AN hemicycle plein

C'était attendu: les oppositions n'ont pas réussi à renverser le gouvernementLes deux motions de censure déposées l'une par la droite (Les Républicains), l'autre par la gauche (Parti socialiste, La France insoumise, Parti communiste), n'ont pas été adoptées ce mardi après-midi par les députés. La première a recueilli 143 suffrages, la seconde 74. Bien loin des 289 voix - une majorité absolue des députés - nécessaires pour faire tomber le gouvernement.

Mais tel n'était pas l'objectif des oppositions: ni LR, avec 103 députés, ni la gauche, avec 63 élus, même en votant tous les uns pour les autres, ne pouvaient tenir tête à l'écrasante majorité de LaREM-MoDem. Il s'agissait de contraindre  Edouard Philippe à «s'expliquer» et faire perdurer un peu plus l'affaire Benalla. À la tribune, le premier ministre a dénoncé une «instrumentalisation politique» et a nié toute responsabilité d'Emmanuel Macron.

LR dans une opposition plus nette que l'année dernière

Si ces résultats ne sont pas surprenants, ils définissent mieux les contours de la majorité et de l'opposition. En un an, l'assise parlementaire du gouvernement s'est réduite. Il y a un an, les trois quarts des Républicains décidaient de «laisser le bénéfice du doute» au gouvernement et s'abstenaient. Aujourd'hui, la quasi-totalité (101 sur 103) ont voté leur motion de censure, à l'exception des députés Olivier Dassault et Nadia Ramassamy.

Des alliances inattendues entre les oppositions se sont aussi vérifiées. Comme prévu, les six députés RN (ex-FN) ont voté pour les deux motions, tandis que les communistes et les 17 députés du groupe de Jean-Luc Mélenchon ont voté pour le texte de LR. «Nous ne nous donnons pas le ridicule du sectarisme», s'était justifié l'ancien candidat à la présidentielle. Seules entorses à la solidarité des oppositions: les députés PS n'ont pas voté pour la motion des Républicains, qui, eux non plus, n'ont pas ajouté leurs voix à celles des gauches, sauf les cas isolés d'Eric Diard et de Arnaud Viala. Les deux partis de gouvernement, opposants historiques, ne voulaient pas distiller la confusion dans les esprits.

Par Loris Boichot le 31/07/2018

Le Figaro