Alliance Police Nationale

Mercredi 18 juillet, Le Monde a diffusé la vidéo montrant un collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, responsable de sa sécurité durant la campagne présidentielle, en train de frapper un manifestant le 1er mai 2018. Mais alors que les Français découvraient ces images pour la première fois, l’Elysée était déjà au courant de cette agression depuis plusieurs mois. En effet, selon le porte-parole de l'Elysée, Bruno Roger-Petit, après la découverte de ces faits en mai, Alexandre Benalla a été mis à pied pendant deux semaines, avec suspension de salaire. Il a également été rétrogradé en interne et affecté à un poste administratif, où il s’occupe de la sécurité d’événements organisés à l’Elysée.

L’incompréhension et la colère des policiers

Une annonce qui a mis en colère le syndicat de policiers Alliance. Dans un communiqué daté de ce jeudi 19 juillet, il a dénoncé des « sanctions à deux vitesses ». « Les policiers eux ne bénéficient jamais d'une quelconque clémence et ne comprennent donc pas que dans ‘une République exemplaire’ des sanctions à deux vitesses puissent exister », indique le communiqué. En effet, on peut apercevoir les deux poids deux mesures dans les sanctions mises en place dans cette affaire et celle du gardien de la paix qui avait frappé un migrant début juin dans le Tribunal de grande instance de Paris. Pour ce policier la réaction avait été immédiate et intransigeante. En effet, dans la foulée, le parquet de Paris a ouvert une enquête des chefs de faux et violences par personne dépositaire de l'autorité publique.

Condamnant l’acte du fonctionnaire de police, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait annoncé qu’il avait été suspendu. Une source judiciaire a également précisé que l’homme en question avait été placé en garde à vue. Dans le cas d’Alexandre Benalla, l’enquête préliminaire des chefs de « violences par personne chargée d'une mission de service public », « usurpation de fonctions », « usurpation de signes réservés à l'autorité publique » n’a été ouverte que ce jeudi 19 juillet, soit trois mois après les faits. In fine, les syndicalistes ont déploré dans leur communiqué qu'« un amalgame soit fait, que l'image de la police soit ternie par le comportement d'un individu extérieur aux forces de sécurité ». En effet, le jour de l’agression, ce proche d’Emmanuel Macron était coiffé d’un casque des forces de l’ordre.

Le 19/07/2018

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