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Le gouvernement semblait être sorti d'affaires sur la question du pouvoir d'achat. En octobre, les ménages allaient, en effet, enfin voir les baisses d'impôts et de cotisations promises par Emmanuel Macron. Mais certains contribuables commencent déjà à avoir des mauvaises surprises alors qu'ils commencent à recevoir leur avis d'imposition de la taxe d'habitation 2018. Le budget 2018 prévoyait la baisse de 30% de la taxe d'habitation pour 80% des ménages, afin de redonner du pouvoir d'achat aux classes moyennes et populaires. Pour autant, la taxe pourrait quand même augmenter, y compris pour les ménages concernés par la baisse décidée par Emmanuel Macron. Le JDD vous explique pourquoi.

Qui est concerné par la baisse de la taxe d'habitation ?

Durant sa campagne, Emmanuel Macron avait promis de supprimer la taxe d'habitation pour les 80% des ménages les moins aisés à raison de trois tranches successives entre 2018 et 2020. En 2018, 22 millions de foyers devaient donc être concernés par une baisse de 30% de leur taxe d'habitation. Ainsi, pour une personne célibataire, le plafond a été fixé à 27.000 euros du revenu fiscal de référence (soit environ 2.500 euros de revenu réel par mois).

Pour un couple sans enfant, il a été fixé à 43.000 euros (soit environ 4.000 euros par mois). Pour un couple avec un enfant, le seuil monte à 49.000 euros de revenu fiscal de référence (environ 4.700 euros par mois). Pour un deuxième enfant, il faut ajouter 6.000 euros de revenu fiscal de référence et 12.000 euros pour chaque enfant supplémentaire à partir du troisième.

Pourquoi la taxe d'habitation de certains contribuables augmente tout de même

Malgré les promesses d'Emmanuel Macron, des contribuables qui sont censés être concernés par cette baisse de la taxe d'habitation, ont constaté une hausse ou une très légère baisse de leur taxe d'habitation. C'est le cas de plusieurs contribuables qui ont fait part de leur déception sur les réseaux sociaux. 

Or, cette hausse n'est pas due au gouvernement mais à certaines collectivités locales qui ont choisi d'augmenter leur taux d’imposition en 2018. "Les collectivités locales avaient toujours la possibilité de supprimer certains abattements existants ou d’augmenter les taux", confirme auprès du Parisien Anne Guyot-Welke, porte-parole du syndicat d’agents du fisc, Solidaires Finances publiques. Selon un rapport parlementaire, publié cet été, au moins 5.680 communes ont fait ce choix.

Sur les avis d'imposition, Bercy tente bien de faire de la pédagogie comme le montre l'exemple de "fanfandu701" sur Twitter : "A la suite de la réforme nationale de la taxe d'habitation, vous bénéficiez pour cette année d'une réduction de 30% de cet impôt. Toutefois, l'une au moins de vos collectivités locales ayant augmenté son taux ou supprimé des avantages vous concernant, votre gain est diminué de 3 euros". Pas sûr pour autant que le message soit compris par tous les contribuables.

Pourquoi cela risque de poser un problème politique à Emmanuel Macron?

Après les efforts, la redistribution. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement espérait l'arrivée de l'automne pour convaincre les Français de leur résolution à faire baisser le pouvoir d'achat. "Les mesures pour reconquérir le coeur des Français arrivent avec notamment le pouvoir d'achat qui va fortement être boosté dès ce mois d'octobre", avait par exemple indiqué le Premier ministre Edouard Philippe fin septembre, dans une allusion à la baisse de la taxe d'habitation et des cotisations sociales pour les salariés.

Mais, cette hausse de la taxe d'habitation pour certains contribuables pourrait mettre à mal ce discours et fragiliser encore plus la popularité d'Emmanuel Macron s'il était perçu comme le responsable de ce mic-mac fiscal. Après avoir été présenté comme le "Président des riches", Emmanuel Macron pourrait dorénavant être perçu comme le "Président qui ne tient pas ses promesses".

Par Michaël Bloch le 10/10/2018

JDD