Herrou Doigt d'honneur 1

L'image a fait bondir de nombreux politiques. Condamné par la justice pour son action en faveur des migrants, Cédric Herrou a été invité sur le tapis rouge de la Croisette. Il en a profité pour faire un doigt d'honneur devant les caméras.

Le doigt d'honneur de Cédric Herrou, photographié et filmé sur le tapis rouge du Festival de Cannes le 17 mai, a fortement déplu à de de nombreuses personnalités politiques. C'est le cas notamment du président de Debout la France (DLF), Nicolas Dupont-Aignan. Dans un tweet posté le 19 mai, le député estime qu'il s'agit là d'une «provocation honteuse du condamné Cédric Herrou qui, entouré de migrants, fait un doigt d'honneur aux millions de Français qui ne veulent plus subir cette immigration massive !». Dans son message, Nicolas Dupont-Aignan accuse également le Festival de Cannes de l'avoir invité : «Un délinquant gauchiste traité comme une star... Assez de cette inversion des valeurs !»

Le militant Cédric Herrou est célèbre pour avoir aidé des migrants à rester clandestinement sur le sol français et s'être fait arrêter à plusieurs reprises.

Un doigt d'honneur à destination de la France ?

Condamné par la justice française en août 2017 à quatre mois de prison avec sursis par la cour d'appel d'Aix-en-Provence pour avoir fait passer la frontière à environ 200 migrants et en avoir accueilli chez lui, Cédric Herrou devrait également être jugé le 22 octobre à Nice pour injures publiques envers le préfet des Alpes-Maritimes. Celui-ci l'accuse d'avoir dressé un parallèle entre le traitement des migrants demandant l'asile et celui des juifs sous l'Occupation.

Or, Cédric Herrou fait l'objet d'un documentaire, signé Michel Toesca, sélectionné en «séance spéciale» au Festival de Cannes racontant la façon dont le militant s'est organisé pour accueillir des migrants de plus en plus nombreux. Cédric Herrou, vêtu cette fois-ci en costume, et Michel Toesca étaient accompagnés de demandeurs d'asile sur le tapis rouge. Interrogé par l'AFP, Cédric Herrou assure qu'il accueille toujours des migrants, malgré la condamnation. Cédric Herrou, en les accueillant, «se substitue à l'Etat», estime pour sa part Michel Toesca.

Néanmoins, la mise en valeur par le festival d'un condamné fait réagir, notamment au sein du Front national (FN). Dans la même veine que Nicolas Dupont-Aignan, le député FN Gilbert Collard s'offusque ainsi que Cédric Herrou devienne «le héros de Cannes des bobos et reçoi[ve] la palme d'or luxueuse du doigt d'honneur : il se fout de nous, et en jouit bien... pour l'instant !».

Gaulliste, essayiste et directeur général de l’IPAG Business School, Guillaume Bigot juge que «cette image symbolise parfaitement la haine de classe qui anime une certaine extrême gauche culturelle». «Le doigt du déshonneur national est l’équivalent du bras tedu des collaborateurs d’hier», poursuit-il.

Le premier adjoint  Les Républicains de Marolles-en-Brie  Jean-Michel Carigi a un jugement également critique sur le doigt d'honneur : «Voilà ce qu'est devenu le Festival de Cannes. Un délinquant gauchiste et des clandestins qui font un doigt d'honneur à un pays qu'ils pressent pourtant de les accueillir

Le 19/05/2018

RT France