Marion 032017

Voilà une installation qui ne va pas passer inaperçue

 C’est en effet à Lyon, dans le quartier de la Confluence, à deux pas du siège de la Région Auvergne-Rhône-Alpes que Marion Maréchal-Le Pen s’apprête à installer sa future académie de Sciences politiques. L’information nous a été confirmée par l’un de ses très proches, en l’occurrence le conseiller régional Thibaut Monnier.

Pour cette nouvelle aventure aux marges de la politique, l’ancienne députée Front National voit grand. Ce sont 400 m2 qui auraient été réservés pour accueillir dès la rentrée prochaine ses premiers étudiants. D’ici là, une communication officielle est prévue courant juin pour attirer les candidats. Pas besoin d’avoir sa carte au Front National ; ni même de partager les idées du parti que préside sa tante Marine. Comme l’a expliqué Marion Maréchal-Le Pen dans les colonnes de l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, il s’agit de "détecter et former les dirigeants de demain qui auront le courage, l’intelligence, le discernement et les compétences pour agir efficacement dans la société et au service de la société".

S’il récuse être partisan, le projet est bel et bien éminemment politique. Son initiatrice parle d’un projet "libre et indépendant" qui vise à être "le terreau dans lequel tous les courants de la droite pourront se retrouver et s’épanouir". L’objectif est de donner "des armes intellectuelles, culturelles, juridiques, techniques et médiatiques à (nos) jeunes afin qu’ils soient le plus performants possible dans l’entreprise comme dans l’arène politique".

Pas une manoeuvre de stratégie politique selon ses proches

L’objectif est ambitieux puisqu’il vise à proposer des formations débouchant sur des diplômes reconnus. Dans cette optique, Marion Maréchal-Le Pen devrait s’appuyer sur des partenariats avec d’autres écoles existantes qui disposent déjà d’un agrément reconnu par l’État. Cette initiative ne manquera pas d’être l’objet de nombreux commentaires. Elle va en effet donner un peu plus de visibilité à celle qui jouit déjà d’une réelle popularité malgré (ou grâce à) son éloignement du monde politique.

Le dernier baromètre  Kantar Sofrès publié par Le Figaro Magazine la crédite ainsi d’un score de 19 points, en hausse de 4 points en un mois. Un résultat d’autant plus intéressant qu’elle est la seule personnalité présente dans ce baromètre à n’exercer actuellement aucune responsabilité élective ou ministérielle. Elle devance d’un point sa tante Marine qui vient pourtant d’être réélue à la présidence du Front National et de huit points Laurent Wauquiez qui continue à reculer.

Quoi qu’elle dise ou pense, Marine Le Pen est bien obligée de constater que sa primauté est désormais battue en brèche au sein de son propre parti et de son électorat. Elle ne croit pas plus que d’autres à son retrait définitif de la politique. "Marion, c’est une Le Pen de pure race, une trempe de champion. Elle a goûté à la politique, donc elle y reviendra", affirmait voici peu le patriarche du clan, Jean-Marie Le Pen. Sur le plan des idées, sa jeunesse ne doit pas nous faire oublier que Marion est probablement plus conservatrice que Marine. Sa position en ce qui concerne le remboursement de l’avortement en est un exemple.

Pourrait-elle demain devenir le leader d’une droite conservatrice qui viendrait tondre la laine sur le dos d’un Parti Républicain dont le président Laurent Wauquiez est à la peine ? Pour y parvenir, il faudrait qu’elle réussisse à faire oublier sa filiation

Le Pen qui reste (probablement pour longtemps encore) un repoussoir pour une partie importante de l’électorat de droite. Tout du moins celui qui n’a pas déjà franchi le Rubicon et rejoint le Front National.

Ses proches affirment haut et fort qu’il serait erroné de voir dans cette installation à la Confluence, une manoeuvre de stratégie politique. On aura toutefois du mal à croire que c’est pur hasard de voir l’Académie s’installer à deux pas du bureau de Laurent Wauquiez. Au sein du Conseil régional, Marion Maréchal- Le Pen sait qu’elle peut d’ores et déjà compter sur plusieurs fidèles. Outre l’isérois Thibaut Monnier déjà cité et dont on peut penser qu’il va jouer un rôle au sein de la future Académie, c’est également le cas du givordin Antoine Mellies. Sans oublier Christophe Boudot, l’actuel président du groupe FN à la Région.

Le 16/04/2018

Lyon Mag