Coativy

Tribune libre de Muriel Coativy, déléguée départementale de la fédération RN du Rhône, du 4 septembre 2018

Le département du Rhône, fort de ses 1,4 million d’habitants sur la Métropole de Lyon et ses 450.000 habitants sur le nouveau département du Rhône, compte presque 1000 établissements scolaires publics de la maternelle au collège. 106 d’entre eux sont situés en REP (Réseau d’éducation prioritaire) et 122 en REP+, soit un établissement sur 4, qui se concentrent sur la Métropole de Lyon et plus particulièrement sur l’est lyonnais. Ainsi, sur certaines communes, 100% des écoles sont classées en REP+ comme à Saint-Fons ou Vaulx-en-Velin. D’autres frôlent le 100% en cumulant les écoles classées REP et REP+, Vénissieux par exemple. Mais l’ouest lyonnais n’échappe pas à la règle et voit les difficultés scolaires des élèves s’étendre de la Mulatière à Pierre-Bénite en passant par Oullins.

Après 35 ans d’éducation prioritaire, malgré les milliards d’euros injectés dans les plans Banlieues et les réformes incessantes de l’Education Nationale, force est de constater le déclin constant et rapide du niveau de lecture et de compréhension et l’inefficacité voire la dangerosité des mesures gouvernementales.

A l’image de la Métropole de Lyon, promise terre d’attractivité, de croissance et d’avenir, quel avenir peut-on espérer sur ces territoires ne permettant pas de former nos dirigeants et experts de demain ? Et si métropolisation rimait avec paupérisation ? Car la carte scolaire du Rhône préfigure hélas aujourd’hui l’échec économique de notre Métropole de demain.

Cette nouvelle réforme du dédoublement des classes de CP–CE1 en zone REP et REP+, qui se fait en marche forcée dans le Rhône de par sa configuration sociologique, ne fait que renforcer le phénomène, car en plus d’être inutile, elle est profondément nuisible.

Inutile puisque pour rappel, l’expérimentation de CP dédoublés sous Luc Ferry entre 2002 et 2004, qui avait porté sur 200 classes, avait été abandonnée car jugée trop coûteuse et peu probante.

D’autre part, on nous vante dans ces classes la fin des problèmes de discipline et une plus grande autonomie et implication des élèves.  Honnêtement, s’il était agréable de travailler dans ces conditions optimales avec des classes de 12 élèves et des résultats probants à la sortie, le gouvernement serait-il obligé de proposer une revalorisation de 3000 € par an pour les personnels affectés en REP+ ?

Cette réforme est en outre profondément nuisible car, comme toujours depuis 35 ans de politique d’éducation prioritaire, on déshabille Pierre pour habiller Paul. Il est injuste et contre-productif de  donner toujours plus à ceux qui auraient le moins en donnant moins à ceux qui n’ont déjà pas beaucoup.

Au sein des écoles en zone REP et REP+ comme au sein de l’ensemble des établissements, les effectifs des autres classes vont se retrouver encore augmentés, faute de création de classes et de postes, alors même que le département attend 1.200 élèves supplémentaires. Sur le Rhône, pour qu’une école bénéficie de l’ouverture d’une classe, il faut 31 élèves en maternelle et 27 en élémentaire ! La majorité des créations de classes a été absorbée par les classes CP-CE1 en REP et REP+ (220 postes affectés sur les 267 créés sur le département).

Les moyens vont manquer cruellement, en effectifs notamment. Moins de remplaçants disponibles en cas d’absence d’un professeur. Pas de renfort d’enseignants affectés auprès des élèves allophones, pourtant de plus en plus nombreux sur le département. Moins de professeurs affectés au dispositif « plus de maîtres que de classes » mis en place en 2013 alors qu’il commençait tout juste à porter ses fruits. Une épée de Damoclès enfin sur les classes rurales qui pourraient être la future variable d’ajustement ainsi que les classes maternelles, notamment les classes dès 2 ans, l’école n’étant obligatoire qu’à partir de 6 ans.

En outre, cette réforme se heurte à une infrastructure manquante. Pour ouvrir ces classes supplémentaires, beaucoup d’écoles sont déshabillées de leur salle de bibliothèque, la salle informatique celle des travaux manuels. Est-ce que cela vaut la peine pour un seul groupe de 12 enfants de CP de priver l’ensemble des autres classes de lecture, de peinture ou d’informatique ?

Enfin, dans plus de 15 % des cas, des professeurs vont être contraints de cohabiter dans la même salle de cours cette année. Avec parfois un simple paravent pour séparer les deux groupes. Lorsque notre députée En Marche de la 7ème circonscription du Rhône, Anissa Kheder, avait été la risée des réseaux sociaux en défendant cette possibilité sur TLM, un débat jugé surréaliste, n’avait-elle pas été en fait juste visionnaire ?

Bref, un nouveau gâchis en perspective, gâchis autant financier qu’humain. La réforme des rythmes scolaires aura péniblement survécu 5 ans, assez pour engloutir des milliards d’euros et d’efforts inutiles. Combien de temps survivra cette promesse de campagne qui va hypothéquer l’avenir des générations à venir et l’avenir de notre pays ?

Nos enfants méritent des dirigeants courageux, osant nommer nos vrais ennemis : le laxisme, l’indiscipline et l’immigration.

Oui, il faut oser dire qu’une partie du problème est l’immigration. Personne ne peut nier aujourd’hui les difficultés d’apprentissage de la langue française par les enfants d’origine étrangère qui sont de plus en plus nombreux et qui freinent la dynamique de groupe. L’immigration massive ne pourra qu’accentuer ce phénomène et hypothéquer l’avenir de nos jeunes générationsNon, l’immigration n’est pas une chance pour l’éducation nationale.

Il faut également rétablir l’ordre et la méritocratie, redonner du sens aux valeurs du travail et de la discipline. Il faut réapprendre à respecter les biens et les personnes, respecter les institutions et la hiérarchie. L’éducation nationale, clairement à court d’idées et de réformes, ferait bien de s’inspirer du modèle de certaines écoles hors contrat, notamment des écoles Espérance Banlieues.

Retrouvez nos propositions dans le Plan le Pen pour les banlieues et les travaux de nos élus et cadres du Rassemblement National au sein du forum Ecole et Nation.

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