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Communiqué de Sylvie Goddyn, Député français au Parlement européen du 16/05/2018

L’adage selon lequel l’histoire serait un perpétuel recommencement se vérifie particulièrement en matière de scandale sanitaire. L’actualité nous en offre encore un triste exemple. Le Canard enchaîné a révélé que le groupe Saipol (Lesieur) avait alerté le 21 avril dernier la Répression des fraudes après avoir reçu 40 000 tonnes d’huile de tournesol ukrainienne, coupée avec 280 tonnes de lubrifiant pour moteur.

Dès le 26 avril, les produits ont pour partie été retirés des rayons, mais la Répression des fraudes aurait rédigé une note qui dispose que « Le blocage des produits ayant moins de 10 % d’huile de tournesol contaminée est levé depuis le 2 mai, ceux contenant plus de 10 % sont soumis au blocage et retrait ». Il en résulte que des produits contaminés sont encore vendus en raison d’une « absence de toxicité aiguë ».

Cette décision inquiétante a pour origine la Commission européenne qui a décidé qu’un homme de 60 kg peut ingurgiter cette huile de moteur jusqu’à 1,2 gramme par jour sans risque ! La Commission européenne ne fait que réitérer la même erreur qu’en 2008, où elle avait déjà eu à connaître une fraude sur de l’huile de tournesol importée d’Ukraine qui contenait des hydrocarbures. Dès cette époque, la Commission européenne et la France ont fermé les yeux, en raison d’une insuffisance de notre production d’huile de tournesol.

Face à ce scandale, des solutions de court et de long terme sont indispensables :

À court terme, il faut lutter contre l’importation mais surtout la vente de toute huile frelatée, même si la dose est considérée comme ne présentant « aucun » risque. Il faut donc renforcer d’urgence les procédures de contrôle : en l’espèce, le contrôle réalisé par l’importateur a – heureusement ! – fonctionné. Mais on ne peut pas sérieusement croire que les contrôles réalisés par l’Ukraine sont fiables. Il faut donc un contrôle strict des importations par les autorités sanitaires françaises.

À long terme, il faut évidemment favoriser la production d’huile de tournesol française, beaucoup plus sûre sur le plan sanitaire que les huiles importées. Il faut notamment développer des circuits courts et des circuits contractuels sains entre producteurs et transformateurs, de façon à ce qu’un cahier des charges et un juste prix soient respectés.

Front National