Joker

"Sur les 80 km/h, j'aimerais avoir votre position", avait gentiment demandé une participant à une réunion publique hier soir au ministre de l'Intérieur Gérard Collomb qui était venu dans le cadre d'une séance de festivité à l'occasion des "un an" de macronisme élyséen à Rungis dans le Val-de-Marne.

L'ancien maire socialiste de Lyon lui a répondu, légèrement déconcerté (il faut dire que c'était une réunion rassemblant plutôt des fans du Président de la République) "je prends un joker sur la question".

Le ministre ne sait donc pas apporter de réponse à une question qui va toucher une importante partie de la population puisque la mesure qui est censée faire baisser la mortalité routière, entrera en fonction dans moins d'un mois et demi, en imposant une réduction de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur près 400.000 km de routes secondaires à double sens sans séparateur central.

Cette décision, prise au début de cette année, provoque de forts débats et ce, aussi bien dans le monde politique, économique et social. La limitation à 80 km/h va particulièrement impacter les habitants des régions rurales, à l'image de notre département et l'ensemble de ceux de Bourgogne-Franche-Comté.

Monsieur Collomb et ses collègues ne seront sans doute pas trop gênés, eux, par cette décision qui se résume (mais c'est un regard tout personnel, partagé par nombre de mes compatriotes) à une énorme opération de renflouement des caisses de l'Etat

Théoriquement, c'est Emmanuel Macron qui l'avait dit, l'argent perçu en sanctionnant les contrevenants serait affecté en totalité aux "hôpitaux qui soignent les blessés de la route"...

Ouais.

GS