EI enfants

On savait la question du retour des familles et des enfants nés ou élevés dans les zones contrôlées par Daech compliqué. Elle le sera d’autant plus dans les mois et les années à venir selon les chiffres fournis par le Soufan Center, un organisme à but non lucratif fondé par un ancien membre du FBI spécialisé dans le contre-terrorisme.

Le rapport, mis en lumière par une tribune de la sociologue  Hasna Hussein dans Le Monde, indique que 2000 enfants âgés de 9 à 15 ans ont été recrutés et formés par l’Etat islamique de 2014 à 2016. Parmi eux, environ 460 enfants seraient français. Ce qui place la France en tête du classement des pays de provenance des enfants soldats. La Russie (350), la Belgique (118) mais aussi les Pays-Bas (90) ont également de nombreux jeunes ressortissants formés par l’EI.

«Les deux tiers sont partis avec leurs parents, le dernier tiers est composé d’enfants nés sur place - qui - ont donc moins de quatre ans» écrit la sociologue dans sa tribune. Toujours selon les autorités, 77 enfants français seraient d’ores et déjà retournés en France « avec ou sans leur mère ou parents ».

Suivi des enfants et placement en famille d’accueil

Dès qu’ils posent le pied à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, les enfants de djihadistes français, qu’ils soient nés en France ou à Raqqa, relèvent de la justice et de l’aide sociale à l’enfance du département.

Les leviers classiques de protection de l’enfance sont activés, avec un suivi par des éducateurs et des placements, soit dans la famille élargie si le juge estime que c’est opportun - certains des enfants ont ainsi été confiés à leurs grands-parents, et deux petits ont été remis à leur mère placée sous contrôle judiciaire -- soit en famille d’accueil dans le département. Il s’agit de familles d’accueil avec lesquelles l’administration a l’habitude de travailler, « les plus solides », confiait alors un cadre de la direction de la famille.

Le 07/07/2018

Le Parisien