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Non, Alexandre Benalla n'était ni le garde du corps d'Emmanuel Macron, ni un policier en service. C'est ce que s'est évertué à démontrer l'ancien chargé de mission de l'Elysée lors de son audition, ce mercredi, devant la commission d'enquête du Sénat. Questionné sur son rôle aussi bien pendant la campagne du candidat Macron que lors de son arrivée à l'Elysée, le jeune homme de 27 ans a indiqué vouloir "être tout à fait précis". 

"Je n’ai jamais été ni policier, ni garde du corps du président de la République", tranche Alexandre Benalla.

Les sénateurs soucieux de ne pas aborder des questions relatives à l'instruction judiciaire sur les événements de la place de la Contrescarpe à Paris, l'audition de l'ancien chargé de mission a été centrée sur son rôle au sein de la chefferie de cabinet du président mais surtout sur ses attributs de sécurité dont il disposait. "Si on peut me voir à l'épaule droite (d'Emmanuel Macron, NDLR), on peut voir un policier à l'épaule gauche", a-t-il balayé.

Son glock 43

Alexandre Benalla disposait d'une autorisation de port d'arme délivrée par la préfecture de police de Paris. Refusée au préalable par le ministère de l'Intérieur pour un motif "administratif", le directeur de cabinet a "passé un coup de fil" au préfet pour remédier à la situation. "J’ai fait une demande à titre personnelle d’autorisation de port d’arme pour des motifs de défense personnelle", a indiqué le jeune homme, évoquant des "menaces". 

A ce titre, cette arme n'aurait pas de vocation professionnelle, même s'il est arrivé à quelques reprises de porter son arme lors de déplacements du président, officiels ou privés. "Je venais le matin avec mon arme à la ceinture et je repartais chez moi avec mon arme à la ceinture, a-t-il expliqué. Si j’étais en qualité de précurseur et que je partais de chez moi, il a pu arriver que j’ai eu une arme sur moi, c’est possible."

Les oreillettes de sécurité

Alexandre Benalla a insisté sur son rôle de coordinateur, de "maître d'orchestre", lors des déplacements officiels du président de la République. Avec l'arrivée de cette nouvelle équipe à l'Elysée, de nouveaux dispositifs ont été mis en place, explique-t-il, citant notamment ces fameuses oreillettes qu'ils portent sur de nombreux clichés où on le voit aux côtés d'Emmanuel Macron. "Nous avons mis en place d’un système de télécommunication, de radio", lance-t-il, détaillant que le service presse, la chefferie cabinet, donc lui, le photographe de l'Elysée et le chef GSPR étaient branchés sur ce réseau.

"Les oreillettes ne sont pas réservées aux gardes du corps", insiste-t-il.

Selon lui, le groupement de sécurité de la présidence de la République disposait eux d'une autre fréquence à laquelle il n'avait pas accès.

La voiture dotée d'équipements de police

La voiture d'Alexandre Benalla dotée d'équipements de police? Comme toutes les voitures de la présidence, rétorque Alexandre Benalla. "Ce n'est pas une voiture de police, mais un véhicule de service, a poursuivi l'ancien chargé de mission. Il est équipé d'avertisseurs spéciaux pour la sécurité de la personne qui l'utilise mais aussi pour se déplacer dans l'urgence."

Ses relations avec les services de sécurité de la présidence

"Le général Lavergne est quelqu'un qui a du caractère, qui ne m’aurait jamais laissé donner une consigne", tranche Alexandre Benalla. Interrogé sur ses relations décrites comme tumultueuses avec les services de sécurité de la présidence mais aussi de ses interventions supposées dans l'organisation de la sécurité, le jeune homme de 27 ans a nié les deux points. "Quand vous êtes en déplacement avec le président de la République, et que vous apercevez quelque chose d’incohérent, vous n’allez pas attendre que le général soit présent, vous allez faire la remarque directement à l’officier, et il en dispose ou non. C’est de la logique de terrain", reconnaît-il tout juste.

"De mémoire il n’y a eu aucun incident avec les camarades du GSPR", conclut-il.

Par Justine Chevalier le 19/09/2018

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