Troszczynski Mylène officiel

Boulevard Voltaire

Par Mylène Troszczynski, député FN au Parlement européen le 30/05/2018

Plus de 250 morts et environ 1.000 blessés, tel est le bilan de l’islamisme en France depuis trois ans. Les chiffres sont lourds et la réalité cruelle. Nous devons, pourtant, nous y accoutumer, ne cessent de répéter les plus hautes autorités de l’État. Pour des raisons qui leur appartiennent, ils ont renoncé et minimisent la menace. Cette résignation les déshonore et cache mal la terrible responsabilité qui est la leur.

En effet, une société déconstruite et déracinée comme la nôtre peut devenir le berceau d’un terrorisme éthique et moral beaucoup plus virulent et plus insidieux que le terrorisme des islamistes lui-même. Car si ceux qui tuent les corps et ensanglantent notre pays doivent être combattus, combien plus encore doivent l’être ceux qui pervertissent les esprits et affaiblissent les volontés. Ils portent une responsabilité écrasante. À l’œuvre depuis longtemps, leurs enfants partagent notre vie quotidienne. Sans discernement, sans but et sans idéal, ils traversent l’existence au gré des modes mercantiles et des incantations « prêtes à penser ».

Héritiers sans mémoire ni testament, ils sont capables de tout entendre, de tout accepter et donc de ne plus rien défendre. Ils auraient pu être acteurs, mais ne sont plus que sujets et seront bientôt soumis. Les coupables de cette rupture de transmission sont désormais au pouvoir. Ce sont les enfants de Mai 68 !

Les dirigeants des pays occidentaux portent, à ce titre, une responsabilité écrasante depuis cinquante ans. Pour avoir non seulement refusé de transmettre ce qu’ils avaient reçu, mais surtout pour avoir annihilé toute velléité de réaction, ils ont fait pire que ceux qui tuent les corps. Ils ont créé les conditions de l’avènement des assassins. Désormais, notre société est livrée aux ténèbres de la peur, de la tristesse et de l’isolement. Elle n’a plus que le vide et le néant à offrir, et donc rien à proposer face aux idéologies les plus folles. Tout est permis et tout se vaut. Plus aucune valeur ne structure la pensée ni les mœurs. La société occidentale a choisi de s’organiser sans transcendance et la voilà maintenant livrée aux lumières clinquantes et trompeuses de la société de consommation, du profit à tout prix et de l’individualisme forcené, une société entièrement soumise aux désirs et qui a rompu avec son histoire et sa mémoire. À partir d’une telle situation, comment s’étonner de voir prospérer les idéologies les plus violentes et les plus mortelles ?

Nous ne sommes plus en mesure de proposer aucun idéal ni aucune aventure humaine à la jeunesse de notre pays. Comment le serions-nous a fortiori envers ceux qui arrivent d’ailleurs ?

Les blessés de l’existence aux tempéraments fiévreux d’Afrique ou d’Orient ne trouvent, dans notre mode de vie et notre civilisation, rien qui réponde à leur soif d’absolu. Ils finissent alors par la mépriser et la conspuer. Le rêve de l’émigration heureuse, c’est, à l’arrivée, la ghettoïsation furieuse et son cortège de conflits, le déracinement, la misère et parfois la mort. En dénigrant l’Histoire, en détruisant la cellule de base de la société, en jetant le discrédit sur les vertus les plus héroïques de l’histoire des hommes, ils ont détruit les fondements de notre pays et de notre civilisation.

Ce terrorisme fait aux esprits, nous le craignons plus que tout, car il précède et facilite celui de l’islam radical… fait aux corps.