Matteo Salvini Conte Di Maio

L'Incorrect

Par Gabriel Robin le 12/06/2018

Matteo Salvini est salutaire à double titre. Evidemment, il a décidé d’appliquer son programme en matière migratoire, en témoigne son geste rapide et efficace pour repousser l’Aquarius rempli de « migrants » loin des côtes italiennes. Mais, finalement, sa plus belle action ne serait-elle pas d’avoir fait sortir tous les éternels indignés  du bois ? Et mieux, d’agir en révélateur des mous et des inconscients, qu’ils soient députés de la majorité en France, nationalistes corses, éditorialistes ringards ou curés.  On trouvera d’ailleurs des similitudes entre les propos de Laurent Joffrin et ceux de monseigneur Xavier Malle.

Le premier y est allé de son point Godwin, tout comme Esther Benbassa, en établissant un parallèle entre l’Aquarius et l’Exodus, comparant le sort des juifs d’Europe de la Seconde Guerre mondiale au sort des clandestins. L’Italie et l’Europe ont beau être néo-fascistes, les Africains qui y échouent ne semblent pas vouloir la fuir. Quant au second, il a donné une petite leçon de moraline à Salvini, dans un style que ne renieraient pas les députés de La République En Marche qui réclament que la France accueille les « migrants » présents à bord de l’Aquarius, bateau qui a « sauvé » 30.000 personnes en deux ans, ce qu’on pourrait apparenter à de la haute-trahison et à du trafic d’êtres humains.

L’Europe ressemble à l’Atlantide, ce continent légendaire disparu dans les flots, détruit. C’est le sort qui la guette si elle ne prend pas ses dispositions pour empêcher le milliard d’individus à ses portes de pénétrer sur son sol, alors que son visage a déjà profondément changé en à peine trente ans, soit plus vite que jamais auparavant dans son histoire. Cela, le nouveau ministre de l’Intérieur Matteo Salvini l’a parfaitement compris. À l’image de Gérard Collomb, il le dit, en recommandant aux clandestins de faire leurs valises. Et il ne se contente pas de dire : il fait.

Il permet même de démasquer notre premier ministre Edouard Philippe, qui aurait visiblement besoin d’une remise à niveau en géographie, lui qui a « pointé le non-respect par l’Italie de ses obligations », selon lesquelles l’Etat le plus proche d’un bateau en détresse doit le secourir. En l’espèce, il ne s’agit pas de la généreuse Espagne de l’illégitime socialiste Pedro Sanchez, qui devrait faire un petit tour et puis s’en aller, mais de la Tunisie.

Pourquoi la Tunisie n’accueille-t-elle pas les passagers de l’Aquarius ? Pourquoi seule l’Europe devrait recevoir toute la misère du monde ?

 Heureusement, nos amis corses ont peut-être la solution. Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni veulent expulser les « pinzus ». Soit. En échange, prenez donc les « migrants » ! Un souhait entendu par les nationalistes corses qui, à l’identique de leurs condisciples catalans, ont déclaré le « Conseil exécutif de Corse » prêt à proposer à SOS Méditerrannée d’accueillir l’Aquarius dans un port corse. Un message semblable aux dizaines de tweets des députés marcheurs, qui ont soumis Emmanuel Macron à une immense pression. Déjà ridiculisé au G7, Emmanuel Macron poursuit sa descente aux enfers, refusant de rompre avec son aile droit-de-l’hommiste comme François Mitterrand le fit de son côté avec les marxistes.

Matteo Salvini restera peut-être dans l’Histoire. Pour Emmanuel Macron, dont tout indique que c’est le souhait le plus cher, rien n’est moins sûr.