontre qu’il y a sans doute des choses qui vont plus loin que ce qu’on veut en dire ». On saluera d’ailleurs au passage l’honnêteté de nos confrères d’Ouest-France qui, rapportant ces propos, soulignaient qu’ils avaient « pu couvrir les opérations, chaque jour, côté zadistes. Et [qu’ils] n’étaient pas les seuls » !

Mais l’offensive médiatique ne s’arrêtait pas là. Le même jour, le SNJ, affirmant que « plusieurs membres des forces de l’ordre portaient sur eux un brassard identifié “presse” » pendant les opérations d’évacuation, dénonçait une « atteinte à la profession », tout en déplorant que la ZAD soit devenue « une zone de non-droit à l’information »…

Encore onze gendarmes blessés

Bref, autant d’accusations qui, associées aux pleurnicheries des zadistes et de leurs soutiens abondamment relayées par la grosse presse, auront sans doute joué un rôle déterminant dans la décision du gouvernement de mettre rapidement un terme à ces expulsions à risque.

Cependant, si 29 squats ont à ce jour été évacués, la situation n’est pas réglée pour autant. D’abord parce que, les gendarmes partis, il est clair que cette faune gauchiste réoccupera vite les lieux. Ensuite, parce que les nervis de NDDL, qui ont appelé à la mobilisation dimanche, n’entendent pas déposer les armes. Et nous en avons encore eu la démonstration jeudi, avec cette violente embuscade qu’ils ont tendue à une relève de gendarmerie sur la RD 281. « Positionnés de part et d’autre de l’axe », a en effet raconté un officier, ils ont, à l’arrivée des gendarmes, jeté toutes sortes de projectiles, cocktails Molotov et même bouteilles d’acide « de façon à générer le plus grand nombre de blessés ». Une attaque qui a fait onze blessés parmi les forces de l’ordre, portant ainsi à 46 leur nombre depuis le début de l’opération.

Par Franck Deletraz le 13/04/2018

Présent