Domard

Tribune libre d’Eric Domard, Conseiller spécial de Marine Le Pen du 10/10/2018

Depuis quelques semaines, le mot d’ordre s’est répandu comme une traînée de poudre, repris désormais en boucle par les faiseurs d’opinion et autres journalistes.

Il aura suffi que l’Elysée donne le la pour que le concert médiatique se mette à jouer la partition.

Acculé, désavoué par les faits, le pouvoir s’en remet comme à chaque fois qu’il se retrouve au pied du mur, à l’enfumage sémantique. Les mots ont un sens, ils ont le sens que veulent bien leur donner ceux qui les utilisent comme une arme politique pour discréditer, diaboliser leurs adversaires.

Emmanuel Macron reprend à son compte les vieilles méthodes de ce système politique dont il est issu. A l’orée d’une campagne européenne qui marquera un tournant historique dans l’histoire du vieux Continent et au moment où les fédéralistes sentent le pouvoir leur échapper, le président de la République qui se mue en chef de clan, désigne ses adversaires, et s’approprie sans vergogne l’étendard du camp du bien.

Le clivage réel entre nationaux et mondialistes est ainsi subrepticement remplacé par l’opposition entre progressistes et nationalistes. Le décor est planté, ce rapt sémantique opéré par un président de la République en perdition et aphone sur la scène européenne, n’a d’autre but que de gagner du temps et de tenter une opération de manipulation de l’opinion. Cette vision manichéenne qui évacue tout débat de fond et porte l’affrontement sur le seul terrain de l’émotionnel est une vieille méthode dont la gauche use et abuse depuis des lustres.

Le pouvoir est d’autant plus enclin à privilégier cette stratégie électorale qu’il peut s’appuyer sur la docilité bienveillante et la complicité des médias.

S’affranchissant de son approche critique, foulant au pied la déontologie de la profession qui impose une impartialité de principe, les commentateurs politiques se sont mués en porte-voix de la communication militante élyséenne.

Dépêches, articles, émissions, pas un plateau où ces apôtres de la bien-pensance psalmodient le catéchisme macroniste : le camp du beau, du vrai, du juste, c’est celui des progressistes autoproclamés. Tout comme les staliniens glorifiaient en leur temps le paradis communiste, les mondialistes louent le nirvana fédéraliste.

Cette escroquerie politique et sémantique ne résiste pourtant pas une seconde à la réalité des faits.

Le progrès, les jobs à 1 euro en Allemagne ? Le progrès, cette insécurité permanente et alarmante qui accompagne la politique de submersion migratoire ? Le progrès, les mesures punitives d’austérité qui appauvrissent toujours plus les classes moyennes et populaires et obligent un Français sur 5 à renoncer à faire trois repas par jour ? Le progrès, le suicide d’un agriculteur tous les deux jours ?

L’enfer fédéraliste est peut-être pavé de bonnes intentions, mais il ne peut en aucun cas se revendiquer du progrès.

Les manipulateurs, les colporteurs de ce mensonge éhonté, ne doivent se faire aucune illusion et devraient méditer les leçons de l’histoire. Si l’on peut tromper quelqu’un tout le temps, tout le monde un certain temps, on ne peut jamais tromper tout monde tout le temps.

Rassemblement National